La gauche radicale essaie d’influencer et d’orienter la révolte gauloise, populaire et antifiscale des Gilets jaunes.
Pour atteindre ses fins (lutte des classes, immigration de masse, révolution marxiste…), elle essaye de flatter les bas instincts et en premier lieu la jalousie, pour exciter la haine entre classes. Elle entend donc mettre démagogiquement sur le tapis la question de l’ISF, dont elle exige le rétablissement.
Cette question est pourtant hors sujet : l’ISF contribuait marginalement au budget de l’État et si l’État ponctionne tant les Français (la France est le pays européen où l’on paye le plus d’impôt), au point qu’ils se rebellent aujourd’hui légitimement, c’est d’abord que l’argent est dépensé n’importe comment.
En effet, chaque année l’impôt est utilisé de façon scandaleuse : dizaines de milliards pour les intérêts de la dette publique, dizaines de milliards pour l’immigration, milliards pour l’Union européenne, milliards pour l’Afrique, milliards pour la bureaucratie et pour subventionner les journaux et associations gauchistes, etc. Sur l’ISF lui-même, il faut rappeler certaines choses :
► Le problème n’est pas qu’il y ait des gens riches, le problème est qu’il y a des pauvres. Le racket des pauvres n’a pas à être remplacé par celui des riches.
► les plus riches échappaient à l’ISF (mécanismes fiscaux, holdings…) tout comme les multinationales ne paient pas leurs impôts chez nous.
► l’ISF (l’IFI actuellement), comme les droits de succession, est un impôt sur des biens et revenus qui ont déjà été imposés (impôt sur le revenu, droits de mutation, TVA…). La double imposition est-elle juste ?
► l’ISF sur le patrimoine immobilier (actuellement maintenu) fait que des gens ayant peu de revenus mais ayant hérité d’un bien immobilier ayant pris de la valeur selon les prix du marché ne peuvent le garder. De nombreux habitants de l’Île-de-Ré, par exemple, ont ainsi dû vendre leur maison ancestrale car sa valeur avait monté et l’ISF – qu’ils n’avaient pas les moyens de payer – leur tombait dessus. De nombreuses propriétés familiales sont condamnées à être vendues : c’est la notion de patrimoine en tant que telle qui est attaquée.
► la gauche aime bien utiliser « l’argument » selon lequel « de nombreux pays font déjà cela »… Or l’ISF n’existe nulle part dans le monde et dans aucun pays des 27 membres de l’Union européenne, à l’exception de l’Espagne en crise (où il a déjà été supprimé, puis rétabli par les socialistes).
► Les capitaux et les entreprises fuient donc l’enfer fiscal français pour des cieux plus cléments. La fuite des Français fortunés et de leur richesse à l’étranger (plusieurs milliers chaque année, 12.000 millionnaires rien qu’en 2016), à cause de la pression fiscale, est une mauvaise nouvelle pour l’ensemble de la nation. L’économie française s’est appauvrie pendant des décennies à cause de cela.
On vit, décidément, une époque formidable. Il faudrait, d’ailleurs, inventer un autre adjectif car celui-là est bien en dessous de la réalité.
On crie au scandale absolu et à l’indignité nationale parce que des gamins, partis pour tout défoncer, ont été parqués dans le jardin d’un pavillon et une maison associative, agenouillés ou les mains sur la tête.
Il eût sans doute fallu, au nom de la liberté de casser, les laisser faire. Et voilà Ruffin, de La France insoumise, qui commente : « Que penser d’un pouvoir qui traite ainsi sa jeunesse ? Qu’il ne tient que par la force des matraques. Qu’il n’a plus d’avenir. Qu’il est à l’agonie. »
Les matraques sont retenues. Trop, si l’on en croit ceux qui réclament à cor et à cri « le maintien de l’ordre ». Il paraît même que notre « retenue » est aujourd’hui enseignée comme un modèle à travers le monde, c’est dire… Zéro mort chez les casseurs. Syndrome Malik Oussekine, quand tu nous tiens… Tabou suprême hérité de l’ère Pasqua.
Mais les morts, chez les flics, ça, ce n’est pas un souci…
On est en France. Pays où l’on reproche tout à l’État parce qu’en vérité, on attend tout de lui. Pays, surtout – le seul au monde, peut-être –, où chacun croit pouvoir en toute circonstance s’exonérer de ses actes. Assumer les conséquences de son comportement ? C’est quoi, ça ?
Jamais avares de commentaires à chaud, nos politiques s’étouffent :
Éric Coquerel (LFI) demande au ministre de l’Intérieur de « condamner et punir les actes indignes de certains policiers présents à Mantes-la-Jolie ».
Alexis Corbière (LFI) : « Qu’est-ce qui peut justifier une telle mise en scène ? Qui a donné les ordres aux forces de l’ordre de faire cela ? »
Ian Brossat (PCF) : ce sont des « images inacceptables » et des « procédés » que « rien ne peut justifier ».
Benoît Hamon (ex-candidat PS à la présidentielle) : c’est « glaçant, inadmissible. Cela n’est pas la République. La jeunesse française humiliée. Mais que cherche le pouvoir sinon la colère en retour ? »
David Cormand (EELV) : « Ces images nous insultent. Rien ne justifie que l’on humilie ainsi nos enfants. Halte au feu, Monsieur le Président. »
Cécile Duflot (ministre écolo de sinistre mémoire) : « Il faut dire les choses posément mais fermement : ce qui s’est passé avec les lycéens de Mantes-la-jolie – ces scènes dont il existe de nombreuses photos et vidéos – est simplement intolérable. »
Mais que s’est-il passé avec les lycéens de Mantes-la-Jolie ? L’interpellation de 153 personnes pour « participation à un attroupement armé », a dit le procureur de Versailles, cela dans le but d’« interrompre un processus incontrôlé ». À quoi Olivier Faure, le nouveau patron du PS, rétorque : « Quels que soient les faits reprochés, rien ne justifie cette humiliation de mineurs filmée et commentée. »
Humiliés, les chéris ! Ces mômes qui passent leur temps à balancer les pires horreurs sur les réseaux sociaux sont « humiliés » ! La bonne blague.
Participer à des échauffourées, incendier les poubelles et les véhicules, dégrader les bâtiments ou monter des barricades pour bloquer l’entrée des lycées et collèges n’est pas une aimable promenade au jardin d’enfants. On ne sort pas du jeu en comptant les points. En cas de « problème », c’est la responsabilité pénale des parents qui est engagée, ou celle des manifestants s’ils sont majeurs.
Les partis de gauche qui hurlent au scandale feraient bien d’y réfléchir, eux qui réclament la majorité civile à 15 ans !
Thomas Joly, Secrétaire général du Parti de la France, réagit à cette nouvelle journée de mobilisation des « gilets jaunes » à travers toute la France.
Plus de 1000 personnes interpellées, des dizaines de blessés, des forces de l'ordre exténuées, #Macron ne vient pas à bout de la révolte du peuple français incarnée par les #GiletsJaunes, #Jupiter est aux abois
Dans un article anxiogène de France Info intitulé « Pourquoi l'ultradroite a-t-elle embrassé la cause des gilets jaunes ? », Thomas Joly, Secrétaire général du Parti de la France, y est interviewé avec d'autres représentants de la droite nationale. Extraits :
[...] Pour Thomas Joly, secrétaire général du Parti de la France, c'était également "une évidence d'y participer". "Le matraquage fiscal des Français, on le combat depuis des années, c'est notre cheval de bataille", soutient-il. [...]
[...] Thomas Joly en est aussi persuadé : ceux qui se mobilisent sont "les Gaulois, les petits Blancs". "Peut-être que ceux de la diversité vivent mieux que les Français car la diversité est absente ici", suppute-t-il. [...]
[...] "Le fait que l'écrasement fiscal soit lié à l'invasion migratoire, je n'ai même pas besoin de faire le lien, les gens le font d'eux-mêmes. Quand je vais sur place, on est très bien reçu. Politiquement, ils sont sur notre ligne." [...]
[...] D'autres formations ne cachent pas leur souhait d'accueillir dans leurs rangs certains "gilets jaunes". "Notre rôle, c'est de transformer ce message de colère en structuration politique", affirme Thomas Joly, secrétaire général du Parti de la France. Ce dernier affiche sa satisfaction : "On prend énormément de contacts et certaines personnes ont demandé comment nous rejoindre." [...]
Voici l'interview que Marie-Jeanne Vincent, Déléguée du Parti de la France pour le Calaisis, a accordé à Riposte Laïque.
Riposte Laïque : Vous avez été violemment prise à parti par Nord Littoral, en tant que professeur, sur la base d’une intervention que vous avez faite à Synthèse Nationale. Pourriez-vous nous expliquer les faits ?
Marie-Jeanne Vincent : Je suis intervenue le 14 octobre dernier à Rungis dans le cadre d’une table ronde sur la réinformation, aux côtés de membres de TV Libertés et de Synthèse Nationale, en tant que simple citoyenne et déléguée du Parti de la France pour le Calaisis et non en tant que professeur, ce qui est une évidence pour chacun.
Le sens de mon intervention était d’expliquer les méthodes de manipulation de l’information selon la méthode antifasciste théorisée par Willy Münzenberg*, à savoir : destruction de l’adversaire par la calomnie, le mensonge, la diffamation, l’utilisation d’idiots utiles du système et enfin l’inévitable reductio ad hitlerum. C’est cette méthode qui a été utilisée contre moi par Nord Littoral, ce qui démontre la justesse de mon analyse !
Riposte Laïque : Et donc vous avez clamé votre « tolérance pour les nazis » !
Marie-Jeanne Vincent : Lors de ma démonstration, j’indiquais que l’arme ultime de la presse aux ordres était de cataloguer son adversaire en tant que nazi. D’où ma boutade : « Bon, vous êtes nazis si vous le voulez, ça ne me dérange pas, je suis très tolérante ». Cela a naturellement fait rire la salle qui, bien entendu, a mesuré le second degré très lourd de ce propos. Cela n’a pas été le cas de la « petite main » de Nord Littoral dont l’attitude est très significative de la paranoïa de notre société où un Desproges ne pourrait plus s’exprimer et encore moins un Voltaire…
Ayant été élevée par une tante résistante, ayant enseigné l’Histoire et obtenu en 2007, avec mes élèves de lycée professionnel, un prix départemental au Concours national de la Résistance et de la Déportation sur le thème Les Justes, je ne présente aucun trouble mémoriel ou de distorsion historique.
Cela a visiblement échappé au « journaliste » qui sévit dans les colonnes de Nord Littoral dans le courage de l’anonymat. Cet anonymat est un manque de respect pour ses lecteurs et… son directeur de publication qui, ayant été dans ses jeunes années délégué du Syndicat national des journalistes, se doit de connaître les règles de déontologie. Ce qui est comique, c’est que le « non-scoop » de Nord Littoral est sorti près d’un mois après la mise en ligne de la vidéo qui avait déjà circulé sur les réseaux sociaux sans qu’elle suscite la moindre réaction ou indignation.
Riposte Laïque : On vous a également reproché de citer des auteurs comme Brasillach ou Pierre-Antoine Cousteau…
Marie-Jeanne Vincent : Dans ce pays, il est honorable de lire et d’étudier dans les manuels scolaires un Céline qui s’est terré à Sigmaringen en 1944 mais pas un Brasillach qui était le génie littéraire de sa génération. C’est ce génie que je retiens de lui et également le fait qu’il a tourné le dos à la Collaboration en quittant Je suis Partout en 1943. Brasillach a commis une grosse erreur. Il a révélé que le massacre de Katyn avait été commis par les Soviétiques ce que ne lui ont jamais pardonné les communistes au pouvoir en 1944. Des intellectuels comme Camus, Cocteau, etc. on tenté de sauver sa tête. En vain.
Pierre-Antoine Cousteau, qui lui a succédé, a poursuivi une ligne dure, nihiliste. Il a assumé son engagement, a été jugé et a purgé sa peine. Pierre-Antoine Cousteau n’a jamais travaillé avec la milice et encore moins avec la Gestapo, comme il a été écrit dans Nord Littoral. Il n’y a eu aucun témoignage à charge lors de son procès.
On peut ne pas partager le combat de P.-A. C. mais reconnaître son talent journalistique. C’est mon cas.
Vous savez, je pense qu’il faut tout lire. La vue d’un livre de Marx, Lénine ou Che Guevara ne me fait pas lever les bras (les deux !) au ciel ! Il y a toujours des idées à prendre, même chez les auteurs dont on ne partage pas les engagements. On va encore dire sans doute que je suis trop tolérante…
Riposte Laïque : Pourquoi avez-vous fait la promotion du site de réinformation Nous Sommes Partout ?
Marie-Jeanne Vincent : Les membres du collectif informel à l’origine de ce site basé en Suisse m’ont demandé d’en faire la promotion, ce que j’ai fait par sympathie. Ce site, s’il fait écho à Je suis partout, c’est bien au titre d’avant-guerre qui était un magazine culturel et politique de grande qualité. Encore une fois, il faut être particulièrement inculte en Histoire de la presse pour résumer Je suis partout à l’antisémitisme des dernières années. Il y avait dans les années trente une effervescence intellectuelle totale, provenant de tous les courants politiques, effervescence qui a totalement disparu de nos jours.
Aujourd’hui, nous vivons dans un monde formaté qui a besoin de se doter de lois comme les lois Fabius-Gayssot pour encadrer la liberté d’expression et qui, bien entendu, ne sont nullement éducatives. En tant qu’enseignante, je crois plus aux vertus de l’éducation qu’à celles de la répression. Soyons clairs. C’est par l’éducation que l’on forme des citoyens avertis, capables de faire face aux fanatismes de tous bords et de se forger leur propre intellect. La vague d’attentats que nous avons connue en France démontre que l’arsenal juridique existant n’a servi à rien et ne sert toujours à rien. Si nous sommes tombés si bas, c’est que notre société est socialement minée, intellectuellement plombée, foncièrement divisée, d’où le sens de mon engagement politique. Croire c’est Oser ; Oser c’est Croire. Avec nos militants, Nous Osons, Nous Croyons.
Riposte Laïque : J’imagine que l’on doit clamer que vous avez une rancune contre Nord Littoral !
Marie-Jeanne Vincent : Je n’ai de rancune envers personne. Je suis farouchement attachée à la liberté de la presse à condition qu’elle informe, ne déforme pas, ne diffame pas. Il me semble que ces bases du métier sont oubliées par des médias formatés qui cherchent à vendre du sensationnel plutôt que de l’information. Tout cela est le fruit d’une concentration médiatique amorcée à la Libération et qui atteint son summum ces dernières années. Dieu merci, les médias de réinformation existent. Eux ne censurent pas ni ne déforment les propos de leurs interlocuteurs. Pierre Schoendoerffer disait avec justesse : « Je crois que le souhait obscur des hommes est moins d’être libres que d’être inspirés. » Schoendoerffer était un homme d’honneur. Le combat que nous menons pour la France est inspiré. Les quolibets peuvent tomber, seul compte le compte le combat pour la Liberté et l’Honneur.
Propos recueillis par Jeanne Bourdillon
* Willi Münzenberg (né le 14 août 1889 à Erfurt et mort en 1940 à Saint-Marcellin dans le département de l’Isère) est un militant communiste allemand, cadre de l’Internationale communiste, qui établit de nombreuses associations dans le but de favoriser la cause de l’URSS. Il est l’un des propagandistes les plus influents de l’Internationale communiste exerçant une forte attraction auprès d’un certain nombre d’intellectuels occidentaux avant-guerre. Il est particulièrement connu pour sa capacité à instrumentaliser l’antifascisme au service de l’État stalinien. Münzenberg finit néanmoins par rompre avec le communisme en raison des grandes purges de Staline durant les années 1930 et meurt de manière non élucidée en 1940.
Plus de cent pays se retrouvent lundi et mardi à Marrakech pour approuver formellement le Pacte mondial sur les Migrations piloté par l’ONU, malgré les défections et les légitimes crispations suscitées par ce texte sans précédent.
Côté européen, la chancelière allemande Angela Merkel a annoncé sa venue à Marrakech après le feu vert houleux du Bundestag. Les chefs de gouvernements espagnol, grec et portugais feront aussi le déplacement, selon des informations obtenues par l’AFP.
Le président français Emmanuel Macron va déléguer le secrétaire d’État aux Affaires étrangères. Cette décision a suscité une « grande déception » du Maroc qui voit cette conférence comme un « moment historique », selon une source diplomatique locale.
« Il y a une question d’opportunité politique : aller à Marrakech aujourd’hui, c’est offrir un boulevard à tous ceux qui critiquent le Pacte, avec un risque de mauvais signal à la population », analyse un observateur européen.
Les organisations pro-invasion Médecins sans frontières et SOS Méditerranée ont annoncé jeudi devoir « mettre un terme » aux opérations de « sauvetage » (comprendre « de passeur ») de leur rafiot L'Aquarius, devenu le symbole de la crise politique autour du déferlement de migrants en Europe et privé de pavillon depuis deux mois.
« Renoncer à l'Aquarius a été une décision extrêmement difficile à prendre », a déclaré dans un communiqué le gauchiste Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS Méditerranée, en déplorant « les attaques incessantes dont le navire et ses équipes ont fait l'objet ». Comme quoi la mobilisation des opposants à la colonisation migratoire paye !
Selon France Info, l’Élysée craindrait la présence, samedi 8 décembre, d’« un noyau dur de plusieurs milliers de personnes » qui viendraient à Paris « pour casser et pour tuer ». Ce jeudi matin, Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, a fait, sur BFM TV, une annonce similaire. Le gouvernement possède-t-il des informations sûres ? Joue-t-il la dramatisation pour dissuader les manifestants de se rendre à Paris et dégager sa responsabilité au cas où se produiraient vraiment des incidents tragiques ? Tout est possible. On ne peut que constater une évidence : Emmanuel Macron, le gouvernement et la majorité n’ont pas saisi la véritable nature du mouvement des gilets jaunes, qui est une remise en cause de leur légitimité.
Le camp macronien continue d’affirmer qu’il garde le même cap, car il aurait été approuvé, aux élections présidentielles, par une large majorité d’électeurs. C’est là que commence l’imposture. Macron n’a obtenu, au premier tour, que 24,01 % des suffrages exprimés, c’est-à-dire une petite minorité. S’il a atteint 66,10 % au second tour (avec 11,52 % de blancs et nuls), c’est par défaut, parce qu’un certain nombre d’électeurs ont choisi Macron pour rejeter Marine Le Pen. Ce n’est, en aucun cas, par adhésion à son programme de campagne, au demeurant flou sur bien des points.
La majorité rétorque que les élections législatives ont confirmé ce choix, puisque La République en marche a obtenu 306 sièges et le MoDem 42. C’est oublier que ces deux partis n’ont réuni, au second tour, que 18,88 % des inscrits et ont bénéficié du mode de scrutin. Objectivement, la majorité actuelle n’est pas représentative des Français, même si elle fut légalement constituée. En niant cette réalité, en agissant comme s’ils avaient la confiance d’une majorité de Français, Emmanuel Macron et son gouvernement ne peuvent aller que dans l’impasse.
Ce n’est pas en faisant le dos rond ni en présentant les gilets jaunes comme des factieux (d’ultra-droite, de préférence à l’ultra-gauche, aux casseurs et aux pilleurs professionnels) que le pouvoir pourra apaiser la colère qui monte dans tout le pays : Emmanuel Macron, retranché dans l’Élysée, Édouard Philippe, bien obligé de suivre ses volontés, les députés de la majorité qui font bloc pour se rassurer semblent n’avoir rien compris à ce qui se passe et cherchent à sauver la face, alors qu’ils l’ont totalement perdue.
C’est la grande leçon qu’il faut tirer de cette crise des gilets jaunes. La Constitution de la Cinquième République, fabriquée sur mesure pour le général de Gaulle, ne convient plus à la France d’aujourd’hui. Il faut développer les modes de consultation du peuple – ce que réclament, avec leurs mots, la plupart des gilets jaunes. Non pas, comme le projette le gouvernement, par une dose insignifiante de proportionnelle – d’autant plus insignifiante que le nombre de députés serait parallèlement diminué – mais par des mesures concrètes : consultation directe ou par les corps intermédiaires, référendum d’initiative populaire, introduction de la proportionnelle intégrale, avec prime au vainqueur… les moyens ne manquent pas.
« Aucune taxe ne mérite de mettre en danger l’unité de la nation », a déclaré le Premier ministre devant l’Assemblée. Il a raison, mais il doit en tirer toutes les conséquences. Aucun gouvernement ne peut tenir longtemps sans l’assentiment d’une majorité des Français. Pour sortir durablement de la crise des gilets jaunes, Macron doit admettre qu’il n’est pas infaillible et procéder à des réformes institutionnelles. Non pas pour asseoir son pouvoir mais pour le légitimer. Pour devenir le président de tous les Français. Comme on se doute qu’il n’est pas prêt à le faire, il ne lui reste, au choix, qu’à se retirer ou à dissoudre l’Assemblée.
Depuis le samedi 1er décembre, la panique a atteint le sommet de l’État. Une angoisse en train de se transformer progressivement en tétanie. Preuve s’il en fallait de l’état de choc, entraînant l’incapacité du gouvernement, depuis ce mercredi 5 décembre, les ministres multiplient les appels à la radio et à la télévision pour demander aux « gilets jaunes » de ne pas venir manifester à Paris, ce samedi 8 décembre.
De nombreux ministres ont même annulé leurs déplacements pour éviter de mobiliser, pour leur sécurité, des unités de forces mobiles, déjà exténuées. Chaque déplacement du président de la République est particulièrement éprouvant : huées, sifflets, demandes de démission, menaces de violences contre sa personne. L’heure est grave.
Entre les lignes, chacun l’a compris : l’Etat n’est plus en mesure de faire face à toutes les prévisions d’attroupements, regroupements insurrectionnels et assauts des « gilets jaunes » les plus violents, rompus aux méthodes de l’ultra gauche, ayant décidé de converger en nombre à Paris le weekend prochain « pour tout casser ».
A l'exception de ceux qui occupent des fonctions essentielles, les collaborateurs des ministres ont d'ailleurs reçu la consigne de ne pas venir travailler ce week-end. « Tout le monde a peur. Peur pour la stabilité des institutions, pour la continuité de l’État, pour les Français, pour nos vies, pour la France », confie une source proche de la présidence de la République.
Les CRS ont reçu l’ordre, qui ne peut venir que du gouvernement, de recourir samedi dernier à Paris à une pratique strictement interdite : le tir tendu de grenades lacrymogènes afin de blesser, parfois grièvement, les manifestants.
⚡🇫🇷INFO - "C'est la 1ère fois que je reçois un tel ordre" un CRS. Selon L'Express, les unités de #CRS auraient reçu la consigne de procéder à des tirs tendus de lanceurs lacrymogènes à hauteur d'homme samedi dernier à #Paris. Une pratique interdite, justifiée par le contexte.
Quoi qu’on pense du président Donald Trump, on ne saurait néanmoins lui dénier un certain don pour l’humour ravageur et le tweet farceur. Dernière sortie en date, ce 4 décembre : « Je suis heureux que mon ami Emmanuel Macron et les manifestants à Paris soient tombés d’accord sur la conclusion à laquelle j’avais abouti il y a deux ans. » À l’Élysée, tel qu’on pouvait s’en douter, on a préféré ne pas commenter.
Et le même d’enfoncer le clou à propos du sommet de Paris, relatif au climat, tenu dans la capitale, en décembre 2017 : « L’accord de Paris est fondamentalement mauvais car il provoque une hausse des prix de l’énergie pour les pays responsables, tout en donnant un blanc-seing à certains des pires pollueurs. » Comprenez : les Chinois. À l’époque, le mot d’ordre d’Emmanuel Macron était : « Make Our Planet Great Again! », parodiant ainsi le slogan de campagne « Make America Great Again! » du nouveau locataire de la Maison-Blanche. Ces temps-là ne sont plus de mise et le « brushing-fait-homme » tient, aujourd’hui, sa revanche.
En effet, pour fantasque qu’il soit, Donald Trump, à sa manière, certes brutale, imprévisible, foulant aux pieds les traditionnels usages diplomatiques, « fait » de la politique ; quand tant d’autres, Emmanuel Macron le premier, ne font plus que semblant d’en « faire ». Lui « sent » le peuple et ses aspirations profondes ; ce qui explique aussi pourquoi la majeure partie des médias américains ne peut le sentir, lui.
Son homologue français, tout au contraire, bien qu’ayant, au début de son mandat, perçu le besoin du peuple de voir la fonction présidentielle à nouveau sacralisée, ne « sent » plus le peuple, allant jusqu’à se désacraliser tout seul comme un grand : comment n’a-t-il pas « senti » à quel point ses photos avec des drag-queens à l’Élysée ou des repris de justice à torsepoil à Saint-Barthélemy, saccageaient tout ce qu’il avait commencé d’entreprendre ?
Quand Donald Trump est en meeting en terres populaires, l’entrepreneur en bâtiment qu’il n’a jamais cessé d’être est, comme jadis son prédécesseur Ronald Reagan, en communion avec son auditoire. Il sait le faire vibrer, lui dire les mots qu’il attend. Il le fait naturellement, sans se forcer. Il est sincère ; il est donc crédible. Mieux : il se met le peuple dans la poche en tapant sur les médias dominants. Emmanuel Macron, c’est l’inverse : plutôt complaire aux commentateurs qu’aux électeurs. Quand il joue aux monarques, le peuple voit qu’il joue. Quand il veut faire peuple, le peuple regarde ailleurs.
Les sondages de popularité parlent d’eux-mêmes : malgré la curée médiatique, l’un continue à tutoyer des sommets. Malgré le soutien médiatique, l’autre n’en finit plus de sombrer. Ce qui qui était d’autant plus prévisible que le peuple ressent l’impression qu’on gouverne, non pas pour lui, mais contre lui.
Pour tout arranger, Donald Trump semble voir plus loin qu’Emmanuel Macron. S’il demeure climato-sceptique, il n’en ignore pas pour autant les dangers de la pollution. Et là, au lieu d’augmenter les taxes sur l’essence, il préfère jouer la carte du protectionnisme. Ce qui est fabriqué aux USA et vendu aux USA polluera toujours moins que ce qui viendra de la lointaine Asie, par supertankers ou avions, moyens de transport autrement plus gourmands en carburant que les voitures dont les ouvriers ont besoin pour se rendre à l’usine. Lesquelles recommencent, d’ailleurs, à se relocaliser outre-Atlantique, concluant ainsi un cercle vertueux, à la fois économiquement protectionniste et durablement écologique. Et c’est donc très logiquement que le troupeau des anciens chômeurs rejoint celui des électeurs du trublion.
Alors, « Make Macron Great Again » ? Ça n’en prend pas exactement le chemin.
Le constat d’échec est terrible pour Emmanuel Macron. En effet, à trois jours de l’« acte IV » – nouvelle manifestation des gilets jaunes – par l’intermédiaire du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, le chef de l’État demande « aux forces politiques et syndicales de lancer un appel clair et explicite au calme ». Face au chaos qui menace le pays, celui qui avait la prétention d’incarner le retour de l’autorité de l’État à lui tout seul, aujourd’hui, en est réduit à appeler au secours ceux-là mêmes dont il avait programmé la fin : les partis, les syndicats, ces fameux « corps intermédiaires ».
Que signifie cet appel ?
D’abord, il ressemble beaucoup à une tentative d’Emmanuel Macron de se décharger un peu d’un poids, visiblement trop lourd pour lui. Une manière de faire reporter une part de la responsabilité du désordre actuel sur ses oppositions alors que c’est lui qui a allumé le feu (on ne va pas refaire, ici, le film). En clair, si l’on ne répond pas à cet appel d’Emmanuel Macron, cela signifie implicitement que l’on est du côté de l’insurrection. Que si les choses se passent mal samedi, ce sera leur faute. C’est pas moi, madame, dira le petit garçon à la maîtresse, c’est les autres qui font rien qu’à m’embêter. Et le Premier ministre, à la tribune de l’Assemblée, mercredi après-midi, ne dit pas autre chose en déclarant que les politiques et éditorialistes seront « comptables » de ce qui se passera dans les prochains jours. Qui, alors, est comptable des événements de samedi dernier ? Pas Emmanuel Macron, pas Édouard Philippe, pas Christophe Castaner ? Il ne semble pas qu’aucun parti d’opposition, de gauche comme de droite, aucun journal n’ait appelé à la violence, à piller et casser. Avouons que la ficelle est un peu grosse… et usée.
Mais cet appel jette aussi une lumière cruelle sur la perte totale d’autorité du chef de l’État. Comparaison n’est pas raison, mais imagine-t-on le général de Gaulle en appeler aux forces politiques et syndicales pour mettre fin à la chienlit ! En d’autres temps, la seule apparition du président de la République en majesté depuis le palais de l’Élysée, dans un face-à-face essentiel avec le peuple, aurait suffi pour ramener l’ordre et le calme. Pour l’heure, une allocution du président de la République n’est pas envisagée. Est-ce parce qu’il est conscient que sa parole est aujourd’hui démonétisée et qu’elle ne serait pas de nature à ramener le calme, tant est grand le rejet de sa personne ? Le chef de l’État doit désormais se terrer dans son palais et appeler au secours ceux qu’il méprise. Même s’il s’agissait sans doute d’une poignée de manifestants, l’épisode malheureux du Puy-en-Velay, où l’on a vu un Président se faire huer, en dit long sur cette perte d’autorité d’Emmanuel Macron.