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Le blog politique de Thomas JOLY

Face à la toute-puissance des dealers, l’OPAC de l’Oise exfiltre ses locataires

24 Février 2017, 07:31am

Publié par Thomas Joly

L’affaire avait déjà été évoquée dans les médias en janvier dernier et les mesures annoncées. Un mois plus tard, Arnaud Dumontier, le président de l’OPAC (Office public d’aménagement et de construction) de l’Oise est passé à l’action : devant l’incurie de l’État face aux trafiquants qui « tiennent » une cité HLM, il mure les tours et déménage les familles. Pour leur sécurité.

Après « Les Grandes Gueules » de RMC, après Le Parisien, c’est France 5 qui évoquait, mercredi soir, le drame des habitants de la cité du Clos-des-Roses à Compiègne. Reçu par Axel de Tarlé pour « C à dire ?! », Arnaud Dumontier y décrivait cette réalité que nos politiques persistent à vouloir ignorer : « Plus personne ne rentre facilement au Clos-des-Roses. C’est réputé comme un supermarché de la drogue. Ici, une vitre a été brisée pour que les guetteurs puissent alerter les autres trafiquants si les forces de sécurité, à qui je rends hommage, pénètrent dans ce quartier. Vous avez des vannes et des réseaux d’électricité qui ont été arrachés […] Des vannes de gaz ont été manipulées et des systèmes incendie sont systématiquement détruits. C’est un état de barbarie qui prévaut aujourd’hui sur le quartier » où se côtoient deux types de trafic : drogue et prostitution, car « les femmes viennent donner leur corps en échange d’une dose ».

Non seulement la vie est devenue impossible pour les résidents de trois cages d’escalier, mais du fait des déprédations évoquées ci-dessus, plusieurs rapports annoncent « un risque imminent d’une explosion ou d’un incendie ».

C’est donc pour protéger les habitants dont il est tenu d’assurer la sécurité que le président de l’OPAC a décidé d’évacuer les 24 familles exposées et de murer les bâtiments. « Nous assumons nous-mêmes les déménagements financièrement ainsi que la différence de loyer si elle existe pour ne pas que les locataires subissent ce que j’appelle une triple peine : le trafic de drogue, l’abandon de l’État de droit et l’OPAC de l’Oise qui ne prend pas ses responsabilités. »

Une opération qui ne s’est pas déroulée sans risques. En effet, comme le précise Arnaud Dumontier : « Les déménagements doivent avoir lieu au plus tôt de la journée lorsque les trafiquants dorment encore. Nous avions prévu un deuxième déménagement dont les conditions ont été très compliquées à mettre en place dans la mesure où les trafiquants ont agressé à la fois les vigiles et les déménageurs. »

Où est l’État, dans tout cela ? Il est inexistant. M. Dumontier a été reçu au ministère de l’Intérieur en juin dernier. Pour rien. Depuis, Bernard Cazeneuve est devenu Premier ministre, sans plus de résultats. « J’en veux aux pouvoirs publics qui ferment les yeux sur une situation connue de tous depuis longtemps », ajoute-t-il. D’autant que tous ces trafics qui nourrissent une « économie parallèle » sont, sauf pour ceux qui les côtoient au quotidien, une façon d’éviter le pire…

« La détermination de ces trafiquants, que j’appelle des “prédateurs”, est proportionnelle aux rémunérations qu’ils retirent de ce trafic de drogue. C’est 200.000 à 300.000 euros par mois », dit Arnaud Dumontier. « Un trafiquant gagne 3.000 euros par jour. C’est déjà un système de gangs qui est mis en place. C’est 60 à 80 jeunes qui tiennent ce quartier. » Et qui se savent quasiment assurés de l’impunité…

Quant au Président Hollande, accouru ventre à terre au chevet du malheureux Theo, il ne témoignera évidemment aucune compassion aux habitants du Clos-des-Roses. Ces victimes-là sont, pour sa clique, de bien peu d’intérêt…

Marie Delarue

Source : http://www.bvoltaire.fr

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