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Le blog politique de Thomas JOLY

Qui sont les casseurs chez PSA Aulnay ? (par Robert Ménard)

24 Janvier 2013, 09:04am

Publié par Thomas Joly

http://cdn.bvoltaire.fr/media/2013/01/psa-aulnay.jpgDifficile dans la presse, la grande presse, d’appeler un chat un chat. Aussi le lecteur, bien décidé à savoir ce qu’il en est, se voit contraint à lire entre les lignes, à interpréter le moindre sous-entendu, à débusquer le réel derrière les euphémismes, à traquer cette novlangue tout entière construite pour ne rien dire qui puisse aller à l’encontre de ce qu’il est convenu, souhaitable de penser…

 

Un exemple ? Les violences, les menaces, les débordements qui accompagnent la grève à l’usine PSA Aulnay. Tout le monde en convient : les syndicats, comme l’encadrement et la direction. Même si chacun en rejette la responsabilité sur l’autre, bien entendu.

 

http://www.leparisien.fr/images/2012/12/12/2401527_11-0-2981694260.jpgSi PSA Aulnay est connu pour sa « combativité », si les grèves qui ont marqué son histoire ont été émaillées de bagarres, jamais elles n’ont pris une telle tournure. Sans parler des menaces de mort, des boîtiers électriques de robots débranchés « pas toujours de manière pro », des câbles sectionnés…

 

Les salariés qui ne s’associent pas à la grève sont pris à partie : « on s’occupera d’eux » menacent les plus excités. Ils ont « la trouille au ventre » reconnaît un représentant syndical. Les grévistes font « régner la terreur » rapporte Le Figaro. La direction parle de « sabotage ».

 

emeute racaillesMais qui sont ces « casseurs » ? Personne dans la presse ne nous le dit ouvertement. Il faut comprendre à demi mot, au détour d’une phrase. Ainsi Le Monde : « Il y a aussi des jeunes qui reproduisent un peu dans l’usine ce qui se passe dans les cités : des clans, des bandes… raconte Henrique, un ouvrier embauché en 1982. Le travail n’est pas leur priorité. »


Pas besoin de beaucoup d’imagination pour mettre des visages sur les « clans », les « bandes ». Mais ne rien en dire alimente les pires clichés. Un peu comme ces mineurs délinquants dont on ne cite jamais les prénoms de peur de les « stigmatiser ». Du coup, dès que, dans les médias, on passe sous silence le nom d’un voyou, chacun imagine, à tort parfois, qu’il s’appelle Mohamed et non Balthazar. Comme à PSA Aulnay.

 

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