The Voice, ou la mise à mort de toute virilité… (par Joris Karl)
« Dérapage homophobe ! » Ça y est, les sheriffs du politiquement correct ont dégainé leur pétoire. Il n’aura pas fallu longtemps après le twitt assez
saloon de Nicolas Bedos : « Y a-t-il une version hétéro de The Voice ? »
Assistant à la finale de l’émission phare de TF1, sans doute « forcé » comme certains d’entre nous, le chroniqueur a eu le bon mot. Mais s’est juste trompé d’époque. Déjà dans les seventies, quand Sardou tirait à vue sur tout ce qui bouge, les lyncheurs de service l’attendaient à la sortie des concerts. Faut dire que Michel y allait fort ! Mais en 2013, le moindre trait d’humour un peu gaulois et on se retrouve avec un « Wanted » au dessus de la tronche…
Devant ce défilé de chanteurs efféminés jusqu’à la garde, dont le plus masculin était
une gamine lesbienne, Nicolas Bedos s’est fait plaisir. Et d’une c’est drôle, et de deux, il n’est pas le seul à être halluciné devant cette émission. Parce que, soyons objectif, The
Voice, c’est le miroir du pays légal, du bisounours à tous les étages, un pays où tout le monde s’aime, où tous les candidats sont des « talents », où tout le monde sourit
et fait des blagues. Le grand écart avec la vraie vie.
Il faut vendre du bonheur, balancer des ondes positives. Maintenir le téléspectateur la tête sous l’eau. Le jury, vrai star de The Voice, bien coaché par la prod’, recrache sans cesse « que le niveau est énorme cette année ». Agaçant, le québécois Garou parle anglais toutes les cinq minutes, quant à Bertignac, il n’arrête pas de répéter qu’il est « un rockeur » (parfois mon setter aussi pense qu’il est un lion). De son côté, Florent Pagny se masturbe les cheveux à longueur de programme à côté de Jenifer, constamment la larme à l’œil, qui promet à chaque faiseur de daube « une formidable carrière. Et on se reverra sûrement ». L’art du foutage de gueule bien ancré dans le décolleté…
Ici, la médiocrité est
élevée au rang de loi d’airain. Le moindre candidat qui sort un peu des sentiers battus — on se souvient du superbe chanteur médiéval — finit au bout d’une corde. La diligence ne s’arrête que
pour les loosers. Look gay de préférence. Si possible bien maigrichons, l’air un peu ahuri comme le vainqueur, ou androgyne. Et toujours ce putain de sourire. Derrière le show
d’apparence innocent, une idéologie : la mise à mort de toute virilité. Sur les quatre finalistes, un des mecs a choisi de s’appeler « Olympe », la fille s’habille et se
coiffe comme un garçon, le vainqueur est bègue et le dernier, une sorte de Christophe Mahé portugais à queue de cheval. Mahé, le mini chanteur (1m35, voix d’écolière) était d’ailleurs invité à la
soirée. Normal. À son nombreux public, cette saison 2 a offert un condensé de ce qu’il faut penser dans la France moderne. Le pays réel est sur le canapé, le pays légal au micro du… grec Nikos
Aliagas. Ce que vous regardez avec vos enfants, c’est un meeting déguisé.
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