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Le blog politique de Thomas JOLY

Encadrement des loyers : quelle tuile ! (par Richard Hanlet)

4 Août 2015, 10:09am

Publié par Thomas Joly

L’économiste suédois Assar Lindbeck, qui fut président du comité Nobel d’économie et plutôt classé à gauche, déclara après la guerre, au vu de la situation de l’immobilier dans son pays : « Après les bombes incendiaires, le contrôle des loyers est le plus sûr moyen de raser une ville. » Il constatait, en effet, qu’il était plus facile de se loger à Londres (dévastée par les bombardements) qu’à Stockholm restée neutre !

Mais sur l’inspiration électoraliste de l’écologiste Duflot, on nous ressert aujourd’hui le même plat pour Paris. L’argument est toujours le même : ces salauds de propriétaires se goinfrent sur le dos du pauvre peuple. Même si, pour la plupart, ces possédants sont des gens qui se sont simplement saignés dans l’espoir d’acquérir de quoi améliorer leurs retraites… D’ailleurs, si on observe les 20 dernières années, le prix « pur » des loyers a évolué sensiblement au même rythme que le taux de l’inflation (source INSEE). Car ce qui a vraiment augmenté, ce sont les frais « discrets » que les propriétaires sont bien obligés de répercuter, comme le gardiennage, l’entretien des halls ou des ascenseurs, sans oublier les taxes foncières ou d’enlèvement des ordures ménagères. Si on ajoute à cela pour le locataire, et pour la même période, le doublement du prix du gaz et le triplement de celui du fioul et du chauffage urbain, la note globale finit par être salée, même si les propriétaires n’y sont pas pour grand-chose.

Par ailleurs, l’invention continue et pleine de bons sentiments de normes de santé, de sécurité, d’accessibilité et de préservation de l’environnement a considérablement renchéri le coût de la construction. Dans aucun pays, depuis un siècle, le contrôle des loyers n’a amélioré la situation du logement. Et ceux qui envisageaient bravement d’y investir y réfléchiront sûrement à trois fois avant d’immobiliser une forte somme dans un placement au rendement aussi aléatoire. Ce blocage administratif a même eu un effet dramatiquement pervers. En bloquant les loyers à un niveau souvent inférieur au coût de l’entretien minimum, la loi de 1948, en même temps qu’elle les rendait invendables, a fabriqué des taudis, et leurs anciennes peintures au plomb, en moisissant, prirent une saveur doucereuse et agréable qui plaisait beaucoup aux enfants… Ce fut une des causes principales du saturnisme infantile !

Source : http://www.bvoltaire.fr

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