Les emplois d’avenir le resteront ! (par Joris Karl)
Ça sent bon la déconfiture.
Déjà ! Le nouveau joujou socialiste qui devait endiguer l’énorme chômage des jeunes peine à faire rêver les foules. Succédant à tous les gadgets produits en série depuis trente ans, des TUC
aux « emplois tremplins » en passant par les « emplois jeunes » et autre service civique à 450 balles par mois, les « emplois d’avenir »
sont donc le seul espoir permis à toute une génération. C’est bien maigre, pour une jeunesse sacrifiée par la mondialisation et des décennies d’incompétence crasse de nos gouvernements, droite et
gauche confondues. Une jeunesse, qui plus est, de plus en plus soumise à la concurrence des immigrés ou des « Français » de très fraîche date.
« Emploi d’avenir » !
Bien entendu, la magouille grossière reste la même : pour masquer un peu le chômage tout en radiant massivement des cohortes d’inscrits à Pôle emploi, on finance avec l’argent des Français
des emplois souvent sans avenir : 75 % du salaire brut pris en charge par l’État, donc par nous (35 % pour le secteur marchand). Économiquement, une quasi-aberration…
Et puis, dans le dispositif, on notera une fois de plus une discrimination en faveur des minorités ethniques puisque ces emplois « destinés à donner une qualification et une expérience professionnelle » sont réservés aux jeunes âgés de 16 à 25 ans qui n’en ont aucune. Mais « pour les jeunes d’une zone sensible, le dispositif a été étendu jusqu’au niveau Bac + 3 dès lors qu’ils sont à la recherche d’un emploi depuis au moins un an », explique La Provence !
Hollande a
fixé le cap : 100.000 de ces emplois devront être signés d’ici la fin de l’année, dont 20.000 réservés aux « jeunes issus des zones urbaines sensibles ». Un quota ethnique
en quelque sorte. Seulement voilà, ça ne marche pas comme prévu. Au 31 juillet dernier, on ne comptait que 4.662 « sensibles » signataires, annonce François Lamy, ministre
délégué à la Ville. Constatant « une certaine réticence des entreprises à embaucher ces jeunes », il tente de trouver des raisons à cette curiosité sociologique.
Primo, il pense que leur profil et « l’image de leurs quartiers » ne facilitent pas la tâche : « Il faut aller [les] chercher car ils ne sont pas
inscrits à Pole emploi et sont souvent sortis très tôt du système scolaire. » Secundo, les pauvres choux cumuleraient « des problèmes de logement, de transport, etc.
De plus, dans les zones sensibles, certaines collectivités et associations qui pourraient souhaiter signer des contrats d’avenir ne le font pas car elles sont en grandes difficultés
financières. »
50.000 emplois
d’avenir ont été signés à la fin août, soit tout juste la moitié de ce qui était prévu. Devant ces chiffres exécrables, le président de la République avait décidé au début de l’été d’élargir le
dispositif au secteur marchand, ce qui a permis une recrudescence estivale des signatures.
Mais ne nous faisons pas d’illusions. Ces emplois d’avenir le resteront…
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