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Le blog politique de Thomas JOLY

AK-47 ? Y’a qu’à ! (par Marie Delarue)

26 Août 2015, 05:27am

Publié par Thomas Joly

On se demandait ce qu’on allait bien pouvoir faire des portiques de l’écotaxe, installés à grands frais et pas encore désinstallés pour encore plus cher. C’est trouvé : on va les mettre dans les gares.

Merci donc à Ayoub El Khazzani qui, par son attentat avorté, offre à notre sémillante ministre de l’Écologie, et accessoirement des Transports, l’occasion de recycler un matériel payé à prix d’or par le contribuable et abandonné par lâcheté politique.

Car Ségolène l’a dit sur i>Télé : en réponse aux inquiétudes des Français, elle préconise l’installation de portiques. « On pourrait commencer par les trains qui franchissent les frontières », avec un renforcement des « moyens humains, militaires et policiers », dit la dame. Ben tiens. Renforce, ma belle. D’accord, on va peut-être devoir bricoler un peu, tailler ici et rogner là. Mais bon, si on peut recycler, hein…

Enfin, je ne sais pas, vous, mais moi, je suis drôlement rassurée : depuis que j’ai lu le papier de mon ami Jany Leroy, je sais que ces gens-là s’occupent de nous. Eh bien : big mother is watching you toujours et partout, Allô Manuel au 3137, Ségolène et les portiques… Non, franchement, y a plus de soucis à se faire.

C’est simple, d’ailleurs, un journaliste belge a fait le test. Rassurant, comme vous allez le voir.

Son gouvernement et le nôtre ayant assuré une immédiate « intensification des mesures de sécurité dans le Thalys et les grandes lignes ferroviaires internationales » avec, pour commencer, « intensification des patrouilles dans les Thalys, mais aussi dans les gares », un journaliste de La Dernière Heure a donc pris le TGV Bruxelles-Nice de 11 h 27 le lundi 24 août. Pour bagage : un sac à doc avec une kalachnikov factice dont le canon dépassait ostensiblement.

Aucun contrôle au départ en gare de Bruxelles. Notre voyageur prend place voiture 6, se lève à plusieurs reprises, laissant son sac sur le siège le temps d’aller aux toilettes, puis à la voiture-bar. Personne ne réagit. Il descend en gare de Lille-Europe, y croise trois militaires du plan Vigipirate. Ils ne bronchent pas, alors il va carrément s’approcher de l’un d’eux pour demander son chemin. Toujours rien. Notre journaliste-terroriste enfile alors un gilet à capuche, met des lunettes noires histoire d’avoir « vraiment l’air d’un mec suspect ». Pas plus de réactions. Il décide alors de prendre l’Eurostar, ce qui est en principe beaucoup plus compliqué. On nous explique en effet abondamment, depuis vendredi dernier, que les contrôles sont drastiques à l’embarquement puisqu’on quitte l’espace Schengen pour le libertaire Royaume-Uni…

Néanmoins, bien qu’ayant soigné sa tenue et portant toujours son arme dans le dos, notre bonhomme a embarqué sans aucun problème : pas d’enregistrement, pas de portique de sécurité, pas de contrôle des billets. Cela en gare de Lille-Europe, rappelons-le à monsieur Pepy. Il a recommencé son manège dans l’Eurostar : abandon du sac sur le fauteuil, visites furtives au bar et aux toilettes… Et il est arrivé tranquillement à Londres St. Pancras.

Sa réponse aux coups de menton de nos politiques : « Nous sommes entrés dans un train comme on entre dans un moulin 72 heures après un attentat déjoué. […] Quant aux contrôles renforcés promis par le gouvernement, on imagine qu’ils sont restés bloqués en gare. » Bref, dit-il, « la sécurité commence dans le regard, responsable et pas malsain, de chacun ». Manifestement, ce n’est pas gagné…

Source : http://www.bvoltaire.fr

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