Cette gauche qui défend avant tout les salauds… (par Étienne Lahyre)
Pascal Canfin peut
être fier de lui : en refusant, le 27 avril dernier, d’embarquer dans le même avion qu’un clandestin malien reconduit à la frontière par deux policiers, le ministre délégué au Développement
est enfin sorti de l’anonymat. En mettant en avant ses « convictions personnelles » pour justifier sa décision, Canfin démontre son absence totale de culture de gouvernement et
l’étendue de son incompétence.
Participer à un gouvernement, cela signifie qu’un ministre doit respecter scrupuleusement le principe de solidarité gouvernementale, illustré en son temps par Jean-Pierre Chevènement : Canfin a choisi d’ouvrir sa gueule, fera-t-il preuve de cohérence en démissionnant ? Hollande fera-t-il preuve d’autorité et de courage pour la première fois de sa vie en virant son ministre ? Pour avoir manifesté publiquement son opposition aux essais nucléaires en 1974, la carrière ministérielle de Jean-Jacques Servan-Schreiber avait duré en tout et pour tout 12 jours…
Canfin fait partie de ces gens pour qui une décision de
reconduite à la frontière équivaut à un aller simple pour la chambre à gaz : l’ombre de Maurice Papon planerait encore sur les préfectures de la République. Cet individu a-t-il un jour mis
les pieds au service des étrangers d’une préfecture ? Connaît-il les conditions de travail des agents concernés ? Intimidations, menaces, culpabilisation permanente… Ces
fonctionnaires ont un tort : ils appliquent avec loyauté et discernement les lois de la République. Peu considérés et rarement défendus pas une hiérarchie soumise à la dictature des
minorités nuisibles telles l’ineffable Réseau éducation sans frontières, ils doivent passer sous les fourches caudines des juges administratifs chargés d’apprécier la légalité des
décisions des préfectures. Ce contrôle est particulièrement tatillon, certains magistrats (qui, bien souvent, ne connaissent strictement rien à l’administration active) prenant un malin plaisir à
contrecarrer, pour des raisons idéologiques, l’action des préfets : le Syndicat de la magistrature, qui sévit au sein de l’ordre judiciaire, n’ayant pas, en effet, le monopole de la
partialité…
Si un clandestin est effectivement
reconduit à la frontière, c’est parce qu’un représentant de l’État l’a décidé puis, dans la quasi-totalité des cas, parce qu’un juge l’a autorisé. Mais pour Canfin et ses amis, cela ne suffit
toujours pas : leur « morale » est supérieure aux lois républicaines et aux décisions de justice. Enfin, à certaines d’entre elles : il y a les lois
« généreuses », et celles — au hasard, l’ensemble des lois relatives aux étrangers — qui symbolisent l’oppression de l’État policier. Celles auxquelles il est légitime, voire
souhaitable de désobéir. Mais si un ministre incite ouvertement au non-respect d’une partie des lois de la République et des décisions de justice, comment l’autorité de l’État peut-elle continuer
à s’exercer ?
Last but not least : le Malien
reconduit à la frontière aurait purgé une peine de prison pour viol aggravé sur mineur. La circonstance que le ministre ignorait cet élément n’atténue pas son inconséquence : en prenant
parti, par principe, pour l’étranger contre l’État républicain et ses fonctionnaires, il correspond parfaitement à la célèbre définition de Rousseau qui vitupérait « ceux qui aiment les
Tartares pour se dispenser d’aimer leurs voisins ». Il est représentatif de cette gauche pour qui le général Philippe Schmitt, dont le seul tort est d’avoir eu la douleur de perdre sa
fille Anne-Lorraine, tuée par un multirécidiviste, mérite d’être accroché au « mur des cons ». Il est représentatif de cette gauche dont la conscience morale est Robert
Badinter, avocat de Patrick Henry, assassin de sang-froid du petit Philippe Bertrand, âgé de 8 ans. Cette gauche qui se veut l’incarnation du bien mais défend, d’abord et avant tout, les
criminels et les salauds, contre les victimes et les honnêtes gens.
Alors, monsieur le président de la République, tenez enfin une de vos promesses : pratiquez le tri sélectif, et jetez donc ce déchet vert… au broyeur !
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