Marine Le Pen, candidate idéale… pour ses adversaires
Marine Le Pen ne veut pas voir l’évidence : sa candidature s'est immédiatement enfermée dans le piège de sa condamnation. Elle pourra parler d’immigration, d’insécurité, de pouvoir d’achat, de souveraineté ; rien n’y fera. À chaque phrase, ses adversaires la ramèneront à son dossier judiciaire. La campagne ne portera plus sur la France mais sur elle. Non plus sur l’alternance mais sur sa crédibilité personnelle. Elle deviendra le sujet unique de ceux qui n’attendent que cela pour éviter tous les débats de fond.
Le drame, c’est que cette condamnation n’a rien à voir avec ces procès d’opinion dont Jean-Marie Le Pen faisait - à raison - des décorations de combat. Lui était condamné pour avoir dit ce que le Système ne voulait pas entendre. Elle, elle est condamnée pour une affaire de détournement de fonds publics. On peut dénoncer des juges militants, une justice politique, un calendrier calculé ; tout cela est vrai. Mais il faut aussi avoir l’honnêteté de reconnaître que l’affaire était beaucoup trop compromettante pour ne pas fournir à l’adversaire l’arme parfaite.
En s’entêtant, Marine Le Pen prend donc le risque de sacrifier une chance historique. Le pays est mûr, le pouvoir est discrédité, les Français n’en peuvent plus. Bardella, lui, était disponible, neuf, audible, capable de porter le camp national sans ce boulet judiciaire à la cheville. Marine Le Pen devait lui ouvrir la voie. Elle préfère la lui barrer. Ce n’est plus de la ténacité, c’est de l’aveuglement. Et dans une élection présidentielle, l’aveuglement d’un chef peut devenir la défaite de tout un peuple.
Thomas Joly - Président du Parti de la France
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