En finir avec les faux diagnostics (par Xavier Raufer)
L’affaire Mohamed Merah aidant, voici les “quartiers
chauds” revenus au centre des débats de l’élection présidentielle. Sont-ils des pépinières à djihadistes ? Des couveuses pour bandits ? Alimentés par cent poncifs et idées reçues, les
commentaires coulent à flots, issus de la culture de l’excuse, et véhiculés par nombre de journalistes et politiciens.
Or, confronté aux faits et chiffres, ce catéchisme lacrymal a pour caractéristique majeure d’être entièrement et matériellement faux.
Rappel de la ritournelle des Diafoirus-sociologues : dans des “quartiers pauvres” et “territoires de relégation”, croupirait toute une “jeunesse abandonnée et méprisée”… “moins dangereuse qu’en danger”, des damnés de la terre condamnés à “une vie de galère” et ne recherchant finalement qu’“un peu d’attention et de reconnaissance”.
Observons d’abord que cette doctrine misérabiliste n’a absolument rien de marxiste, Karl Marx lui-même qualifiant férocement ce Lumpenproletariat (“prolétariat en haillons”) de “racailles”. On est là à mi-chemin entre le pire mélodrame hugolien et l’abbé Pierre du crépuscule – le tout dans un total mépris de réalités manifestes et établies. Qu’on en juge.
– Misère (entraînant et expliquant la révolte et la violence) ? Faux ! D’après l’Insee, la Seine-Saint-Denis est le quinzième département le plus riche de France – compte non tenu, par définition, de l’économie souterraine qui l’irrigue. En y ajoutant les milliards de la drogue, le “9-3” est sans doute en réalité parmi les cinq départements les plus riches de France.
– Quels sont à l’inverse les plus pauvres ? L’Ariège (91e), le
Cantal (92e) et la Creuse (96e). Ajoutons un taux de pauvreté de 19 % dans un tiers des départements ruraux de France métropolitaine – c’est-à-dire plus élevé que dans le “9-3”. Plus
largement, souligne lumineusement le géographe Christophe Guilluy, « 85 % des ménages pauvres ne vivent pas dans les quartiers sensibles et… la majorité des chômeurs de longue durée
se répartit sur l’ensemble du territoire ». Or, où brûlent les voitures ? Où tire-t-on à la kalachnikov sur les policiers ? Dans la Creuse ou en Seine-Saint-Denis ?
– Les pauvres “assignés à résidence”, dans de lointains territoires de relégation ? Archifaux, là encore ! À l’échelle du Bassin parisien dans son entier, la Seine-Saint-Denis est dans une position confortablement centrale, non dans une lointaine bordure – et dans les “zones urbaines sensibles” (Zus) de ce département, comme dans celles des autres de la région parisienne, la mobilité de la population est la plus élevée de France (taux de mobilité de 61 %, selon l’Observatoire national des Zus).
– Les quartiers sensibles représentent la jeunesse, la France rurale n’étant plus peuplée que de paysans âgés ? Faux ! Ces quartiers et cités ne rassemblent que 9 % de la jeunesse (l’Insee, toujours), la France périphérique au contraire (grande banlieue et villes-satellites des métropoles) abritant un jeune sur trois de 18-24 ans – et ce, avec un taux de criminalité fort bas.
Ajoutons que l’espace rural (18 % de la
population métropolitaine, 11 millions d’habitants) compte désormais 32 % d’ouvriers, 27 % d’employés – et seulement 7 % d’agriculteurs… sans que nulle déprédation ou exaction ne s’y commette, ou
presque.
Industrielle ou rurale, cette France périurbaine est celle des précaires, agriculteurs percevant les minima sociaux, ouvriers pauvres, travailleurs à temps partiel. Cette “France des plans sociaux” abrite les nouvelles classes populaires évincées des grandes métropoles (centre-ville et première couronne) – désormais fiefs de la bourgeoisie-bohème (“bobo”) et des immigrés récents. Or quoique victime de la recomposition sociale du territoire, cette France périphérique est calme. Malgré une pauvreté invisible, la délinquance y est rare et la criminalité, plutôt exceptionnelle.
Avec une insondable morgue, les journalistes “tendance bobo” dénigrent cependant cette France périphérique et sa “logique de repli”. Alors que, pour ces populations victimes de la mondialisation et de la prédation financière, il s’agit, tout au contraire, d’une demande de protection.
Or il est crucial de poser justement ce
diagnostic, sans se laisser emporter par des lubies idéologiques ou par un sentimentalisme niais. Car, de même qu’on ne raisonne pas juste sur des figures fausses, on ne peut édifier de politique
efficace sur des concepts erronés. Pourtant, c’est ce que l’on fait depuis trente ans sous le nom – déjà absurde – de “politique de la ville”.
Comme de l’eau dans un trou, cette “politique” déverse des milliards d’euros dans des programmes immobiliers opaques et dans d’incontrôlables subventions : 550 millions d’euros en 2012 pour la politique de la ville ; 390 millions pour la “cohésion sociale et l’égalité des chances”, nom fort noble pour ce qui ressemble souvent à du racket ou du chantage à l’émeute. À la lumière des réalités que je viens d’énoncer, c’est cette politique-là, d’abord, qu’il faut revoir de fond en comble. Administré à partir d’un faux diagnostic, un médicament n’a aucune chance, jamais, de faire le moindre effet !
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Nos voisins et amis helvétiques sont
de bons observateurs de la politique française : leur proximité géographique, la similitude de la langue pour beaucoup et leur imprégnation de notre culture les rendent curieux et surtout
perspicaces pour tout ce qui se passe dans l’Hexagone. Fathi Derder, parlementaire suisse, membre du parti libéral, journaliste, qui connaît bien nos institutions et nos mécanismes politiques a
lancé une lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidence de la République.
utilise tous les arguments, dont la peur et l'insulte, contre les travailleurs ». Je ne doute pas que vous le compreniez : la peur et l'insulte,
c'est votre truc. Mais bon. Restons concentré sur le fond de votre propos. Vous dites comprendre les patrons. En fait, vous ne comprenez rien du tout, une fois de plus.
Le choix du peuple suisse correspond à sa maturité
politique. La démocratie directe implique un grand sens des responsabilités. Il ne suffit pas de balancer des slogans en chantant Ferrat. Il faut penser aux conséquences, aussi. D'ailleurs, le
résultat de ce week-end n'est pas serré: l'initiative pour plus de vacances s'est naufragée dans les urnes, faisant l'unanimité des cantons contre elle. En Suisse centrale, l'objet a été
littéralement balayé, rejeté par plus de 80% des votants. Avouez que ça fait beaucoup de Suisses tétanisés par le patronat ! Et la Suisse romande ne fait pas exception, bien que proche de vous.
Certains disent même que la proximité de la France a joué contre l'initiative: pour le patron des patrons suisses, « le modèle français a fait figure de repoussoir ».
Amusant. Comme toute la campagne en
cours chez vous. J'entendais l'autre jour Philippe Poutou à la radio. Il est marrant, lui. Il parlait de vous (entre autres). L'homme du Nouveau parti anticapitaliste y dénonçait notamment les
professionnels de la politique qui « ne connaissent rien au monde du travail » (comme vous). S'en est suivi une apologie du candidat salarié (comme lui). L'homme du combat contre le
capitalisme n'en finissait plus de valoriser le salarié. Sans se rendre compte, visiblement, que le salarié n'existe pas sans « salariant ». En français, son patron. Le capitaliste qu'il
aime tant détester.
Je ne sais pas ce que vous
en pensez, mon cher Jean-Luc, vous n'en avez pas parlé à Europe 1. Vous avez préféré poursuivre sur la voie de l'insulte et de la peur, en qualifiant la Suisse de « coffre-fort de tous les
voyous de la terre ». Ah ! Nouvelle erreur, mon cher Jean-Luc: la Suisse n'est pas un coffre-fort, la Suisse est un pays de travailleurs dont vous devriez vous inspirer. En commençant par
vous mettre au travail vous-même, au lieu de gloser sur les vacances des autres, du haut de votre perchoir de rentier de la politique.
Directeur de recherches au CNRS,
l'historien Stéphane Courtois est un spécialiste du communisme. Elève d'Annie Kriegel, il a été le maitre d'oeuvre du Livre noir du communisme. Son dernier livre, "le Bolchevisme à la française"
(Fayard) est paru en 2010. Historien engagé, mais grand connaisseurs des archives, il nous décrit la face caché d'un personnage aujourd'hui encensé.
Mais Aubrac a toujours
expliqué qu'il n'avait jamais été membre du PCF ?
Son rôle durant la Résistance a
fait l'objet de polémiques. On se souvient d'un procès contre l'historien Gérard Chauvy et d'une table ronde organisée en 1997 par Libération. Qu'en pensez-vous ?
François Brigneau, de son vrai nom Emmanuel Allot nous a
quitté. Il sera enterré vendredi à 14h15 au cimetière de Saint-Cloud.
Participant au comité de
campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour, lors de l’élection présidentielle française de 1965, il est ensuite membre du mouvement Ordre nouveau, puis cofondateur du Front national, dont il est de
1972 à 1973 le vice-président. Il s’éloigne ensuite du Front national lors de la scission qui voit une partie de ses membres fonder le Parti des forces nouvelles (PFN). Il se rapproche plus tard
à nouveau du FN, sans pour autant faire partie de l’appareil du parti. Il a collaboré en tant qu’éditorialiste, dans les années 1980 et 1990, à l’hebdomadaire National-Hebdo, dont la rédaction
est domiciliée dans les locaux du Front national.
En 1992, lors de l’acquittement de Paul Touvier
(condamné par la suite à la réclusion criminelle à perpétuité), François Brigneau écrit : « En 1945, les crimes commis par les Français qui s’étaient rebellés contre le gouvernement légitime
et légal de leur pays furent absous, quelle que fût leur horreur […] et celle-ci ne manqua pas. En revanche, les crimes commis par les Français obéissant aux ordres du gouvernement légitime et
légal de leur pays continuèrent d’être poursuivis et condamnés, longtemps après la Libération. […] La vraie revanche de l’humanité sur le crime, c’est la chambre d’accusation qui vient de la
prendre. Elle a blanchi et libéré Touvier. […] Quant à moi, après ma mort, conclut M. Brigneau,je voudrais qu’une plaque fût apposée sur ma maison. On lirait ces mots : “Ici, pendant la chasse à
l’homme, Paul Touvier et les siens furent reçus chaque fois qu’ils le désirèrent”. »
Le site internet du New
York Times propose une
Un document de travail de 89 pages, commun à
l'administration pénitentiaire et aux services de renseignement de la police,
Patrick Guillemin, ancien braqueur, vingt-trois
ans de prison essentiellement en centrale, dont dix années passées à l'isolement, parle en connaissance de cause: «Il y a eu un moment, au début des années 2000, où le pouvoir a
changé de main dans les prisons. Le grand banditisme auquel j'appartenais a cédé devant les califes, plus forts, plus nombreux... À l'époque, les musulmans priaient dans les cours de
promenade. Quand la directive de l'AP est tombée, vers 2004, imposant la prière dans les cellules ou dans une salle affectée à cela, les musulmans ont bloqué le parloir avec les familles à
l'intérieur.»
Le dynamique délégué départemental du Parti de la
France en Mayenne, Matthieu Mautin, a créé un blog qu'il a intitulé « Réaction populaire ».
Pour la troisième année
consécutive, la chapelle Saint Pie X de Caen a été recouverte de tags christianophobes et politisés en pleine semaine sainte.
« Si j'avais un fils, il ressemblerait à Trayvon
Martin. »
Moi, je n'ai pas la tête qu'aurait le fils
d'Obama. Je ne suis qu'un fils de nazi, ou plutôt de fasciste, puisque plus italien qu'allemand. Et si j'avais un fils, il me ressemblerait. Alors si mon gosse ou moi-même se faisait buter par un
flic noir, le président américain n'en ferait pas un scandale national, parce que mon visage ne lui serait pas familier, ne le toucherait pas outre mesure. Il serait peut-être peiné en apprenant
la nouvelle - Obama a l'air sympathique - mais comme ça, sans plus. De même en France, étrangement, la vie d'un Jérémy Censier semble moins importante que celle d'un Ilan Halimi.
En 2009
Episode qui laisse présager aux Etats-Unis une politique antiraciste,
c'est-à-dire contre les Blancs, encore plus puissante qu'auparavant. Un combat de tous les instants contre la vermine fasciste à l'épiderme un peu trop clair qui ose demander ses papiers à un
Noir qui défonce la porte d'une maison pour y entrer. Spots publicitaires, programmes scolaires dès la petite enfance, débats télévisés entre intellectuels... la grande danse macabre de cette
mélodie du métissage qui sonne aux oreilles de tout fin mélomane comme un "Arrête d'être blanc ça m'énerve !".
Le 29 mars, le Parlement européen /image%2F0931529%2F20220503%2Fob_831db4_pdf-logo-bleu.png)