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Le blog politique de Thomas JOLY

Vitrolles : la diversité au four (par Luc Deloncle)

16 Juin 2011, 12:16pm

Publié par Thomas Joly

sculpture-de-la-diversite.jpgRions un peu. C’est l’histoire d’un tas de chiffons blancs, entouré à sa base de boules, blanches elle aussi, et surmonté, au sommet, d’une autre boule, dorée, et de deux appendices qui font penser à des feuilles, mais qui ont été voulues, par l’auteur de l’ensemble, comme des ailes. Vous l’aurez compris, il s’agit de ce que, dans le milieu de l’art contemporain, l’on appelle une “sculpture”.

 

Eh oui. Il fut un temps — disons, pour simplifier, du Néolithique jusqu’à la naissance de ma concierge — où le sculpteur était celui qui, partant d’un morceau de pierre, de bois, d’argile ou autre, arrivait à lui donner la forme d’un animal, d’un guerrier, d’une divinité… Eh bien ces temps sont révolus! Aujourd’hui, peut se dire sculpteur celui qui récupère toutes sortes de matériaux, les attache avec des bouts de ficelle ou les passe dans des machines-outils, de façon qu’ils ne ressemblent plus à rien de connu dans cette galaxie.

 

C’est le cas pour cet ensemble, baptisé par son auteur, un Marseillais du nom de Patrick Murru, « Sculpture de la Diversité ». Voilà un nom qui était fait pour lui ouvrir toutes les portes…

 

art moderne biteHélas ! Le machin était stocké dans un local municipal de Vitrolles. Et lorsque l’ordre a été donné à des employés municipaux de débarrasser ledit local, ils ne se sont pas rendus compte, les Béotiens, qu’ils étaient en présence d’une œuvre d’art, estimée à 18.000 euros. Ils ont jeté à la benne toutes les cochonneries qui encombraient le local. Y compris l’œuvre qui a, ensuite, été incinérée…

 

Détail délicieux : dans la convention signée par les deux parties, par laquelle l’artiste mettait sa sculpture à disposition de la ville de Vitrolles, cette dernière s’engageait à l’entreposer « dans de bonnes conditions et à l’abri de tout dommage »

 

Les faits se sont déroulés voici un peu plus de deux ans, mais n’ont été rendus publics que ces jours-ci, lorsque l’artiste a saisi le tribunal administratif de Marseille, auquel il demande de condamner la mairie de Vitrolles à lui verser 18.000 euros.

 

On imagine le tollé national, voire mondial, si la mairie de Vitrolles était encore dirigée par Catherine Mégret. Les media unanimes auraient dénoncé cet autodafé digne des « Heures les plus sombres », certains auraient même insisté sur le fait que ce crime annonçait le projet de l’extrême-droite : envoyer la “Diversité” dans des fours…

 

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