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Le blog politique de Thomas JOLY

Réflexions sur l'émoi au sein du football français (par William Léonard)

1 Mai 2011, 10:08am

Publié par Thomas Joly

france-black-espoir.jpgCela fait quelques heures que je m'interroge. Dois-je perdre de précieuses minutes à commenter un événement qui, comme la plupart de ses petits copains désormais, se commente tout seul, au point de constituer son propre sous-titrage (sur le mode de l'indignation ou de l'éloge béat, l'un constituant une exégèse de l'autre...) ?

L'occasion est pourtant si belle : pourquoi se taire alors qu'on nous sert la tête de notre époque devenue folle sur un plateau ?

Voilà ce qui, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, a bien failli embellir ma journée : des dirigeants du Foutbole Français, via Mediapart, reconnaissent ce que tout le monde sait depuis des lustres, à savoir que la constitutions des zéquipes obéit à des critères raciaux. Jusque là, rien de bien méchant. D'ailleurs, tout le monde le sait : les noirs et les arabes sont sur-représentés sur les terrains (contrairement à ce qui prévaut dans d'autres pays d'Europe). A croire que chez nous, les immigrés du tiers-monde, on les cultive dans des stades, en batterie.

Immigration-pas-voir-dobscenites.gifSans rentrer dans de savantes déductions, on peut néanmoins avancer une hypothèse pour expliquer cet état de fait, hypothèse ayant l'immense mérite de réconcilier toutes les voix, même discordantes, critiquant le Système tel qu'il s'est constitué et tel qu'il perdure. Les penseurs réellement ou prétendument alternatifs s'accordent en effet pour considérer que l'immigration, de travail d'abord, de peuplement ensuite, a placé les nouveaux venus dans une situation d'aliénation vis à vis de la population hôte et de ses institutions.

A cette remarque liminaire, les vrais déboulonneurs d'idoles doivent ajouter que cette aliénation s'exprime à travers une domesticité extrême vis à vis du Système dans toutes ses composantes, et pas du tout, comme on l'entend trop souvent de la bouche des ingénieurs en éloges qui composent la quasi totalité des voix audibles dans notre beau pays, par on ne sait quelle "rebellion" ou "révolte". 

Regularisation.jpgAinsi, l'immigration extra-européenne est placée dans la dépendance financière, au moyen de prébendes, d'allocations, de subventions, de moyens alloués au Social, cette merveilleuse collection de "machins" apparaissant de plus en plus comme une secteur économique en soi, qui plus est florissant à défaut d'être rentable. Cette clientélisation de l'immigration débouche sur des situations sociales assez peu contrastées : chômage intermittent, intérim, glandouille. La main-d'oeuvre, massive, ainsi mise sous le coude par le patronat permet ensuite de peser à la baisse sur les salaires. En effet, la reprise d'un emploi par un individu placé dans une telle domesticité a moins pour objectif d'entretenir le train de vie d'un foyer sur le long terme que de mettre à jour ses droits à l'Assedic. Peu importe le montant gagné : ce qui compte, c'est de pouvoir fournir de la paperasse au Pôle Emploi.


Ribéry drapeau algérienD'autant que le "salarié" arrondit souvent ses fins de mois en donnant dans le "Bizness". Le Sytème fait ainsi le nid d'une économie de la délinquance favorisant l'éclosion d'un lumpen-prolétariat aussi déraciné et ultra-violent que revendicatif (pratiquant le racket de l'état par l'exigence de subventions, par exemple, en l'échange du maintient d'un semblant de paix civile), donc dans une relation de servitude absolue vis-à-vis des institutions, l'immigration/colonisation constituant, en fin de course, et lorsque le besoin s'en fait sentir, le bras armé du Système, au service de son projet de liquidation des classes moyennes et des classes ouvrières historiques (comme on l'observe désormais à chaque manifestation de la jeunesse bobo et ouvrière blanche, sur laquelle sont lâchées les hordes sauvages de casseurs allogènes et de pillards à Keffiehs), c'est à dire des classes sociales traditionnellement attachées à la Vie Publique.


Revenons à présent au foutbole. Que vient-il faire dans cette mise au pas de la masse ? Eh bien, comme le rap (et comme l'est le basquette et le hip-hop aux USA), le foute est très simplement le joli petit hochet que l'on a donné à l'immigration afin que se développe en son sein une idée essentiellement mythologique de la réussite sociale, toute entière indexée sur les valeurs du Système Médiatique, c'est à dire bâtie sur une illusion dont les icônes, façonnées en fonction de leurs cibles marketing, correspondent ethniquement à ceux dont ils doivent produire les rêves, les espoirs et les ambitions. Que Mediapart dévoile un des rouages de la Matrice, c'était donc une assez bonne nouvelle...

pub-antiraciste-foot.gifMais je n'avais rien compris. C'est à dire, en fait, qu'à chaque fois que l'on croit avoir atteint le fond de la fosse, notre penchant naturel à l'espérance nous convainc qu'à présent, c'est fini, on ne pourra descendre, la limite est atteinte, la coupe pleine, etc. Mais non. On creuse, encore et encore, comme les Shaddoks pompaient. En fait, un des principaux enseignements à tirer de l'événement que je me plais ici à commenter, c'est qu'il faut toujours désespérer de notre temps.

Car ce qui agite la crème du monde foutbolistique aujourd'hui, c'est qu'il existerait des quotas raciaux visant (roulements de tambours, cymbale) ...  à discriminer... les noirs et les arabes. Vous ne rêvez pas. Ils sont encore trop peu.
 
Et Pape Diouf, président de l'OM, d'ajouter que "la vérité est simple. Le football français est à l'image de sa société. Il est raciste et il exclut". Et de l'inénarrable intellectuel antillais (il porte des lunettes) Lilian Thuram, d'exprimer son indignation.

Tous-identiques.gifEt oui ! Sous-entendre qu'il y aurait trop de noirs dans les équipes Françaises, c'est un crime inexpiable. Proclamer en revanche qu'on y trouve encore trop de blancs, cela passe, pour le nec-plus-ultra de l'antiracisme - le dire, de préférence devant témoins, c'est d'ailleurs s'assurer une rente morale pour l'éternité. Et tant pis si la réalité observable contredit chaque point de votre argumentation. La réalité, d'ailleurs, on s'en contrefout : c'est sans doute "un détail de l'histoire".

A ce stade, je suis sans voix. Dénoncer le racisme anti-noir dans le foute, c'est un peu comme se plaindre de la présence de serpents en Irlande. Qu'en penser, sinon que l'idéologie anti-raciste commence sérieusement à perdre tout contact avec la réalité ?


C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.


La bonne, c'est que le délire sénile précède de peu le décès - et l'on ne sera pas mécontent de cette disparition. La mauvaise, c'est qu'avant de mourir et de rejoindre les poubelles de l'histoire, l'idéologie a le temps de faire encore beaucoup de dégâts, surtout si elle pense à présent pouvoir faire l'économie du réel dans son ensemble. Tout devra passer dans la grande lessiveuse qui rendra l'univers entier plus noir que noir, car c'est à cette seule condition que le mensonge pourra ne plus apparaître à quiconque comme ce qu'il est.

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