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Le blog politique de Thomas JOLY

« On nous nationalise ! » Les malgré-nous de la France (par Philippe Joutier)

10 Janvier 2016, 10:15am

Publié par Thomas Joly

Avoir choisi un pays étranger et une radio algérienne pour annoncer à Hollande ce qu’il devait faire : bravo à notre garde des Sceaux, ça ne s’était encore jamais vu. Sauf à être parfaitement inconsciente, il en ressort une évidente intention de nuire. À un tel niveau, la sottise n’est pas sans grandeur !

Donc, cris d’orfraie car, horreur, un président socialiste prétend faire appliquer une mesure pourtant dans le Code et déchoir de notre belle nationalité française les binationaux qui se retournent contre leur pays, se torchent dans son drapeau, vomissent ou agressent ceux de leurs coreligionnaires qui ne prient pas dans la même direction. Ah, pardon, j’oubliais : ils respectent tout de même les aides sociales. Vive la Sécu miséricordieuse, loué soit son nom !

Mais d’où sortent-ils, ces fameux binationaux ?

En France, la loi n’exige pas qu’un étranger devenu français renonce à sa nationalité d’origine. S’y ajoutent certains accords : une personne née en France après 1963 d’un parent algérien avant l’indépendance est automatiquement française. Dans tous les cas, un enfant né en France de parents étrangers devient automatiquement français à 18 ans à condition d’y avoir vécu. Si le pays d’origine de ses parents l’y autorise, il est alors binational. Un nouveau-né peut obtenir la double nationalité en combinant droit du sang, par la nationalité de ses parents et droit du sol comme citoyen du pays où il est né. Ainsi, dans sa générosité et sans contrepartie, la nation offre à la fois les avantages de l’un et de l’autre.

Si les populations originaires du Sud-Est asiatique nous en savent gré, les Français issus de l’immigration d’Afrique du Nord nous rejettent la France à la figure : « Nous, on n’a jamais demandé à être français ! On nous nationalise ! » C’est ce qu’ils disent. Nationaliser au lieu de naturaliser. Qui dira que ces jeunes n’ont pas le sens de la formule ?

Et combien sont-ils ? On pourrait supposer qu’à attribuer aussi facilement la nationalité à qui la veut, et même à ceux qui ne la demandent pas, le législateur aurait tenté d’en évaluer le résultat. Non. Car au nom de la non-discrimination, des droits de l’homme et de toutes ces belles choses, les statistiques ethniques sont interdites ! Conclusion ? Impossible d’avoir une idée précise : pour les seuls Algériens et par extrapolation à partir des recensements consulaires, on avance le nombre de quatre millions. Pour l’INED, sur la tranche 15/50 ans, toutes nationalités confondues, une enquête de 2008 arrive à 1,5 million.

Ainsi, plutôt que des débats haut de gamme sur la portée symbolique de la mesure, déchoir des binationaux de la nationalité française ne serait-il pas finalement un service, puisqu’ils n’en veulent pas ? Cela suppose aussi, pour être vraiment efficace, de les expulser ou de leur interdire un territoire national qui ne serait plus le leur. Pas gagné ! Du moins si l’on en juge par le parcours du cheik Ramzan Al-Hajiri. Prédicateur salafiste considéré dangereux, et entré clandestinement malgré une interdiction d’accès au territoire jusqu’en 2050, il y réside pourtant sans se cacher ni le moindre tracas. Inexpulsable. Car l’interdiction n’est pas suffisante. Faute de preuves concrètes de sa dangerosité, le saint homme coule aujourd’hui chez nous des jours sans doute plus paisibles que ses prêches. Alors ? Eh bien, vive la République, décidément bonne fille !

Source : http://www.bvoltaire.fr

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