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Le blog politique de Thomas JOLY

Drame aux prud’hommes : le coiffeur était trop aidé !

9 Avril 2016, 09:11am

Publié par Thomas Joly

Et une polémique à la française de plus, bien comme on les aime. Saura-t-on vraiment, lors de la chute de Constantinople, si les théologiens du cru se battaient à coups de sacs à main sur le prétendu sexe des anges ? Il n’empêche qu’en France, dans une situation à peine plus funky, on s’étripe sur le zboub des garçons coiffeurs. Dans quelques siècles, les historiens jugeront.

Ainsi, un poseur de bigoudis pour dames aux cheveux bleus aurait-il été viré en pleine période d’essai par sa patronne. Motif officieux du renvoi : « Je ne le garde pas. Je ne le sens pas, ce mec. C’est un PD, ils font tous des coups de p… » Nous disons « officieux », puisque s’agissant d’un SMS envoyé par erreur au candidat à la sortie des artistes. Assez logiquement, ce dernier a produit le document en question au Conseil de prud’hommes ; lequel, contre toute attente, a retenu le « caractère abusif » du licenciement sans pourtant tenir compte de l’éventuel « caractère homophobe » de la chose : « En se plaçant dans le contexte du milieu de la coiffure, le Conseil considère que le terme PD employé par la manager ne peut être retenu comme propos homophobe, car il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles sans que cela ne pose de problèmes. »

Hormis le fait que l’Académie ne connaisse que des « pédés » et non point de « PD », il n’en fallait pas plus pour que se déclenche l’infernal bousin. Nouvelle affaire Dreyfus, énième bataille d’Hernani, inédite querelle des Anciens et des Modernes, entre ceux qui y croyaient et n’y croyaient pas (en Dieu), les uns qui en étaient et les autres qui n’en étaient pas (de la confrérie) ? Tout cela à la fois, manifestement. Le ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui, par les temps qui courent, n’a manifestement pas plus urgent à faire, se mêle à son tour de la partie : « Je trouve ce jugement particulièrement scandaleux. » Tiens donc, nous qui pensions, pauvres naïfs, qu’il était légalement interdit de commenter une décision de justice, plus encore pour un ministre d’État.

Des fois que cela aurait pu échapper à ceux de nos compatriotes habitant la planète Vénus depuis au moins quelques décennies, prière de noter que « l’homophobie », réelle ou supposée, est devenue crime aussi inexpiable qu’imprescriptible, au même titre que les négateurs du génocide des ratons-laveurs et autres collectionneurs frénétiques des disques de Frédéric François.

Au fait, petite question : en quoi le terme de « pédé » serait-il forcément une insulte, s’agissant, pour les esprits normalement constitués, d’un simple qualificatif, pas plus laudatif que péjoratif, puisque relevant du seul ordre descriptif ? À ce que l’on sache, la sodomie entre hommes fut de tout temps un loisir d’ordre privé entre mâles consentants, au même titre que la philatélie ou les concours de bilboquet.

Ensuite, on pourra ajouter, sans grand risque de vexer le bon peuple, que si tous les coiffeurs ne sont pas de la jaquette flottante, nombre d’homosexuels sont coiffeurs. Au même titre qu’un assez large troupeau d’attachés de presse, de toiletteurs pour chiens, d’intellectuels fascistes, de couturiers amoureux de leurs mamans et autres camionneurs à moustaches n’étant pas précisément sujets aux transports amoureux vers le beau sexe.

Voilà qui est dit. En attendant que Pierre Bergé, Canigou et les camions Berliet me fassent procès ?

Nicolas Gauthier

Source : http://www.bvoltaire.fr

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