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Le blog politique de Thomas JOLY

Pénuries, croissance, inflation : la situation économique de la France sous Macron a de quoi inquiéter

13 Mai 2022, 06:04am

Publié par Thomas Joly

Quand la Banque de France elle-même vient tirer le bilan de l’État macronien, difficile de parler de diatribe à charge. Et pourtant… L’institution n'agite pas vraiment les palmes d'un franc succès. L’économie française ressemble de plus en plus à l’économie de la non regrettée… Union soviétique : pénuries dans les magasins, inflation galopante, déficits monstrueux, difficultés d’approvisionnement pour les entreprises… On ne parle pas du poids de l’État ni des réglementations tatillonnes installées en France de vieille date et qui ont résisté à tous les régimes. Selon les chefs d’entreprise participant à cette enquête de conjoncture (environ 8.500 entreprises ou établissements interrogés entre le 27 avril et le 4 mai), les sources d’inquiétude ne manquent pas. Certes, « la guerre en Ukraine et les mesures de confinement en Chine ont continué de marquer l’économie française en avril », note la Banque de France. Et le guide suprême qui réside à l’Élysée n’y est pour rien. Bonne fille, la banque ne compare pas ses chiffres ni ses prévisions avec les pays voisins de la France. Ca pourrait faire plus mal encore.

Mais elle prévient : les prix vont monter pendant que la richesse nationale, le fameux PIB (produit intérieur brut) patinera dans les grandes largeurs : « Sous réserve des évolutions à venir en juin, nous anticipons à ce stade une progression modérée du PIB au deuxième trimestre 2022, autour de +0,2 % par rapport au trimestre précédent », explique notre banque nationale. Pas de quoi illuminer la salle des fêtes de l’Élysée… L’économie française redécouvre, en 2022, les joies de la pénurie. « La part des chefs d’entreprise qui jugent que les difficultés d’approvisionnement ont pesé sur leur activité augmente dans l’industrie (65 %, soit son plus haut niveau depuis l’introduction de cette question en mai 2021, après 60 % le mois dernier) », poursuit la Banque de France, qui précise que « les stocks de produits finis sont jugés particulièrement bas dans les secteurs agroalimentaire et automobile, témoignant de la persistance des difficultés d’approvisionnement ». Il faudra mettre au clair ce que cette situation doit à la merveilleuse mondialisation de Macron et ses prédécesseurs, cette mondialisation qui a ouvert nos frontières aux quatre vents et nous a rendus dépendants de l’étranger pour tant de secteurs dans lesquels nous étions un pays puissant - en premier lieu l’agriculture. Pour les chefs d’entreprise interrogés, « l’augmentation des difficultés d’approvisionnement s’accompagne de hausses des prix des matières premières et surtout ce mois‑ci, de façon décalée, des produits finis », note froidement l’institution. Autrement dit, nous n’avons pas fini d’assister à la valse des étiquettes.

Pendant ce temps, l’économie française est en panne. « Sous réserve des évolutions à venir en juin, et dans un contexte toujours fortement incertain, la hausse du PIB au deuxième trimestre 2022 s’établirait autour de +0,2 % par rapport au trimestre précédent », note la Banque de France. On va donc attendre avant d’acheter le champagne en l’honneur des résultats superlatifs du Président Macron. L’homme qui écrasait de son mépris Marine Le Pen sur les thèmes économiques durant le débat d’entre-deux-tours de 2017 n’a toujours pas fait d’étincelles, c’est le moins qu’on puisse dire.

Le coup de grâce est donné par l’Institut national de la statistique, qui prévoit lui aussi une croissance modeste accompagnée d’une inflation galopante, comme on ne l’avait pas vue depuis très longtemps : de 4,8 % en avril (estimation provisoire de l’INSEE), elle devrait dépasser les 5 % en mai et atteindre les 5,4 % en juin, sous la poussée des prix de l’alimentaire (+6,3 % prévus en juin) et des prix de l’énergie (+26 %) en juin. Résultat : la Macronie laisse aux Français leurs yeux pour pleurer… : un pouvoir d’achat en baisse de 0,5 point au deuxième trimestre après un recul de 1,5 point au premier trimestre. Le tout, malgré les faux cadeaux de la remise carburant ou du bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité.

À ce désastre, les M. et Mme Mauvaise Foi qui pullulent dans les sphères gouvernementales et parmi leurs obligés médiatiques ajouteront : « Avec Le Pen ou Zemmour, cela aurait été pire. » Il n'y a rien à répondre. Comme disent les rationalistes de comptoir, « là, on est dans la croyance »...

Marc Baudriller

Source : http://bvoltaire.fr

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Hommage à Jeanne d'Arc - Montretout (08/05/22)

12 Mai 2022, 11:35am

Publié par Thomas Joly

Hommage à Jeanne d'Arc - Montretout (08/05/22)
Hommage à Jeanne d'Arc - Montretout (08/05/22)
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Hommage à Jeanne d'Arc - Montretout (08/05/22)
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Hommage à Jeanne d'Arc - Montretout (08/05/22)
Hommage à Jeanne d'Arc - Montretout (08/05/22)
Hommage à Jeanne d'Arc - Montretout (08/05/22)

Dimanche 8 mai, le Parti de la France a honoré Jeanne d'Arc dans la demeure historique de Jean-Marie Le Pen au Parc de Montretout à Saint-Cloud.

Souffrant, le maître des lieux n'a pu, à son grand regret, être parmi nous. Sa femme Jany et le Colonel Patrick Hays se sont chargés de le représenter.

Après un hommage à la statue de Sainte Jeanne d'Arc lors duquel sont intervenus Thomas Joly (Président du Parti de la France), Roland Hélie (Directeur de Synthèse nationale) et Jany Le Pen, les convives se sont restaurés autour d'un cochon grillé dans le jardin de la propriété, dans une ambiance de franche camaraderie.

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Éric Zemmour candidat dans la 4e circonscription du Var

12 Mai 2022, 11:32am

Publié par Thomas Joly

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Mélanie Fortier ou l'imbécile parité

11 Mai 2022, 10:36am

Publié par Thomas Joly

 

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Embargo sur le pétrole russe : vers une nouvelle fracture européenne ?

11 Mai 2022, 06:04am

Publié par Thomas Joly

Clément Beaune, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, l’a affirmé : la Russie subira un « sixième paquet de sanctions européennes », parmi lesquelles le controversé embargo sur les importations de pétrole russe. Une décision qui ne fait pas l’unanimité au sein des 27 pays membres de l’Union européenne, notamment à l’Est. La Hongrie, la Lituanie ou encore la Slovaquie s’opposent à une application trop rapide et sans concession d’un choix politique aux conséquences lourdes. L’expert en énergie Philippe Charlez rappelait, récemment, dans nos colonnes à quel point la dépendance énergétique des pays d’Europe de l’Est à la Russie les contraignait à tempérer la véhémence de Bruxelles vis-à-vis de Vladimir Poutine.

Le spécialiste de l’Europe de l’Est Max-Erwann Gastineau, interrogé par Boulevard Voltaire, rappelle que le Premier ministre Hongrois Viktor Orbán tire sa légitimité électorale de sa défense des intérêts du peuple hongrois, quitte à engager de nombreux bras de fer avec l’Union européenne. Ce fut le cas à propos de la politique de répartition migratoire souhaitée par Bruxelles. Pour le gouvernement hongrois, imposer un embargo sur le pétrole russe dans les conditions actuelles serait « inacceptable ». Depuis le début de la guerre en Ukraine, Viktor Orbán s’efforce de maintenir un dialogue courtois avec le président Poutine et refuse d’engager trop son pays dans une guerre qui, dit-il, « n’est pas la nôtre ». Le rapprochement économique opéré entre la Hongrie et la Russie depuis les années 2010 et l’accession au pouvoir d’Orbán ne sont évidemment pas étrangers à une telle volonté. C’est d’ailleurs là, comme le rappelle Max-Erwann Gastineau, « une dissension réelle entre la Hongrie et la Pologne, deux pays qui, en temps normal, sont très souvent en accord sur leurs politiques intérieures et extérieures ». Il est vrai que la Pologne, pour d’évidentes raisons historiques, est particulièrement hostile à la Russie de Poutine et très active dans son soutien au gouvernement ukrainien de Zelensky, là où la Hongrie fait preuve de plus de nuances.

Le gouvernement hongrois, donc, en l’état actuel des choses, refuse de s’engager en faveur d’un embargo généralisé sur le pétrole russe. Afin de mieux comprendre ses motivations, Boulevard Voltaire a interrogé Balázs Hidvéghi, député européen rattaché au Fidezs, le parti politique de Viktor Orbán. « Cet embargo, c’est une ligne rouge pour nous, explique-t-il. On ne peut pas arrêter le fonctionnement de notre économie et payer un prix aussi dur ! Cette décision sera bien plus terrible pour nous que pour les Russes. »

À la question de savoir si cette nouvelle dissension entre Bruxelles et Budapest aura des conséquences sur les relations UE-Hongrie, Balázs Hidvéghi répond : « Si Bruxelles veut que l’on reste unis, il faut tenir compte des différentes situations géographiques, industrielles et économiques du monde européen. […] Nous avons investi des milliards d’euros dans la construction d’un pipeline avec la Russie, nous ne pouvons pas tout faire disparaître comme ça, en quelques mois comme en quelques années. »

Si l’Union européenne, avec Ursula von der Leyen, qui s’est rendue, lundi 9 mai, à Budapest pour rencontrer Orbán, promet d’accorder des délais plus longs pour les pays les plus dépendants, pouvant s’étendre jusqu’à 2025, la Hongrie sera intransigeante. « La sécurité énergétique doit être une condition pour d’éventuelles négociations, que nous sommes prêts à mener », assure Balázs Hidvéghi. « Il est toujours bon de diversifier nos apports énergétiques, mais Bruxelles doit garantir qu’elle financera des projets d’oléoducs gaziers ou pétroliers ou bien un accès prioritaires aux livraisons de GNL » (gaz liquéfié, en provenance des États-Unis notamment.)

La volonté de l’Union européenne à vouloir sanctionner toujours plus la Russie trouve, in fine, des obstacles au sein même de l’Europe. Le fraîchement réélu Emmanuel Macron, qui ne cache pas sa vision d'une Europe quasi fédérale, devra, s’il veut aller au bout de son projet, composer avec les particularités économiques et politiques de chaque pays, et notamment de ceux dont les intérêts divergent avec Bruxelles, comme c’est le cas de plusieurs nations d’Europe de l’Est. La question de l’embargo sur le pétrole russe, à peine annoncé, fracture déjà une Union plus fragile que jamais. Les prochaines années diront si les visions fédéralistes de Macron et de von der Leyen ont ou non un avenir.

Geoffroy Antoine

Source : http://bvoltaire.fr

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Législatives : l'islamo-gauchiste Taha Bouhafs renonce

10 Mai 2022, 14:35pm

Publié par Thomas Joly

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Au lieu de la mondialisation heureuse, l’extension de la pénurie

10 Mai 2022, 06:25am

Publié par Thomas Joly

C’était beau, c’était bien, c’était grand, c’était généreux. Surtout, ça allait tout régler : la mondialisation allait nous apporter la paix, le bonheur, la migration heureuse et le gavage à toute heure. La réalité nous explose à la figure : en fait de mondialisation heureuse, nous découvrons l’asservissement énergétique, le déclassement économique, l’immigration de peuplement et l’extension du domaine de la pénurie.

Qu’à cela ne tienne, nos têtes chercheuses euromondialistes ne voient de salut que dans la fuite en avant. Ainsi le bruit court d’un projet d’extension de l’Europe de 27 à… 37 ! C’est déjà la cacophonie ? Pas grave, plus on est de fous, plus on rit. La perspective est pourtant sérieuse puisque Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, expliquait, ce lundi matin, sur Europe 1, que cela risquait toutefois de poser des problèmes structurels car « on ne fonctionne pas à vingt-huit ou à vingt-sept comme on fonctionnait à six ou à neuf ou à douze, et on ne fonctionnera pas à trente-sept (sic) comme on fonctionne aujourd'hui à vingt-sept ».

Bien sûr, on sous-entend que cet élargissement forcené vers l’Est est une autre forme de soutien à l’Ukraine qui, vite fait bien fait, rejoindrait alors la Turquie, la Macédoine du Nord, le Monténégro, la Serbie et l'Albanie… avec sans doute, en prime, quelques joyeuses mafias caucasiennes. Et qu’importe si la non-adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne et son entrée dans l’OTAN constituent le pivot des négociations de paix avec la Russie. Et tant pis si, de ce fait, le monde court à bride abattue vers une pénurie dramatique de gaz, de pétrole et de denrées alimentaires de première nécessité.

Pourquoi ? Parce que l’Europe n’est pas souveraine. Elle fait et va là où les États-Unis lui disent d’aller et de faire. La pénurie s’installe et absorber dix États de plus dans l’Union européenne n’y changera évidemment rien. Les prix s’envolent et les rayons se vident : plus d’huile, des pâtes bientôt au prix du caviar… Exemple de l’absurdité du temps par la moutarde qui ne nous montera plus au nez : alors que les Français croyaient encore que la moutarde est un produit français, on découvre tout à coup que les graines nous viennent en priorité du Canada et de Russie. Sécheresse ici, sanctions là : fin de la moutarde ! Quant à l’huile de tournesol, on la qualifie maintenant de « nouvel or jaune », tant elle se fait rare. Les prix, ce printemps, ont augmenté en moyenne de 7 à 8 %.

Si les rayons se vident, c’est parce que les Français font des stocks, dit Michel-Édouard Leclerc, patron des magasins du même nom : « En France, aujourd’hui, il n’y a pas de pénurie pour la consommation courante et il n’y en aura pas jusqu’à l’été », a-t-il déclaré sur BFM TV, voilà un mois (3/4/2022). S’agissant des pâtes, « il y en a », dit-il, mais pour combien de temps, sachant que « pour l’huile de tournesol, nos stocks vont jusqu’à juin » ? Et la viande ? L’Ukraine fournit 30 à 40 % du marché européen de certains maïs, donc l’alimentation pour le bétail va augmenter et entraîner un coût de production pour la viande. Et le blé ? Si la crise se poursuit à l’Est - ce qui est plus que probable -, nous allons connaître une crise mondiale, particulièrement dramatique autour de la Méditerranée, au Maghreb et en Égypte.

On va tenir jusqu’à l’été, disait Michel-Édouard Leclerc, il y a un mois. Mais l’été, c’est demain ! Et après ? Après, il faudra en plus rogner sur l’énergie et se préparer à grelotter. Nous avons abdiqué sur tous les plans, confié à d’autres l’entière gestion de nos vies. Nous voilà maintenant au pied du mur.

Marie Delarue

Source : http://bvoltaire.fr

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Un ballet insensé et désynchronisé pour représenter l’Europe : quelle idée de génie !

10 Mai 2022, 06:06am

Publié par Thomas Joly

Le « nouveau président », comme il s’est désigné lui-même lors de son discours d’investiture fourmille visiblement de nouvelles idées pour son « nouveau peuple », comme il a qualifié (aussi) les Français.

Ainsi cette curieuse chorégraphie, dans l’hémicycle du Parlement européen, intitulée « Danse l’Europe » pour fêter la fondation de l'Europe. Une contorsion lente de danseurs désynchronisés, ponctuée d’injonctions lénifiantes et insensées - « Relève-toi et fais quelques pas, tu es face à un rideau de lierre, avec une main écarte le rideau, traverseun long couloir, tu retrouves la cascade… » - (sic), quelque-part entre la séance d’hypnose et le cours de yoga pour consultant McKinsey stressé par sa journée de boulot. Pour la députée européenne (Modem) Laurence Farreng, cette danse place la Conférence pour l’avenir de l’Europe sous « le signe de la culture ». Cette niaiserie passablement ridicule est donc tout ce que la France peut offrir à l’Europe en matière culturelle ?

Allez, quand même un point positif pour ce petit spectacle : ce n’est sans doute pas volontaire, mais l’allégorie n’est pas mal trouvée… une partition absurde sortant de nulle part, exécutée - dans tous les sens du termes - par des artistes incapables de jouer à l’unisson. Bref, l’Europe.

Puisque l’Europe ne fonctionne pas, que les Français la trouvent trop pesante - comme le montre la majorité écrasante que représente, tous bords confondus, l’addition des votes « protestataires » à la dernière présidentielle -, on pourrait espérer en toute logique aller vers moins d'Europe ? Penses-tu. Soignons le mal par le mal et la fuite en avant. L’ancien peuple a fait une indigestion d’Europe dans le précédent quinquennat de l’ancien président ?  Le nouveau peuple reprendra bien un peu (beaucoup) d’Europe avec le nouveau président ! Celle-ci va croître en volume - la France soutenue par l’Allemagne entrebâille la porte pour l’Ukraine par le biais d’une « communauté politique européenne » -, et en pouvoir, puisque Emmanuel Macron, marchant dans les pas d’Ursula von der Leyen, s’est déclaré favorable à la généralisation, pour les prises de décision, du vote à la majorité qualifiée. Le traité de Lisbonne - rentré en France par effraction et par la ruse de Nicolas Sarkozy alors qu’une majorité de Français avait rejeté le traité de Constitution européenne - prévoyait qu’un certain nombre de domaines resteraient soumis à la règle de l’unanimité. Ce champ s’est réduit au fil des années mais il reste encore en vigueur pour la politique étrangère, l’immigration, la justice, la fiscalité… sa totale disparition se rapproche dangereusement. En arrière-fond, il y a bien sûr le débat autour de l’embargo sur le pétrole russe qui rencontre l’opposition farouche de trois États, dont la Hongrie.

Si Emmanuel Macron est fluctuant pour à peu près tout, une sorte de président Pénélope qui défait la nuit ce qu’il a fait le jour - nucléaire, voile islamique, retraite, baccalauréat - il est point, un seul, sur lequel, droit dans ses bottes, il a une vision : c’est l’Europe. Il n'a d'ailleurs pris personne en traitre, il a prévenu : l’élection présidentielle serait, avait-il affirmé, « un référendum sur l’Europe ». Et son Europe à lui, impossible d'en douter, est fédérale.

Mais pour arriver à ses fins, pourra-t-il réellement faire l'économie d'un référendum ? C'est le dernier (maigre) espoir pour ceux qui sont attachés à la souveraineté des États.

En attendant, aujourd’hui, pour la troisième fois, le drapeau européen flotte seul sous l’Arc de Triomphe, dans une relative indifférence. Les Français s’y sont habitués. Ce serait donc ça le nouveau peuple au sens où l’entend Emmanuel Macron ? Docile et résigné ?

Gabrielle Cluzel

Source : http://bvoltaire.fr

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Euthanasie : grande « réforme sociétale » du quinquennat qui vient

9 Mai 2022, 06:33am

Publié par Thomas Joly

Le 2 mai dernier, un vétérinaire, jugé pour faux et usage de faux, était poursuivi par la Justice pour avoir rédigé en 2019 une fausse ordonnance pour aider à mourir un de ses amis âgé de 60 ans qui souffrait de la maladie de Charcot. Il a été relaxé par le tribunal correctionnel d’Angers. Les juges se sont exprimés : « Il y avait état de nécessité, il ne s’agissait pas de sauvegarder la personne mais d’éviter qu’elle souffre... », a rapporté Ouest-France.

Maître Barret, l’avocat du prévenu, a plaidé l’ambiguïté du dossier : « Qu’est-ce qu’il aurait fallu faire ? Le laisser à nouveau s’exposer à des souffrances après trois tentatives de suicide ? » Le malade n’avait jamais caché sa volonté de mettre fin à ses jours et le vétérinaire n’a fait que l’aider à accomplir sa volonté, selon l’avocat.

Cette affaire remet sur le devant de la scène le douloureux débat de la fin de vie mais aussi de l’euthanasie et du suicide assisté. On se souvient de l'affaire Vincent Lambert. Le patient était plongé dans un état végétatif chronique à la suite d’un accident de la route. Les membres de sa famille furent en conflit quant aux suites à donner : stopper son traitement, continuer à le garder en vie ou bien le mener vers la mort assistée ? Après des années de procédures judiciaires, Vincent Lambert mourut le 11 juillet 2019 après huit jours d’agonie suite à l’arrêt total des traitements et de l’alimentation qui le maintenaient en vie.

En 2017, le député Olivier Falorni (PRG) déposa une proposition de loi sur la fin de vie : « » Une fin de vie libre est choisie. » Il en appelait « au gouvernement et à la majorité » pour que le débat se poursuive. Mais plus de 3.000 amendements furent déposés. L’examen de la proposition de loi n’arrivera jamais à son terme.

L’article 1er fut cependant adopté, avec l’amendement du député Guillaume Chiche (PS). Cet article ouvre le droit à une « assistance médicalisée active à mourir » : un droit d’accès universel à des soins palliatifs et à un accompagnement dans la fin de vie.

Et les dérives de cette pratique ? On peut les connaître en regardant ce qu'il se passe chez nos voisins belges. L’euthanasie y est légale, même pour les mineurs. C'est ainsi qu'en 2012, par exemple, Mme Godelieve de Troyer fut euthanasiée sans que ses enfants ne soient au courant. Ils furent prévenus le lendemain de sa mort et l'un de ses fils porta plainte. Un exemple parmi d’autres des dérives de la loi de 2002 qui a dépénalisé l'euthanasie en Belgique.

Néanmoins, selon l’IFOP, 93 % des Français considèrent que la loi française devrait autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie des personnes atteintes de maladies insupportables et incurables, si elle le demandent. De plus, 87 % estiment qu’il est urgent que l’Assemblée nationale débatte de ces questions.

Depuis ce lundi 2 mai et cette affaire d'Angers, beaucoup s’expriment sur le sujet. Des associations sont intervenues sur l’affaire, notamment sur Twitter : l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), par exemple. Elle demande la légalisation du droit à l’euthanasie et reproche à la loi sur la fin de vie de n’être pas assez complète.

Rappelons que le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a confirmé, le 11 avril dernier, que la prochaine grande réforme sociétale du nouveau quinquennat serait le « droit à mourir dans la dignité ». L'ancien député des Yvelines Jean-Frédéric Poisson a réagi dans une tribune publiée dans L’Incorrect. Le président de Via, la voie du peuple (ex-PCD) rappelle que « c’est un sujet aux conséquences lourdes, qui concerne chaque Français personnellement, dans son humanité et sur lequel nous ne pouvons pas nous contenter de prendre des décisions hâtives ». Pour lui, la seule solution est de concentrer les investissements et les efforts d’innovation sur les soins palliatifs. Mais ceci a un coût... le coût d'une civilisation.

Capucine Gidoin

Source : http://bvoltaire.fr

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Réinvestiture d'Emmanuel Macron

7 Mai 2022, 15:49pm

Publié par Thomas Joly

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Journal de bord de Jean-Marie Le Pen - N°661

6 Mai 2022, 15:28pm

Publié par Thomas Joly

Sujets abordés : l'union de la gauche aux Législatives, le bobard du réchauffement climatique, la valse des Ministres, le refus du RN de s'allier avec Reconquête, la maladresse d'Éric Zemmour, le risque d'escalade dans le conflit russo-ukrainien, l'inflation, conseils de lecture.

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Affrontements interraciaux à Marseille

6 Mai 2022, 13:45pm

Publié par Thomas Joly

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Macron, sa vie son œuvre : cinq ans de Netflixion !

6 Mai 2022, 06:09am

Publié par Thomas Joly

Il est vraiment extra, notre Président : grand pro de la com', comédien hors pair, en un mot un « Netflixeur », champion de storytelling, comme on dit dans la start-up nation.

De loin en loin, durant son mandat, nous avons eu les petits moments d’autosatisfaction et les singeries sur TikTok. Entre concours de blagounettes et plongées dans l’intimité, Emmanuel Macron a tout essayé : YouTube, Snapchat, Konbini, Brut... Il s’adresse aux jeunes pour toucher leurs parents, dit son entourage. Quand on sait que ce sont les grand-parents qui votent Macron, c’est plutôt rigolo. D’aucuns diront que c’est justement parce qu’ils ne regardent ni YouTube ni Snapchat ni TikTok ; les jeunes, eux, ont d’une part fort peu regardé le cinéma présidentiel et encore moins voté pour lui !

Bref, après « Le Candidat », la série bien léchée diffusée tous les vendredis soir après le compte rendu sur la guerre en Ukraine, voici la nouvelle saison : « 5 ans à l’Élysée.»

Le Président disruptif inaugure ici un nouveau concept : le bilan de soi-même par soi-même après réélection. Jusqu’ici, l’exercice était plutôt fait par les adversaires, mais il était cette fois interdit pour cause de guerre et de pandémie larvée. En cela, rien n’a changé mais la critique est désormais possible : strictement objective et louangeuse, puisque c’est le Président qui brosse son propre bilan et se met en scène. On le comprend, ça évite la contradiction et les rappels désobligeants.

Episode 1 : 2017-2018. Ça commence fort : « 3, 2, 1… Top ! Bonjour, je suis dans mon bureau à l’Élysée et je voulais m’adresser à vous de manière directe… » Il est jeune, il est beau, « toujours dans cet esprit de libérer et de protéger, d’investir dans les femmes et les hommes de notre pays », dit-il. C’était en 2017. La musique enfle et nous emporte, façon symphonie Du Nouveau Monde.

On s’aperçoit que tout, durant ce premier mandat, a été filmé par ses équipes, enregistré, stocké dans les boîtes à images pour être scénarisé. L’objectif est de montrer un quinquennat de souffrances que le jeune père de la nation se sera efforcé d’apaiser. Pour commencer, l’ouragan Irma, sur l’île de Saint-Martin : « On est en train de souffrir et il y a que toi qui peux nous aider », dit l’autochtone. Le ton est donné.

Au fil des épreuves, le jeunot mûrit sous le regard attentif de Brigitte. L’épouse le couve d’un œil maternel, surveille encore l’élève dont on voit la copie : le texte des vœux écrit au stylo-plume, raturé, réécrit. Son Montblanc™ ne le quitte pas, ça fleure bon l’encre fraîche. Vive la République et vive la France ! Belles images de tradition et de culture.

On suit le Président qui court, saute les marches, se penche sur ses dossiers, prend le temps de recevoir le héros du jour, parcourt les champs de bataille dans une grande crise d’« itinérance mémorielle ». Et vante sans cesse sa politique.

Puis, à la 29e minute, surgissent les casseurs de l’Arc de Triomphe. S’ensuit une longue déambulation dans le monument saccagé. Le Président marche, les mains jointes dans le dos. On pense à Napoléon sur le champ de bataille.

« Je pense que les réseaux sociaux désinhibent les gens », dit un Macron qui va en user et abuser comme personne. La foule l’applaudit, réclame l’armée, crie « Ne lâchez rien ! » Un pompier parle d’« hystérisation irrationnelle, complètement déconnectée de toute revendication politique (sic) ». Un gradé de la police parle de « sauvagerie » : « Ils se sont blessés eux-mêmes. » On devine qu’on est passé bien près de la révolution. Pourquoi ? Comment ? Il faut croire que ça n’a aucune importance, parce qu’on n’en dit rien. Les mots « gilets jaunes » ne sont jamais prononcés, celui de « casseurs » non plus. À croire que c’est arrivé comme ça.

« Vous avez protégé nos institutions contre une violence qui n’a aucune raison, que rien ne justifie », a dit Macron aux forces de l’ordre. Le croyait-il vraiment ?

Marie Delarue

Source : http://bvoltaire.fr

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Comment le ramadan transforme de plus en plus la société française

5 Mai 2022, 06:47am

Publié par Thomas Joly

« Pour la première fois depuis 25 ans, ce matin, j’ai vu plusieurs élèves musulmans se boucher ostensiblement les oreilles durant une écoute musicale (ici, cours de 5e ; cours d’éducation musicale, je précise). Les élèves concernés m’ont dit que le fait d’écouter de la musique “cassait leur jeûne” », exprime, décontenancé, un professeur sur le réseau social enseignant neoprofs.org. Il demande des conseils à ses collègues. Il poursuit plus bas : « Certains élèves semblent tellement “conditionnés” par les parents que je doute qu’ils se montrent sensibles à des arguments rationnels venant, qui plus est, d’un non-musulman. » Il ne suffit donc pas de rétorquer, s’appuyant sur l’article R. 511-11 du Code de l’éducation, que « l’obligation d’assiduité qui incombe aux élèves implique notamment qu’ils doivent accomplir tous les travaux écrits et oraux qui leur sont demandés par les enseignants et respecter le contenu des programmes ». D’autant plus que le professeur manifeste une certaine crainte d’offenser les jeunes et de recevoir les foudres de leurs parents.

« Le ramadan est un fait social obligatoire »

Des situations de plus en plus fréquentes. Trop souvent, ce ne sont pas les musulmans en cours de ramadan qui cherchent à s’adapter aux lois et coutumes de la France, mais le contraire. En témoigne l’absentéisme massif le jour de l’aïd, et parfois les journées où il fait trop chaud pendant le ramadan. Les professeurs, même quand ils le déplorent, ne cherchent plus à lutter. Jean-François Chemain, professeur d’histoire-géographie, a enseigné plusieurs années en ZEP (zone d’éducation prioritaire), en banlieue lyonnaise. « Le ramadan est un fait social obligatoire, explique-t-il à Boulevard Voltaire. Les petits musulmans observent les autres, tout le monde en parle, et il s’agit de montrer ostensiblement que l’on ne boit pas et que l’on ne va pas à la cantine. » Pour l’anecdote, il raconte que même lui s’est fait reprendre par une de ses élèves tandis qu’il se rendait à la cantine. Une élève qui n’était même pas musulmane ! « Le fait social est si important que certains non-musulmans font comme les autres pour ne pas être exclus », témoigne-t-il.

Si ces faits s’observent facilement à l’école, d’autres sont marquants en période de ramadan : dans certaines villes de Seine-Saint-Denis, des marchés forains des saveurs s’organisent le soir et les débits de boissons ferment plus tard que d’habitude. Les autorités, souvent par crainte, ferment les yeux sur ces exceptions qui, au fil des années, deviennent des règles.

« Il faut tenir une fermeté politique, tout en gardant une grande bienveillance »

Le maire de Montfermeil (93), Xavier Lemoine, qui fut membre du Parti chrétien-démocrate (PCD) dès sa création, explique à Boulevard Voltaire la difficulté de trouver un positionnement juste et équilibré. « Je fais en sorte que le ramadan reste une démarche privée, pour ne pas contrevenir aux règles de concorde civile. Mais je fais attention à prendre le temps d’expliquer avec fermeté et respect les raisons pour lesquelles il est important que le ramadan ne soit pas le temps d’exceptions dans la loi. » C’est une ligne de crête difficile, mais qui semble porter ses fruits car Xavier Lemoine, qui n’a jamais changé ses positions, est en fonction depuis bientôt vingt ans, avec trois réélections au premier tour ! « Il est fondamental, explique-t-il, de faire la distinction entre les principes et les usages du ramadan, qui peuvent parfois nuire à l’ordre public et les personnes qui vivent ce temps. Il faut tenir une fermeté politique, tout en gardant une grande bienveillance, une attention et un respect aux personnes, car le dialogue n’est possible que dans ces conditions. »

Le ramadan est un indicateur intéressant de la progression de l’islam en France, car il s’agit du fait social le plus respecté des musulmans, comme l’exprimait l’islamologue Yannis Mahil, sur France 2, le 27 avril dernier. Il faut voir l’ampleur du rassemblement de prière pour l’aïd au stade Delaune, en Seine-Saint-Denis, composé par plus de 6.000 personnes, d’après Le Parisien (2/5/2022) ! Une révolution pour la France, qui ne fait que commencer...

Matthieu Chevallier

Source : http://bvoltaire.fr

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Les prochaines élections européennes seront transnationales, vive la post-démocratie !

5 Mai 2022, 05:54am

Publié par Thomas Joly

Les députés européens ont voté, ce mardi 3 mai, le principe de listes transnationales aux prochaines élections européennes. Un pas supplémentaire a donc été franchi dans la mise en place de ce qu’on peut appeler (pour ne pas trop choquer) la société post-démocratique.

Depuis quelques années, « grâce » à François Mitterrand (traité de Maastricht), Nicolas Sarkozy (traité de Lisbonne) et l’ensemble de la classe politique française, le peuple ne peut plus décider de rien du tout, tout en conservant le droit de vote.

En effet, la feuille de route imposée aux peuples a été arrêtée une fois pour toutes dans le texte de traités. Par ailleurs, a été opéré un transfert de la compétence des institutions nationales traditionnelles (gouvernements, parlements) vers des institutions sui generis elles-mêmes chargées de dire aux gouvernements ce qu’ils doivent faire. Gouvernements pouvant partager leurs prérogatives avec des organismes privés par un simple contrat (McKinsey il y a peu, et demain, pourquoi pas, « forum de Davos » ou toute autre structure regroupant les représentants d’intérêts financiers, industriels, commerciaux, médiatiques…).

Et ce qui doit être fait, c’est (traités et décisions des organismes « européens ») : faire fonctionner un système dans lequel capitaux, marchandises, individus circulent librement sur un immense territoire (sous suzeraineté américaine). Sur lequel les institutions nationales sont priées d’utiliser leurs compétences résiduelles pour déréglementer ce qui faisait l’objet d’une réglementation : droit du travail, droit de la fonction publique – avec des fonctionnaires considérés comme des salariés comme les autres (voir, à cet égard, les réformes des corps des ambassadeurs et des préfets et la suppression de l’ENA). Donner au privé ce qui appartenait aux personnes publiques (services publics). Et, de manière générale, favoriser les affaires, indépendamment de toute considération d’intérêt national (vente d’Alstom, entre autres).

Mais pour le fonctionnement de cette société nouvelle, les élections conservent évidemment une partie de leur utilité. Certes, beaucoup de gens ont compris que l’usage du bulletin de vote était devenue une « plaisanterie » : forts pourcentages d’abstention et de votes blancs ou nuls ; propositions de mandat impératif/de révocation d’un élu en cours de mandat, de référendum d’initiative citoyenne, de remplacement de l’élection par un tirage au sort, etc.

Mais la plupart des citoyens croient encore à l’équation : élection = (forcément) démocratie. Surtout ceux (à peu près tout le monde) qui n’ont pas lu les traités ci-dessus (ni quelques autres). Citoyens qui ne ne sont pas aperçus que ces textes les avaient dépouillés de la possibilité d’influer sur la politique. Citoyens, ou plutôt « sujets », aidés dans la pratique de l’ignorance par une propagande habilement menée qui leur fait croire que l’idée de vivre en Europe selon d’autres règles que les règles actuelles est une monstruosité intellectuelle (cf. les discours des « principaux » candidats à l’élection présidentielle).

Mettre en place des listes « européennes » permet donc de déconnecter encore un peu plus « l’électeur » de « l’élu ». Déjà, avec les listes nationales pour les élections européennes, on ne voyait pas comment il pouvait bien exister un lien « physique » ou de quelque nature que ce soit entre le citoyen et les quelques dizaines de personnes qui allaient faire le travail que les traités leur demandaient de faire (et, pour certaines, qui avaient besoin d’un « job » dans la politique en attendant de redevenir député ou ministre). Avec les listes « européennes », les Français seront « représentés » tant par des Français qu’ils ne connaissent pas que des Allemands, des Polonais ou des politiciens désignés par d’autres chefs de partis, qu’ils connaissent – si l’on peut dire - encore moins.

Ce sera la négation totale de la notion de « représentation », mais les acteurs de la mise en œuvre de la politique non critiquable, non amendable, bénéficieront d’une légitimité, certes factice, mais opérationnelle. Pour faire fonctionner un régime qui n’est plus celui du peuple, par le peuple, pour le peuple.

Marcel Monin

Source : http://bvoltaire.fr

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