Bonjour, nous sommes désolés d’apprendre ce qu’il s’est passé. Notre communauté est fondée sur des valeurs de tolérance et de partage et nous attendons de nos membres un certain respect de ces dernières. N'hésitez pas à venir nous en parler en détails en DM.
« Le pire à redouter est un scénario à l’italienne ! » (Le Monde) ; « Un scénario à l’italienne guette la France » (Jean Pierre Raffarin) ; « À long terme, la crise débouchera sur une alliance rouge/brun » (Le Point). Vous l’aurez compris, le danger qui menace la France n’est pas le chômage de masse structurel depuis quarante-cinq ans, ni celui de l’ensauvagement de la société, encore moins la baisse du niveau scolaire, et ne parlons même pas du problème n° 1 qui est celui de… l’immigration. Non, pour tous nos observateurs, commentateurs, éditorialistes, politologues, historiens, sociologues, économistes, ces problèmes ne sont que secondaires face à un éventuel scénario « à l’italienne ». Mais que signifie donc ce dernier terme ?
Depuis bientôt un an, et l’arrivée au pouvoir, de l’autre côté des Alpes, des deux mouvements successifs que sont la Lega et le M5S, emmenés respectivement par Matteo Salvini et Luigi Di Maio, une seule obsession hante nos élites : la reproduction du même phénomène dans l’Hexagone. Pourtant, cela repose totalement sur un fantasme.
Tout d’abord, parce que cela part d’une erreur d’analyse considérable sur ce qu’est le Mouvement 5 étoiles. En effet, ce dernier, créé en 2013 par l’humoriste Beppe Grillo, se veut anti-establishment, anti-Union européenne, contre l’austérité et recueille des propositions aussi bien marquées à droite qu’à gauche (d’où son positionnement inclassable unique en Europe). Le M5S se veut ainsi favorable à la reconnaissance de la Palestine, pour la « fin de l’austérité » et la sortie de la monnaie unique (qui y conduirait, selon ces derniers) : on peut donc y constater effectivement des marqueurs de gauche. Mais sur le plan sociétal, le parti reste très silencieux et se montre plutôt partisan de la démocratie directe, soit une méthode rappelant L’UPR d’Asselineau. On est bien loin de La France insoumise, mouvement créé sur les décombres du Parti de gauche par Mélenchon, ancien sénateur socialiste, membre du gouvernement Jospin (profil très éloigné d’un Beppe Grillo), marqué à gauche de par ses cadres tout comme par sa sociologie électorale, et fervent immigrationniste, islamophile, libertaire et antisécuritaire. Pour pousser plus loin la comparaison, au Parlement européen, les députés élus sur la liste Front de gauche en 2014 siègent au sein du Groupe confédéral de la gauche unitaire européenne ; le M5S, quant à lui, auprès du groupe EELD, présidé par Nigel Farage, ex-président de l’UKIP et chantre du Brexit.
Celui-ci étant donc loin d’être un mouvement marqué à gauche, contrairement à La France insoumise, la comparaison qui règne en maître au sein de l’intelligentsia française, dressant un parallèle entre ces deux formations, est complètement absurde et fausse. En Espagne, personne ne songe à allier Podemos, mouvement d’extrême gauche, avec Vox ; c’est même l’esprit d’union des droites qui y règne, à constater l’exemple andalou. En Allemagne, si le cordon sanitaire autour de l’AfD est encore très fort, il est plus probable de voir ce parti un jour faire alliance avec la CSU que les néocommunistes de Die Linke. Pour revenir à l’exemple italien, si comparaison il devait y avoir avec La France insoumise, le PCI (pratiquement disparu aujourd’hui) l’emporterait, mais certainement pas M5S qui, au départ, n’est pas un mouvement intrinsèquement de gauche.
Dans le cas français, si le scénario tant redouté à l’italienne devait avoir lieu, celui-ci émergerait via un partenariat entre l’émanation politique des gilets jaunes et la droite nationale, mais certainement pas La France insoumise. Si nos élites aveuglées par un matérialisme ambiant ne pensent qu’à la question économique, c’est bel et bien l’identité qui l’emporte : une atteinte à cette dernière peut causer des dommages irréversibles, tandis que, si un krach financier n’est évidemment pas souhaitable, la France en a déjà surmonté.
La consultation lancée par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) fait ressortir l’expression d’un ras-le-bol des Français envers l’immigration. En effet, on relève 146 propositions ayant trait à ce sujet, lesquelles se répartissent en deux catégories ; pour faire simple : les pour et les contre. Selon mon propre décompte :
– 51 votes en faveur de mesures destinées aux migrants, réparties sur 9 propositions de contributeurs différents.
– 6.002 votes en faveur de mesures visant à réduire, stopper ou contrôler le flux des migrants, réparties sur 137 propositions de contributeurs différents.
Ainsi, l’expression ou l’attente de mesures visant à refréner l’immigration est-elle claire et massive contre ceux qui tiennent pour l’inverse : plus de 6.000 votes dans un cas, à peine 50 dans l’autre. C’est du 99 % ! Je ne sais si cela vaut sondage, mais l’on dépasse ici, et de loin – 31.044 participants –, le nombre moyen de personnes interrogées dans une consultation labellisée « sondage ». Reste la méthode des quotas. Les résultats seraient-ils différents si l’on en avait usé ? On doute. Mais, in fine, cette enquête ouverte à tous vaut bien véritable mesure de l’état d’esprit des résidents en France ; l’exaspération devant ces mouvements de population est nettement confirmée.
Si la première contribution portant le mot « immigration » n’arrive qu’en 25e position, il faut observer que 8 des précédentes émanent de l’Institut pour la justice, qui sut mobiliser ses adhérents ! Six autres ont trait au thème PMA-GPA. Ces sujets fondamentaux ne sont pas à évacuer, mais il demeure que ces axes sont peut-être moins l’objet de l’expression spontanée de l’attente des gilets jaunes que celui de l’immigration. Et sont tous deux d’une bien moins grande conséquence financière.
Qui plus est, il n’y eut aucune campagne pour voter émanant d’une association bien connue centrée sur le thème de l’immigration – faute qu’elle existe et en soit leader reconnu, alors que l’IPJ et LMPT sont bien des faiseurs et porteurs d’opinion majeurs sur leurs préoccupations.
Une fois omises les attentes IPJ et LMPT, la proposition la mieux votée traitant de l’immigration émerge en 11e place. Reste à attendre l’agrégation des autres propositions pour être éclairé.
Pour la suite, doit-on craindre que le gouvernement escamote le sujet de l’immigration ? On le doit ! Car la nomination de l’illustre respectueux de la démocratie et du peuple, Jean-Paul Delevoye, cumulard patenté, choisi pour présider au débat national, est une véritable provocation : se souvenir de la pétition de 2013.
Reste que le gouvernement – pour l’instant et très pudiquement ! – semble accepter que le sujet soit enfin abordé, bien qu’intégré au « Débat sur la citoyenneté : Quelles réponses aux questions sur l’immigration ? » Comme si l’unique attente des Français envers les immigrés était de savoir comment les intégrer, officialiser leur présence, leur donner place… Et non pas comment réguler, restreindre ou stopper le flux !
Vivement le RIC !
N.B. : le CESE semble avoir supprimé certaines contributions, dont les miennes. À suivre…
Lors des journées d’action des 8 et 15 décembre, la Direction générale de la santé a activé le dispositif SIVIC, normalement prévu pour les situations d’attentat afin d’assurer un suivi des victimes et aider à la recherche de personnes. Depuis mars 2018, ces données sont ouvertes aux agents du ministère de l’intérieur. « Le personnel de santé se transforme peu à peu en auxiliaire de police », dénonce l’Association des médecins urgentistes de France.
Les autorités ont déployé durant certaines journées d’action des Gilets jaunes un dispositif d’identification et de suivi des manifestants blessés à l’origine prévu pour les situations d’attentat et auquel le ministère de l’intérieur peut, en théorie, accéder.
Pris à partie dans la rue par un Gilet Jaune qui filmait leur rencontre, Jean-Michel Apathie n’a pas vraiment apprécié l’instant. Le chroniqueur pro-gouvernement semble plus habitué à donner des leçons dans le cadre cossu des studios de radio et de télévision qu'à débattre sur le terrain avec le peuple français.
Trop de Français n’ont pas le sens de l’effort, ce qui explique en partie les « troubles » que connaît le pays, a déploré vendredi Emmanuel Macron, sans évoquer directement la crise des « Gilets jaunes ».
A la veille d’une nouvelle journée de manifestations, le chef de l’État a fait l’éloge du travail en recevant des boulangers à l’Élysée, en soulignant les réformes menées dans ce domaine depuis le début de son quinquennat, notamment sur l’apprentissage, et celle à venir de l’assurance chômage.
« Notre jeunesse a besoin qu’on lui enseigne un métier, des gestes, des savoirs, le sens de l’effort et le sens de cet engagement qui fait qu’on n’a rien dans la vie s’il n’y a pas cet effort », a-t-il déclaré.
« Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté, que parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de chacun dans la République (…) il y a des devoirs. »
S’il n’y a pas ce sens de l’effort, « notre pays ne pourra jamais pleinement recouvrer sa force, sa cohésion », a-t-il poursuivi.
Un Africain de 48 ans a été placé en détention jeudi après-midi pour vol avec violences ayant entraîné la mort.
Il est soupçonné d’avoir battu à mort un autre homme de 63 ans pour lui dérober quelques euros, le 5 décembre dernier, après une dispute à la sortie d’un bar du Vigan (Gard). Depuis les faits, le suspect était introuvable.
Ce ressortissant malien, sans domicile fixe et en situation irrégulière depuis plus de 20 ans, s’était réfugié en région parisienne où il a de la famille. C’est là que les gendarmes de la section de recherches de Nîmes l’avaient interpellé en début de semaine.
Après Marine Le Pen, Louis Aliot et Nicolas Bay, c'est au tour du trésorier du Rassemblement national et président du groupe RN au conseil régional d'Île-de-France, Wallerand de Saint-Just, d'être poursuivi dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Le 23 octobre, il a été mis en examen pour complicité de détournement de fonds publics. Le même jour, le RN, en tant que parti, a vu sa mise en examen requalifiée de complicité d'abus de confiance à complicité de détournement de fonds publics.
Motif : de 2009 à 2016, le Front national, devenu Rassemblement national, a donné à plusieurs de ses eurodéputés "des instructions afin qu’ils engagent en qualité d’assistants parlementaires des personnes occupant en réalité des emplois au sein du Front national", suspectent les juges d’instruction Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke. Le trésorier, lui, est soupçonné d’avoir préconisé et participé à ce système.
Les indices accumulés depuis l’ouverture de l’enquête sont accablants. En février 2015, le Parlement européen avait en effet pointé que vingt assistants parlementaires d’eurodéputés FN figuraient sur l’organigramme officiel du parti. Or, le règlement du Parlement européen interdit que les enveloppes de 24.500 euros mensuels alloués aux eurodéputés pour salarier leurs collaborateurs servent à financer des permanents de partis politiques. En publiant cet organigramme, les caciques du FN se sont donc piégés eux-mêmes…
Quelques mois plus tard, les enquêteurs de la brigade financière ont plongé dans les ordinateurs de plusieurs de ces "assistants parlementaires". Et ils en ont ressorti beaucoup de preuves de leur travail pour le parti, mais quasiment aucune trace de tâches liées au Parlement européen… Lors d’une descente dans les locaux du parti, les policiers ont aussi mis la main sur un courrier du trésorier du RN, Wallerand de Saint-Just, à Marine Le Pen daté du 16 juin 2014. Le trésorier y alerte la patronne de l’extrême droite sur "les dépenses" du parti qui "ont tendance à déraper" et suggèrent "des économies importantes grâce au Parlement européen". Les enquêteurs soupçonnent que ces économies provenaient précisément de la prise en charge de permanents du parti par les eurodéputés FN comme assistants parlementaires.
Selon les déclarations de plusieurs eurodéputés FN, c’est Marine Le Pen qui avait la haute main sur les embauches des assistants parlementaire des eurodéputés FN. A quelques exceptions près, les crédits des vingt-trois eurodéputés FN étaient d’ailleurs gérés par un seul et même comptable qui répondait aux ordres de Marine Le Pen. Ce dernier l’a avoué face aux juges. "Les députés n’avaient pas le choix de tous leurs assistants", a-t-il déclaré en septembre à la juge Claire Thépaut. "Tout est très centralisé avec Marine Le Pen. Si elle demande à un député d’embaucher tel assistant, je vois mal un député lui dire non." Convoquée mi-octobre par les juges pour s’expliquer, la cheffe du Rassemblement National n’a pas répondu à leurs questions et a été mise en examen pour détournement de fonds publics.
Contacté, le trésorier du Rassemblement national, Wallerand de Saint-Just, rappelle qu’il avait été interrogé par les enquêteurs en septembre 2017 dans cette même affaire et qu’il était ressorti libre. "Aucun fait ne justifie ma mise en examen", assure-t-il. "Je ne suis pas député européen et n’ai absolument pas participé à la gestion des contrats des assistants parlementaires européens."
Soupçonné d'avoir participé à des violences lors d'un rassemblement de Gilets jaunes, un homme a été interpellé à Pont-à-Mousson par une unité du RAID, dont la spécialité est la lutte contre le terrorisme et les arrestations à haut risque.
La manière forte. Le 10 janvier à l'aube, une dizaine d'hommes du groupe d'intervention du RAID s'est rendu à Pont-à-Mousson, au domicile d'un homme soupçonné d'avoir participé à des violences lors du dernier rassemblement des Gilets jaunes à Epinal, selon des informations de L'Est Républicain. A cette occasion, une voiture de police avait notamment été retournée.
Cagoulés, casqués et lourdement armés, l'unité du RAID de Nancy – dont la spécialité est la lutte contre le terrorisme et les arrestations à haut risque – est arrivé peu avant 6 heures du matin pour procéder à son interpellation. Rejoignant un tireur d'élite déjà en position, les hommes du RAID ont enfoncé la porte du domicile du suspect, qui se trouvait encore au lit avec sa compagne. En une poignée de secondes, lui laissant à peine le temps d'échapper quelques cris de surprise, l'homme a été interpellé puis menotté.
Une fois sa tâche accomplie, l'unité du RAID a remis le Gilet jaune entre les mains des enquêteurs du SRPJ de Nancy et de la BSU d’Épinal qui ont procédé à la perquisition de son domicile. Le suspect a ensuite été conduit au commissariat d’Épinal et placé en garde à vue, selon L'Est Républicain qui précise qu'il sera présenté au parquet le 11 janvier, lequel devrait demander son placement en détention.
Marlène Schiappa est sur le point de résoudre l’origine de la montée de la violence chez les gilets jaunes. La piste est sérieuse, les coupables seraient à peu près localisés. L’inspectrice Gadget de l’Élysée nous informe de l’avancée de son enquête : Est-ce que, oui ou non, il y a des puissances étrangères, ou tel réseau d’influence qui participe au financement de ces violences de rue, de ces émeutes, des casseurs ? Diantre ! Les gilets jaunes auraient, en quelque sorte, un sponsor. Il est vrai que chacun se demandait comment les manifestants avaient pu se payer toutes ces palettes qu’ils jettent sur les barricades, ces barrières, ces poubelles en plastique dernier cri. D’où vient l’argent ?
La réponse de James Schiappa 007 ne se fait pas attendre : Je crois que c’est une question qui n’est pas incongrue, eu égard à certaines positions récentes de certains responsables politiques, notamment italiens, mais pas uniquement… Ouille ! De nombreux pays seraient impliqués. L’Italie, bien entendu, la Russie, c’est évident, la Hongrie, pourquoi pas, la Syrie, le Donald Trump… Bref, un complot international est à la manœuvre. Il se trame des choses. Salvini pilote les gilets jaunes. À distance. Avec un joystick. Poutine envoie des palettes, Trump fait larguer des poubelles sur le boulevard Saint-Germain, la nuit…
En aucun cas il ne peut s’agir d’une colère spontanée en réaction aux tirs de Flash-Ball® sur tout ce qui bouge, aux jets de gaz lacrymogène à bout portant, aux matraquages de personnes au sol et autres exactions policières en tous genres, comme en attestent les dizaines de vidéos qui circulent sur le Net. Par quel mystère la consigne « riposte à hauteur de la menace » a-t-elle disparu de l’état d’esprit des compagnies de CRS ?
Complot pour complot : et si cette agressivité des forces de police dès l’acte I n’avait eu d’autre but que provoquer des violences afin de rendre le mouvement impopulaire ? Pourquoi tout ce pataquès autour du boxeur de CRS, alors que le silence fut complet lors du tabassage très violent de manifestants à terre dans un fast-food ?
Après LCI, sur France Inter, Marlène Schiappa répète au mot près ses accusations. Emploie les mêmes formules. Comme un texte appris par cœur. Secrétaire d’État ou comédienne chargée de faire passer des éléments de langage ? Qui finance le sketch ?
Le montant de la cagnotte du boxeur est effrayant. Le nombre de donateurs aussi. Que des Italiens, des Russes, des Hongrois, des Pygmées ! Même les Martiens ont donné. L’enquête sera longue. Marlène soupçonne même Brigitte Macron d’avoir fait don d’un sac Vuitton. L’affaire ne fait que commencer…
À l’Élysée, chaque journée paraît être pire que la précédente. Il a l’air fin, le Président jupitérien ; surtout depuis l’entrée en lice des Italiens, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, tous deux vice-présidents du Conseil. L’esprit facétieux de nos voisins transalpins n’étant plus à démontrer, voilà donc venu le temps de l’ironie ravageuse, d’autant plus ravageuse que sous-tendue par une rancune tenace.
Ainsi, il n’y a pas si longtemps, en juin 2018, à Quimper, Emmanuel Macron affirme : « Vous les voyez monter, comme une lèpre, un peu partout en Europe, dans des pays où nous pensions que c’était impossible de les voir réapparaître. » Trois mois plus tard, Pierre Moscovici, l’impayable commissaire européen, compare Matteo Salvini à un « petit Mussolini », ajoutant : « Au début, on sourit et on banalise parce que c’est ridicule, puis on s’habitue à une sourde violence symbolique et, un jour, on se réveille avec le fascisme. Restons vigilants ! La démocratie est un trésor fragile. » À quelques jours d’intervalle, c’est un autre commissaire européen, Günther Oettinger, qui époumone, à propos de la dette italienne : « Les marchés vont apprendre aux Italiens à bien voter. » C’est à l’élégance de leurs propos que l’on reconnaît les authentiques démocrates.
Tout cela n’étant pas tombé dans l’oreille de Beethoven, il était donc prévisible que le binôme populiste se rappelle au bon souvenir présidentiel. Luigi Di Maio (Mouvement 5 étoiles) : « Gilets jaunes, ne faiblissez pas ! » Matteo Salvini (La Ligue) : « Je soutiens les citoyens honnêtes qui protestent contre un président gouvernant contre son peuple ! » Il est un fait qu’aujourd’hui, même pour le plus prudent des commentateurs, il devient hasardeux de prétendre le contraire. Devant une sortie aussi pétulante, on attendait les duettistes Macron & Moscovici au tournant, eux dont le numéro les ayant rendus célèbres consiste à donner des leçons de bonne gouvernance à la planète entière et à ses proches environs. Là, rien, nada, nothing, niente et peau de zébu : l’Olympe ne répond plus.
Dans les médias français, on est à peine plus prolixe. À en croire L’Obs, la raison de ce silence n’est pas à chercher bien loin : « L’ambassadeur français, Christian Masset, s’est contenté de faire savoir discrètement et officieusement aux journalistes [français, donc, NDLR] que ce serait faire un cadeau aux deux amateurs péninsulaires de gilets jaunes que de protester formellement contre leurs propos. » D’où ce gag, toujours selon les mêmes sources : « Ce sont les Italiens eux-mêmes qui doivent procéder à leur recadrage. La presse s’est chargée de le faire ce matin. » Ce, avec une assez belle unanimité, tant il est vrai qu’en matière de conformisme niais, les médias de là-bas n’ont pas grand-chose à envier à ceux d’ici.
Sont-ils pour autant plus écoutés que les nôtres ? De récents sondages, relatifs aux prochaines élections européennes, laisseraient plutôt à penser que non. La Ligue emporterait 34 % des suffrages, soit deux fois plus qu’à l’occasion des élections législatives de mars 2018, et le M5S 26 %, accusant toutefois une baisse de 7 % par rapport au même scrutin. Les deux mouvements concourant séparément aux prochaines élections européennes, il y a donc surenchère populiste, « droitière » d’un côté, « gauchisante » de l’autre ; avec, en ligne de mire, la constitution d’un groupe eurosceptique à vocation majoritaire au Parlement européen.
Emmanuel Macron, champion malgré lui de l’Europe techno-libérale depuis l’annonce de la mise à la retraite prochaine d’Angela Merkel, se retrouve ainsi dans la position du repoussoir idéal pour tous les « lépreux » du Vieux Continent. Ses rêves de vieux jeune homme giscardien – celui qui entendait jadis rassembler deux Français sur trois – sont désormais devenus réalité. Il fédère enfin. Dommage que ce soit aujourd’hui contre sa propre personne et, pis encore, contre tout ce qu’il incarne.
En réaction à la cagnotte de soutien au boxeur des Gilets jaunes Christophe Dettinger (scandaleusement supprimée par Leetchi), une cagnotte de « soutien aux forces de l'ordre » a très opportunément été mise en place à grands renforts médiatiques afin de minimiser le soutien populaire aux victimes de la répression gouvernementale. Elle attendrait soi-disant le million d'euros.
Or, il apparaît qu'une bonne moitié des donateurs ont des profils facebook anonymes sans photos et sans amis et que, par la plus grande des coïncidences, ils donnent tous environ 27,30 € ! Le rythme des dons étant d'une régularité métronomique, même en pleine nuit ! Il s'agirait en fait de robots gonflant la cagnotte avec des fonds inconnus.
Depuis que les réseaux sociaux se sont faits l'écho de cette manipulation, la cagnotte stagne étrangement alors que les dons affluaient jusqu'alors...
Contrairement à la coutume, cette année, le président de la République ne présentera pas ses vœux aux corps constitués ou à la presse. Sous le prétexte fallacieux de se concentrer sur le grand débat national, il ne s'adressera en cette occasion qu'aux armées.
Selon Le Parisien, Emmanuel Macron ne donnera cette année qu'une seule cérémonie pour la présentation de ses vœux, et celle-ci sera destinée aux armées. Elle aura lieu le 17 janvier sur la base du 1er régiment du Train Parachutiste, à Cugnaux, près de Toulouse.
La crise actuelle des Gilets jaunes semble avoir poussé le président à limiter de manière drastique le nombre des cérémonies traditionnelles. En effet, comme de coutume, en janvier 2018, Emmanuel Macron en avait présidé une vingtaine devant les corps constitués, les bureaux des assemblées ou encore la presse.
La cérémonie de vœux aux armées sera « la seule » exception que sera donc maintenue cette année. « Il est le chef des armées, donc c’était naturel de maintenir au moins cette cérémonie », précise-t-on à l'Elysée, selon Le Parisien.
Ces annulations visent, selon les informations du quotidien, à se concentrer sur le « grand débat national ». Le chef de l’État, qui va faire le tour des régions pour y participer, devrait être très présent notamment avec sa « lettre aux Français », promise lors de son discours télévisé du 31 décembre et qui devrait être diffusée mi-janvier.
Le gouvernement a fait savoir qu'il préciserait les « thèmes du débat » dans ce courrier adressé aux Français : « Le débat national qui s'ouvre doit nous permettre de parler vrai et je vous écrirai dans quelques jours pour vous en préciser les attentes », avait déclaré Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée.
Il semble que les représentants du Système soient de plus en plus fébriles et laissent libre cours à leurs pulsions les plus haineuses et autoritaires.
C'est tout d'abord l'ineffable Marlène Schiappa, improbable Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, qui désire que les personnes qui ont donné à la cagnotte de soutien de Christophe Dettinger, le boxeur des Gilets jaunes, soient identifiés pour éventuellement être poursuivis pour complicité. Rien que ça...
⚡️MARLÈNE SCHIAPPA / La ministre serait pour l’identification des donateurs de la cagnotte du #boxeur 🥊 Christophe #Dettinger car selon ses propos, il s’agit d’une « forme de complicité » pic.twitter.com/nXp9bvt6mI
Le même jour, le pseudo-philosophe Luc Ferry, éphémère Ministre de l'Éducation nationale sous Raffarin, souhaitait que les policiers fassent usage de leurs armes contre les Gilets jaunes.