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Le blog politique de Thomas JOLY

Pique Nique à Auschwitz (par Thierry Normand)

15 Décembre 2011, 08:15am

Publié par Thomas Joly

MinuteLu dans Minute du 14/12/11 :

 

Au théâtre ce soir : "Pique Nique à Auschwitz"

 

C'est l'événement théâtral de la rentrée 2012. Le tout Paris se presse au théâtre. Bertrand Delanoë est assis au premier rang. A ses côtés, le Père de la Morandais et le dramaturge Jean-Michel Ribes. Deux rangs derrière, chacun reconnaît le journaliste Paul Amar et le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, accompagné d'un boxeur de quarante ans. Tout le monde du spectacle est là. Pour applaudir le chef-d'oeuvre de l¹art contemporain qui va être joué dans quelques instants.

 

lamentations juifsMais aussi pour dire non à l'obscurantisme. Non à l'intolérance. Non à l'ordre moral. Non à la censure. Depuis quelques jours, des "ultras juifs" et des "fondamentalistes sionistes" tentent par la violence d'empêcher les artistes, qui ont toujours fait avancer le monde, de s'exprimer. Fragile République qui doit encore être défendue.

Face aux extrémistes religieux, le théâtre est transformé en fort Chabrol. Des contre-manifestants d'extrême gauche, dans une démarche citoyenne et républicaine, font face aux rabbins qui récitent des prières.

La Kippa ne passera pas ! Le rideau s'ouvre. La salle applaudit à tout rompre.

 

Une heure pour la liberté d'expression

 

"Pique Nique à Auschwitz", la quintessence de l'art moderne auquel les arriérés fanatiques d'une religion moyenâgeuse ne comprennent rien, commence. Une heure de spectacle. Une heure pour la liberté d'expression. Pour le droit à la création. Sans limite. Sans barrière. Sans interdit. La scène n'est plus qu'un immense camp de concentration. Des prisonniers décharnés en pyjama rayé jonchent le sol. Une inscription : "Auschwitz pour un jour, la joie pour toujours". Dans un vacarme assourdissant, mélange de guitare électrique et de folklore yiddish, des enfants de trois ans viennent uriner et déféquer sur le visage des victimes.

delanoeLa salle chavire. "Highway to hell" du groupe AC/DC retentit. Alors que le calme revient, Anne Frank apparaît, le canon d'un mauser enfoncé dans le vagin. Elle est en plein orgasme. Deux officiers SS ricanent en lui criant : "Pas tant de bruit ou on va te trouver dans ton placard". La salle explose de rire.

Dehors, les "ultra fondamentalistes extrémistes", si bien démasqués par Caroline Fourest dans un article publié par Le Monde, se heurtent aux CRS. Leurs idées rétrogrades ne passeront pas ! A l'intérieur, le chef-d'oeuvre se poursuit. Une odeur de gaz se répand.

"Y a une fuite", s'écrie un squelette en érection devant Anne Frank à l'agonie. La salle n'en peut plus. Le summum de l'art, libre et sans tabou, est atteint. Pas encore ! La chute arrive. Au son de "Anti-Christ superstar" de Marylin Manson, Robert F. arrive en mobylette et s'exclame en hébreu : "Vous avez rêvé pendant une heure". Tonnerre d'applaudissements ! Le rideau tombe. Chacun se congratule. Le souffle de la liberté est passé. La laïcité a triomphé. L'art l'a emporté. Seul le directeur du théâtre semble inquiet. Sa subvention publique de 600.000 euros ne lui a pas encore été versée ! Cela vous dégoûte ? Nous aussi. Mais c'est de l'art.

 

Thierry Normand

 

(*) Signalons pour nos amis étrangers que cette fiction est une réplique aux articles louangeurs diffusés dans la presse du Système et consacrés à des oeuvres provocatrices antichrétiennes comme "Piss Christ" ou "Golgota Picnic".

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