Alerte générale, vendredi dernier à midi. Sauvez-vous, bonne
gens, lâchez tout ce que vous tenez, vos gamins par la main ou vos chiens par la laisse, posez là vos cabas, vos cadeaux et vos valises, et courez vite ! Sauve qui peut ! L’Apocalypse
est à nos trousses !
A quatre jours de Noël, un jour de départ en vacances, que faut-il donc pour mettre en branle un « plan d’évacuation » de 30.000 voyageurs et stopper le trafic sur 4 lignes
majeures – la 2 (porte Dauphine/Nation), la 6 (Charles de Gaulle/Nation), la 10 (Boulogne/Austerlitz) et la 11 (Châtelet/Mairie des Lilas) – pendant plus de trois heures ? C’est
quoi : un déraillement, une attaque nucléaire des mollahs aux Champs-Élysées, Godzilla dans les tunnels, des rats géants dans le RER B ?
Non, c’est une « alerte amiante » (sic) dans un poste de
commandement. Précisément, a dit le PDG de la RATP Pierre Mongin, « il y a eu une alerte amiante, ce matin, dans un local qui n’a rien à voir avec le métro. C’est un local de bureaux
où des travaux ont eu lieu récemment et donc nous avons été obligés, pour des raisons de sécurité, d’évacuer nos personnels qui régulent et pilotent ces quatre lignes de métro. »
Précision : le contrôle de l’air effectué chaque matin par les ouvriers du chantier a révélé un taux plus élevé que la normale… dans la salle d’à côté. Autre précision : pour
développer ces affreuses maladies que cause une exposition à l’amiante (qui, pendant des années, faut-il le rappeler, nous protégea du feu et du froid !), il faut compter :
- pour l’amiantose : de 15 à 20 ans d’exposition ;
- pour le cancer du poumon et le mésothéliome : de 30 à 40 ans d’exposition.
Alors ? Alors, c’est la trouille qui gouverne la France. Et à la RATP, plus encore que la trouille de l’amiante, c’est la trouille des syndicats, et derrière eux du Parti de gauche
de monsieur Mélenchon qui recrute là ses troupes. Sa secrétaire nationale Danielle Simonnet, candidate à la mairie de Paris, accuse ce matin la Régie : « La RATP refuse
aujourd’hui de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour une éradication définitive de cette substance cancérigène (l’amiante dite non confinée) alors que l’éradication totale était
prévue », les syndicats ayant « réussi à imposer » un plan en ce sens à leur direction dans les années 1995-96 (lexpress.fr). « La RATP et le conseil régional
doivent prendre leurs responsabilités et engager une rénovation rapide de ces lignes au nom de la santé publique et éradiquer une bonne fois cette substance toxique interdite à la fabrication
en France depuis 1997 ! » Bien sûr, et puis stopper totalement le métro le temps de tout défoncer, quand on sait que la meilleure chose à faire est de laisser les matériaux
contenant de l’amiante là où ils sont, le danger ne survenant que lorsqu’ils sont abîmés ou… endommagés par des travaux intempestifs.
Mais pour ramasser des voix, n’est-ce pas, on est prêt à tout.
Source