Sujets abordés : la guerre en images, les similitudes avec la première guerre en Irak, des dirigeants qui n'ont jamais fait la guerre, la « guerre totale » de Bruno Lemaire, le Parlement européen qui viole tous les textes européens, la neutralité de la Chine et de l'Inde, l'Ukraine dans l'UE, les sanctions contre la Russie, l'Allemagne veut renforcer son armée, le conflit ukrainien va avantager Emmanuel Macron, le Carême, le livre de Farid Smahi sur la binationalité : « La Fracture nationale ».
Le niveau de racisme et de haine anti-russe des médias et d'une bonne partie de nos compatriotes abrutis par la propagande de guerre est absolument sidérant. Ce sont bizarrement les mêmes qui nous demandent de ne pas faire d'amalgame lors d'attaques terroristes islamiques...
La guerre éclair déclenchée par Vladimir Poutine en Ukraine sera peut-être moins fulgurante que prévu ; il en va souvent ainsi des prévisions des militaires. Et si ce pays est une construction plus ou moins artificielle, le nationalisme ukrainien, lui, n’est pas une vue de l’esprit. Le président russe est certes « coupable », puisque agresseur avéré, mais voilà qui ne doit pas faire non plus oublier les responsabilités occidentales : encerclement de la Russie, poussée de l’OTAN jusqu’à ses frontières et perpétuelle démonisation médiatique du maître du Kremlin. Bref, cette guerre aurait pu être évitée. Mais peut-être n’était-ce pas là l’objectif de la Maison-Blanche.
Laquelle, obnubilée par son tropisme antirusse, ne voit pas forcément l’axe qui est en train de se monter contre elle. Comme quoi il est possible d’être machiavélique et angélique à la fois.
Ainsi, lors du vote du Conseil de sécurité de l’ONU, le 25 février dernier, sur quinze États membres, trois se sont abstenus : la Chine, l’inde et les Émirats arabes unis, la Russie exerçant, elle, son droit de veto. Pour commencer, évacuons le cas des Émirats, leur abstention reflétant par ailleurs la politique de leurs voisins, Bahreïn, Arabie saoudite et Oman, qui ne communiquent pas sur la crise ukrainienne, même si le Koweït et le Qatar « condamnent les violences » sur la forme, tout en se gardant bien de critiquer Moscou sur le fond de l’affaire. Nulle stratégie géopolitique pour ces pays, mais juste des considérations d’ordre économique : la Russie est membre éminent de l’OPEP, et sans elle, comment fixer une politique commune sur les cours de l’or noir ? Quant à l’Iran, dont les liens avec cette même Russie sont anciens, l’attentisme bienveillant semble être de mise. Mais la Chine et l’Inde, c’est une tout autre affaire.
Déjà, la politique erratique des USA aura réussi ce miracle : réconcilier les frères ennemis russes et chinois, alors que jadis, le président Richard Nixon et son conseiller Henry Kissinger étaient parvenus à ce coup de maître consistant à « enrôler » Pékin dans son combat antisoviétique. L’Inde ? Un pays, allié historique de la Russie, qui craint le puissant voisin chinois, mais redoute plus encore un Pakistan islamiste soutenu par Washington. Là encore, les Américains sont en train de pousser les Indiens dans les bras des Chinois.
Et c’est ainsi qu’est en train de se conforter le Groupe de Shanghaï, créé en 1996, visant à fédérer Chine, Russie, Inde, plusieurs républiques caucasiennes et même… un Pakistan assez retors pour ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Pourquoi ? Pour contrer les visées de la Maison-Blanche en Europe, mais aussi dans l’océan Pacifique ; même si, en cette partie du monde, l’Inde s’inquiète également de l’hégémonie chinoise. Résultat ? L’axe alliant Moscou, Pékin et New Delhi est malgré tout en train de prendre forme.
Autre sujet d’inquiétude pour les USA, le « ralliement », à cette alliance tripartite, d’une Amérique latine traditionnellement hostile à celle du Nord et qui n’a pas précisément volé au secours de la résolution de l’ONU, tels le Brésil, l’Argentine et la Bolivie, qui ont refusé de la signer.
Si l’axe en question demeure relativement informel, il n’en est pas moins réel, même si s’agissant de nations défendant leurs intérêts propres, parfois contradictoires - interpénétration des économies mondiales oblige. Ce à quoi la Maison-Blanche n’est guère habituée, ayant coutume de longue date de seulement traiter avec ces États vassaux – ceux d’Europe, principalement – qu’elle aime à nommer « alliés ». La France, par exemple…
Aujourd’hui, elle est plus « ukrainienne » que jamais – Sandrine Rousseau défile même avec le drapeau de Kiev – mais n’a peut-être jamais été aussi peu française, la preuve par son propre Président, plus inquiet de complaire à l’air du temps et à cette OTAN qu’il donnait pourtant naguère pour être en « état de mort cérébrale ».
À cette aune jugée, les cerveaux élyséens ne semblent guère plus frais.
L'État covidiste donne provisoirement du mou à la laisse le temps que les Français sèchent leurs larmes pour l'Ukraine et réélisent #EmmanuelMacron. Rendez-vous à l'automne pour la 4e dose et le retour du masque.https://t.co/ejK6Zn9exR
Pour résumer l'intervention du Président de la République hier soir : outre une analyse géopolitique du conflit en Ukraine avec l'émotivité d'une collégienne de 14 ans, Emmanuel Macron nous explique que les difficultés passées sont dues au Covid et la future catastrophe économique à Vladimir Poutine.
Qui peut gober une escroquerie pareille ? Comment nos compatriotes peuvent-ils encore se laisser berner par cet illusionniste sans talent ni dignité ?
Le Parti de la France salue la mémoire de Jean-Pierre Pernaut rappelé à Dieu aujourd'hui.
Loin d'être un sale gauchiste comme la plupart de ses confrères journalistes, il a su partager avec la France entière son amour des terroirs et des clochers.
Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée par l'avocat mandaté par le Parti de la France suite à une série de propos délirants et diffamatoires tenus notamment par le journal Le Monde et Monsieur Frédéric Haziza.
Un certain nombre de journalistes et de personnalités politiques se sont permis de qualifier le Parti de la France de « nazi » et d'« antisémite » afin de nuire à la campagne présidentielle d'Éric Zemmour. Ils devront désormais s'en expliquer devant la justice.
La vague de « sanctions », aussi puériles qu'inefficaces, à l'égard de la Russie démontre à quel point l'oligarchie occidentale enrage de son impuissance face à l'ogre russe.
La géopolitique, c'est un rapport de force. Et Vladimir Poutine l'a bien compris. Les arbitres des élégances progressistes peuvent bien multiplier les vociférations et les petites humiliations, ils ne sont que des roquets émasculés qui s'agitent en vain sur la scène internationale.
Sous des airs martiaux, ces va-t-en-guerre en carton achèvent de nous ridiculiser aux yeux du monde. La propagande de guerre anti-russe sur toutes les chaînes et radios a désormais remplacé le covidisme anxiogène que l'on subit depuis deux ans.
La paix en Europe ne s'obtiendra pas à coups de déclarations ineptes et de menaces impossibles à assumer mais en refusant d'être les larbins des États-Unis - qui ont lâchement abandonné l'Ukraine après l'avoir excitée contre son voisin russe - et en sortant de l'Otan qui, comme on le voit, est désormais source de troubles plutôt que de stabilité.
« Ils sont des nôtres. » C'est en ces termes qu'Ursula von der Leyen a présenté son souhait de voir l'Ukraine, « à terme », rejoindre l'Union européenne. La situation internationale avait-elle vraiment besoin qu'on en rajoute ? On sait que l'une des raisons de l'invasion russe est le souhait de préserver ce que Vladimir Poutine perçoit comme la sphère d'influence traditionnelle de la Russie : la Rus de Kiev, on connaît cela par cœur grâce aux chaînes d'information continue, mais on ne prend pas bien la mesure de ce que cela signifie. On sait également que l'empressement de l'Ukraine à se raccrocher aux instances occidentales (Union européenne et OTAN) remonte à l'URSS et au traitement que les Soviétiques, qui ont créé ce pays, ont réservé aux Ukrainiens, notamment les terribles famines organisées des années 30. Le pouvoir en place doit son installation à la déstabilisation de 2013, récupérée par la CIA, ainsi qu'au ras-le-bol général de la corruption, qui a hissé sur le pavois un ancien comique. Les Ukrainiens résistent héroïquement, certes ; leurs réfugiés sont de vrais réfugiés (femmes et enfants), et non des colonnes d'hommes seuls, certes ; cette tragédie se passe non loin de chez nous et l'émotion est légitime. Toutefois, les critères d'adhésion à l'Union européenne (État démocratique, économie de marché, respect des « valeurs de l'Europe ») ne semblent pas remplis dans un pays encore instable et corrompu. Accélérer le processus d'adhésion par commisération relèverait du mépris pour les Ukrainiens et de la puérilité face à Poutine.
Que dire si un quelconque génie s'avise d'accélérer l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, cette fois ? Au nom de l'article 5, cette guerre deviendrait alors la nôtre...
Ce conflit a mis en lumière plusieurs choses - en dehors du « retour du tragique » dont se gargarisent les commentateurs. D'abord, l'armée russe n'est pas uniquement un rouleau compresseur. Beaucoup de ses soldats sont jeunes et peu aguerris. Certains ne savaient même pas où on les envoyait. Ensuite, le manichéisme n'est pas mort : non, l'Ukraine, malgré son remarquable patriotisme, n'est pas un pays de chevaliers blancs. Les armes distribuées à la population ont par exemple facilité les pillages et les meurtres. Enfin, la Russie n'est pas le champion de l'Occident chrétien. Comme l'ont vu les théoriciens de l'eurasisme (Douguine, notamment), c'est un peuple de culture orthodoxe marqué d'une empreinte islamique par le biais des invasions tatares, une puissance guerrière et tellurique, opposée à une puissance protestante, marchande et maritime (hier le Royaume-Uni, aujourd'hui les États-Unis).
Dans ce monde dont les invariants redeviennent visibles, la France pourrait jouer le rôle d'une puissance d'équilibre. Emmanuel Macron veut y jouer. En est-il seulement capable ? Le veut-il seulement sincèrement ?
La résistance farouche et héroïque des Ukrainiens nous change de la lâcheté d'autres peuplades dont les hommes en âge de se battre viennent se réfugier chez nous, laissant femmes, enfants et parents dans leur pays ravagé.
Vladimir Poutine a passé le Rubicon. Envahir l’Ukraine est une violation injustifiable de toutes les règles du droit international. C’est une faute dont les effets se retourneront contre lui. Cette invasion fortifiera le sentiment national d’un pays qui fut pourtant le berceau de l’Histoire politique et spirituelle de la Russie. De surcroît, l’attaque redonne vie à une OTAN dont Emmanuel Macron déclarait qu’elle était « en état de mort cérébrale ». Mais, pour l’heure, le peuple ukrainien fait les frais du terrible rapport de force géopolitique dont leur terre est l’enjeu.
Cette guerre est la conséquence de trente années d’erreurs politiques de la Russie, des États-Unis et de l’Union européenne. De duperies et de non-respect de la parole donnée aussi.
La cause première réside dans les conditions de l’effondrement de l’URSS que Boris Eltsine n’a pas maîtrisées. La réorganisation de l’ex-empire s’est faite dans le chaos, la mise en coupe réglée de l’économie et la souffrance du peuple. Sans que soit inventé un système institutionnel qui garantisse la stabilité du pays dans une relation paisible avec les anciennes républiques sœurs. Les Russes en portent la responsabilité.
Mais en second lieu, les Occidentaux n’ont pas compris que la Russie n’était plus l’Union soviétique et qu’il fallait la traiter en allié potentiel et non en menace. Les ouvertures faites à l’Occident, y compris par Poutine, ont été repoussées avec dédain et la Russie traitée avec condescendance, comme s’il fallait lui faire payer la crainte que l’URSS avait suscitée.
Le troisième élément essentiel a été le non-respect de la parole donnée à Gorbatchev lorsqu’il a accepté la réunification de l’Allemagne et le démantèlement du rideau de fer. La condition posée aux Américains avait été que l’OTAN n’avance pas vers la Russie. On sait ce qu’il en a été. Les dirigeants occidentaux n’ont pas pris la mesure du ressentiment russe et oublié à quel point, maintes fois envahis, les Russes craignent l’encerclement.
Quatrième point, les États-Unis n’ont cessé de déstabiliser le voisinage proche de la Russie en y organisant et en finançant les révolutions dites de couleur, en Géorgie comme en Ukraine. Victoria Nuland, secrétaire d’État adjointe pour l’Europe et l’Eurasie, s’était félicitée d’avoir dépensé un milliard de dollars pour réussir le coup d’État qui renversa Ianoukovytch. En proposant un contrat d’association à l’Ukraine, l’Union européenne avait envenimé la situation. Attitudes risquées car une diplomatie prudente exige la compréhension des ressorts de l’adversaire potentiel.
Aujourd’hui, l’Ukraine doit faire face à une invasion brutale. Quelles que soient les erreurs passées, Poutine est évidemment coupable de cette agression, mais les États-Unis portent une grande part de responsabilité. Le drame ukrainien démontre aussi que le rêve français d’une « Europe puissance » n’est qu’un songe creux. La plupart des États membres n’en veulent pas et se trouvent très bien dans la dépendance et sous protection américaines. Le seul problème est que les intérêts américains ne sont pas les intérêts européens.
Biden, en indiquant qu’il n’y aurait pas d’intervention militaire des États-Unis, laisse les Ukrainiens seuls face aux troupes russes. L’Union européenne qui n’a ni volonté ni puissance militaire, se bornera à des sanctions économique et des livraisons d’armes qui n’inquiètent guère le maître du Kremlin. Après avoir bercé l’Ukraine d’illusions, leur attitude est d’un cynisme confondant alors que le président Zelinsky fait preuve d’un courage et d’un calme remarquables.
La question qui se pose à nous, c’est de savoir si nous pourrons obtenir par voie diplomatique la désescalade et le retrait des troupes russes d’Ukraine.
Cette invasion est un drame pour l’Ukraine, une faute pour la Russie qui en pâtira. Mais c’est, objectivement, un désastre politique pour l’Union européenne qui, une fois encore, a fait la preuve de son incapacité à conjurer un conflit en Europe. La seule voie intelligente pour l’Union serait une volonté de puissance autonome, mais elle est rejetée par tous. Emmanuel Macron, qui parle de souveraineté pour l’Ukraine, n’a cessé, comme ses prédécesseurs, de brader la souveraineté française au profit d’une Union européenne qui est un nain diplomatique et militaire. Or, la souveraineté est la liberté des nations et la puissance diplomatique et militaire sa garantie.