Nous sommes passés au stade de la barbarie (par Eric Branca)
La frontière entre civilisation et barbarie aurait-elle cédé ?
Comment expliquer autrement les agressions dont sont victimes, non seulement les policiers – ce qui n’est pas nouveau –, mais désormais les pompiers, les médecins et les assistantes sociales exerçant en banlieue ? Tenir pour son ennemi celui dont la raison d’être consiste à vous secourir, voilà bien l’inversion morale absolue.
La frontière établie, depuis Platon, entre civilisation et barbarie seraitelle en train de céder ? Pour l’auteur de la République, en effet, les guerres
entre cités grecques restaient “civilisées” en ce sens que, conscients
d’appartenir à la même culture, les belligérants s’interdisaient de passer certaines limites afin de pouvoir, un jour, se réconcilier. Limites que le barbare, animé par
son ubris (démesure), ignore d’autant plus facilement qu’aucun sentiment d’appartenance commune ne le rapproche de l’autre.
Qui dira les dégâts provoqués par le communautarisme ethnique et autres “discriminations positives” sur une cohésion nationale déjà fragilisée par bientôt quarante ans de crise économique et par une immigration qui, depuis 1974, tient de moins en moins au besoin de main-d’oeuvre et toujours plus à la recherche d’avantages sociaux ?
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