Affaire Isnard : Roland Chastain, professeur de philosophie, envoie une lettre ouverte à Luc Chatel
[...] J’ai remarqué que vos parents — qui,
soit dit en passant, ne vous ont pas avorté, autrement vous n’auriez pas révoqué mon collègue — que vos parents, disais-je, vous ont donné, avec la vie, le prénom d’un apôtre. Mais j’ai bien
conscience que cela ne prouve rien. Un prénom chrétien, cela n’empêche pas d’être franc-maçon, démocrate ou Dieu sait quoi d’autre.
Du reste, j’ai plusieurs fois constaté qu’on pouvait être à la fois chrétien et démocrate. Je n’ai jamais trop compris comment, mais il y a des gens qui m’ont assuré que c’est possible. Pour moi,
un chrétien démocrate, c’est quelqu’un qui voudrait
bien
que Pilate relâche le Christ plutôt que Barabbas, si tout le monde était d’accord ; mais qui n’a pas le courage de s’opposer à la populace et qui se cherche des raisons pour couvrir sa honte.
Car l’un des deux seulement peut être gracié : ou Jésus-Christ ou Barabbas. Pilate ne veut en relâcher qu’un, de sorte qu’on est obligé de choisir ou l’un ou l’autre. De même, il est clair qu’on ne peut pas à la fois promouvoir dans les écoles de France le dévergondage et l’infanticide qui en est la suite naturelle, et permettre qu’on cherche à éclairer les consciences. Il faut nécessairement choisir entre dépraver et éduquer. Quel choix, Monsieur le Ministre, voulez-vous que nous fassions ?
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