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Le blog politique de Thomas JOLY

Supprimer le mot

5 Avril 2012, 08:20am

Publié par Thomas Joly

Obama.jpg« Si j'avais un fils, il ressemblerait à Trayvon Martin. » Barack Obama

 

Le meurtre d'un jeune Noir devient une affaire d'Etat aux Etats-Unis parce que ce jeune ressemble au président des Etats-Unis. En France, le meurtre de jeunes Juifs est plus grave que le meurtre d'une gamine violée et égorgée par un Africain dans des toilettes publiques, car elle n'avait pas l'amabilité de manger casher... Oh ! Je vais un peu loin là. Désolé, c'est juste que... ma petite sœur, elle ressemble à cette gamine. Mais la race ne compte pas, il paraît.

 

Noir tue blancMoi, je n'ai pas la tête qu'aurait le fils d'Obama. Je ne suis qu'un fils de nazi, ou plutôt de fasciste, puisque plus italien qu'allemand. Et si j'avais un fils, il me ressemblerait. Alors si mon gosse ou moi-même se faisait buter par un flic noir, le président américain n'en ferait pas un scandale national, parce que mon visage ne lui serait pas familier, ne le toucherait pas outre mesure. Il serait peut-être peiné en apprenant la nouvelle - Obama a l'air sympathique - mais comme ça, sans plus. De même en France, étrangement, la vie d'un Jérémy Censier semble moins importante que celle d'un Ilan Halimi.

 

Préférer des dirigeants européens en Europe ? "Raciste !" nous disent-t-ils, car la race n'existe pas. On va d'ailleurs supprimer ce mot de la constitution. Une réalité disparaît en même temps que le mot qui la désigne, n'est-ce pas ? C'est peut-être pour ça qu'au milieu des omniprésents "black", "renoi", "beur", "rebeu", "musulman", "école juive" ou "métis", le seul terme interdit est "Français de souche".

 

Henry-Louis-Gates.jpgEn 2009, un homme, en l'occurrence noir, entre dans une maison en forçant la porte. Une voisine qui voit la scène alerte un policier qui s'y rend et demande à cet homme ses papiers d'identité, puisque ce dernier prétend être propriétaire de ce domicile. L'homme refuse et accuse le policier de racisme. Et Obama s'empare de l'affaire pour dénoncer les discriminations aux Etats-Unis de la part des forces de l'ordre.

 

Le grand Barack, le mélange, le surhomme, celui qui est venu nous apprendre que les origines ne comptent pas et que l'on peut tous se voir comme des frères, au-delà des cultures et des ethnies. Sauf qu'Obama, bien que prince de sang mêlé, n'est pas magicien.

 

Cet homme est noir et se voit comme tel. C'est comme ça. Il a été présenté comme noir à la face du monde, et comme Dieudonné et tous les métis de leur type il se sent appartenir d'abord au côté obscur de sa famille. En tout cas du côté du père, comme par hasard. Preuve en est cette intervention du président américain qui, incapable de garder son déguisement de prophète post-racial plus longtemps, n'a pas pu s'empêcher de défendre sa communauté contre la réalité des faits et de reprendre avec vigueur - dans un but de rassemblement des Noirs et des Blancs, certainement - le vieux refrain du visage pâle raciste, coupable hier, aujourd'hui, demain et jusqu'à la fin des temps.

 

USAEpisode qui laisse présager aux Etats-Unis une politique antiraciste, c'est-à-dire contre les Blancs, encore plus puissante qu'auparavant. Un combat de tous les instants contre la vermine fasciste à l'épiderme un peu trop clair qui ose demander ses papiers à un Noir qui défonce la porte d'une maison pour y entrer. Spots publicitaires, programmes scolaires dès la petite enfance, débats télévisés entre intellectuels... la grande danse macabre de cette mélodie du métissage qui sonne aux oreilles de tout fin mélomane comme un "Arrête d'être blanc ça m'énerve !".

 

Pour ceux qui n'avaient pas encore compris, et qui ont sûrement encore du sable dans les cheveux à force d'y plonger la tête, le monde n'est pas fait d'individus pouvant vivre ensemble dans la plus horizontale des égalités, il est fait de groupes d'hommes voulant prendre le pas sur les autres groupes au sein d'un rapport de forces dans lequel le paramètre racial joue et jouera toujours.

 

Martin Luther King avait fait un rêve, il paraît. Ce jour-là il aurait dû faire une nuit blanche. Bien blanche.

 

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