L'argent récolté en France et envoyé au pays sert à faire la fête
« Lorsque j’envoie de l’argent à ma mère, il sert à financer
les mariages, les baptêmes ou encore les funérailles des cousins; après ça, elle se retrouve sans rien pour s’acheter de quoi manger convenablement ! », s’exclame Mohammed Sylla, qui vit à
Paris et travaille dans l’action humanitaire. « En Guinée, on fait des fêtes à l’infini, et ma mère est tout le temps sollicitée pour y contribuer. Elle n’a ensuite plus un sou pour s’acheter
du riz… »
De nombreux Guinéens de la diaspora partagent la frustration de Mohammed, son « ras-le-bol ». Ils travaillent dur pour économiser, et lorsqu’ils regardent la façon dont leur argent est utilisé au pays, ils voient qu’au final celui-ci ne sert ni à nourrir leur famille ni au développement local.
Sans parler des sommes perdues en route à cause des
transferts coûteux entre la France et la Guinée: jusqu’à 30% des sommes envoyées peuvent être prélevés en commissions et intermédiaires, surtout si le destinataire vit éloigné des agences
bancaires des grandes villes.
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