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Le blog politique de Thomas JOLY

Lutte contre le terrorisme : le mille-feuille administratif français

6 Juillet 2016, 05:29am

Publié par Thomas Joly

Nous ne serions pas véritablement en France si, à chaque problème posé, une commission n’était nommée. Ainsi, Georges Fenech, député LR, s’est-il vu bombardé à la tête d’une commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015 en France, commission dont le rapporteur n’est autre que son collègue socialiste Sébastien Pietrasenta.

Première constatation, le 13 novembre dernier, c’était le bordel au Bataclan : « Pourquoi l’Antigang a-t-elle géré la direction des opérations alors que nous avons deux forces d’élite spécialisées : le RAID qui, ce soir-là n’a été que force d’appoint et le GIGN, qui est resté cantonné quai des Célestins ? » Bref, depuis la guerre des polices, rien de neuf ; guerre à laquelle s’en ajoute d’ailleurs une autre, entre police (RAID) et armée (GIGN)… Certes, la distinction entre flics des villes et flics des champs remonte à l’Ancien Régime, ne s’agissant pas exactement du même type de travail. La nuance est d’importance, puisque nombre de pays, dont la Turquie de l’époque en premier, l’ont à leur tour adoptée.

Pourtant, si, sur des actions à court terme, il ne devrait pas y avoir de problèmes majeurs pour que ces divers services puissent collaborer en bonne entente, il en va tout autrement de cette action à long terme qu’est le renseignement. Là, sans atteindre l’embrouillamini américain – on a beaucoup raillé, non sans raison, la bureaucratie soviétique, mais en la matière, celle de Washington atteint des sommets himalayesques –, le renseignement français, comment dire, a tout du mille-feuille administratif. Fenech et Pietrasenta proposent, donc, de fusionner le nouveau Service central de renseignement territorial (SCRT, ex-Renseignements généraux) et dépendant du ministère de l’Intérieur avec son équivalent de la Défense, la gendarmesque Sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO), tout en faisant de même de l’état-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT), créé par Bernard Cazeneuve et dépendant de son seul cabinet, avec l’Unité de coordination et de lutte antiterroriste (UCLAT), relevant de la Direction générale de la police. Vous suivez ? Pas tout le monde, manifestement.

Ainsi, Georges Fenech : « Nous avons pu constater, lors de nos déplacements à l’étranger, qu’aucun responsable des services israélien, grec, turc ou américain n’était capable de désigner clairement leur homologue chargé de l’antiterrorisme en France. » Et ce n’est pas forcément l’éventualité de la possible création d’une éventuelle Agence de lutte contre le terrorisme, « un peu sur le modèle américain du TIDE (Terrorist Identities Datamart Environment) », censée fédérer cet empilage de comités Théodule, qui sera de nature à rassurer nos concitoyens.

Comme quoi Courteline et SAS n’ont jamais fait bon ménage…

Nicolas Gauthier

Source : http://www.bvoltaire.fr

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