Bernard Mazières, les bobos et la décadence
Bernard Mazières est un journaliste à la retraite (France 3, RMC, L’Express, Le Parisien) depuis peu ce 24 décembre 2010 quand il est retrouvé
assassiné. Il vivait avec le fils qu’il pensait avoir eu avec sa femme. Son ex-femme. Le fils savait, lui, qu’il n’était pas son père biologique. L’enquête conclut rapidement à son implication.
Il a recruté Dany Manfoumbi, son pote de soirée, un étranger drogué, condamné (à 30 mois de prison !) par le passé pour avoir égorgé un homme, pour tuer son père. Le fils vient d’être condamné à
13 ans de prison, le meurtrier, poursuivi en plus pour vol et escroquerie, a écopé de 20 ans.
Une histoire digne du monde moderne. Lucas Mazières est
élevé au sein de la jeunesse « dorée » du milieu bobo parisien. Il incarne « le “milieu parisien”, celui qui évolue entre les 6e et
7e arrondissements, entre bonne conscience et intelligentsia » rapporte le Nouvel Observateur. « Bernard était très fier de son fils mais assez
débordé aussi. Il avait rarement le dernier mot. Il y avait un mélange poignant [sic] de passion et de manque d’autorité » rapporte un ami. Il vit entre ses deux parents
(sa mère avait plus de 20 ans de moins que son père et divorça après 3 ans de mariage) qui le couvrent de cadeau, le mettent dans les écoles plus cotées. « Il appelait son fils tous
les soirs, vers 19h30, pour s’assurer qu’il avait fait ses devoirs. Les choses étaient un peu compliquées mais très ordinaires pour notre milieu. Rien d’anormal, en somme » dit un autre.
Rien d’anormal : à 14 ans, Lucas est déjà tombé dans la drogue. Il est renvoyé de l’école, passe ses nuits en boîte, sèche les cours. Après le cannabis, l’ecstasy, le LSD, la cocaïne.
« Bernard était séducteur, bon
vivant, élégant, drôle, hyper convivial […] » dit-on de lui. Plus clairement : « il avait un problème avec l’alcool et n’était pas un très bon modèle paternel ». Un bobo de gauche,
héros des temps modernes. Mort, tué à coups de marteau avant d’être égorgé par un Africain issu du même monde décadent que lui et son fils ; c’est ce dernier qui acheté et donné l’arme du crime
avant d’introduire le meurtrier chez lui.
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