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Le blog politique de Thomas JOLY

Les rebelles de l’Armée syrienne libre ? Des barbares… (par Nicolas Gauthier)

12 Septembre 2013, 08:36am

Publié par Thomas Joly

Syrie-execution-sabre.jpgLes lendemains d’euphorie médiatique, ça peut être pire que la gueule de bois. Il n’y a pas si longtemps, l’armada de la Sainte-Alliance démocrate était sur le pied de guerre, fleur au fusil, prête à appareiller pour ne pas manquer le vingt heures de TF1.

 

Face à l’horreur chimique, il fallait venir au secours de l’insurgé syrien et de tous ceux qui, là-bas, versent leur sang pour plus de droits de l’homme et d’ouverture à l’autre. Patatras… Pour cause de renoncement anglais, d’atermoiements américains et de diplomatie russe, François Hollande, qui rêvait de jouer le match retour de Guernica, se retrouve donc en slip sur la banquise. Comme un manchot cul-de-jatte.

 

Pis, le journaliste italien Domenico Quirico, qui vient de passer cinq mois de détention, en tant qu’otage, chez les combattants de la liberté, en raconte de belles, dans Le Monde du 10 septembre dernier. Pauvres lecteurs de la vénérable institution vespérale, qui imaginaient qu’à Damas comme ailleurs, il y avait les gentils insurgés (islamistes modérés et casaque verte) et les méchants du pouvoir (laïcs forcenés et uniforme vert de gris)…

 

http://www.partiantisioniste.com/images/stories/images/syrie_mercenaires_etrangers_01.jpgBizarre, d’ailleurs, cette valse des étiquettes, laïcité de combat et islam de choc pouvant se retrouver, selon les situations et la nature de leurs soutiens politiques, militaires et financiers, du bon ou du mauvais côté de la barrière. Ce que relate Domenico Quirico est d’ailleurs instructif à plus d’un titre. Déjà, ceux qui l’enlèvent, lui et son confrère belge Pierre Piccinin, sont les hommes de l’ASL (Armée syrienne libre), les poulains des médias et les protégés des pouvoirs occidentaux. Lesquels les revendent ensuite à la bande d’un « soi-disant émir qui se fait appeler Abou Omar ». Drôle de pistolet que celui-ci : « Il a formé sa brigade en recrutant des gens du coin, plus bandits qu’islamistes ou révolutionnaires. Cet Abou Omar couvre ses trafics et activités illicites d’un vernis d’islamisme. » Comme en Somalie ou naguère au Mali, pays livrés au chaos.

 

http://s1.lemde.fr/image/2013/03/16/534x0/1849384_6_2ca3_un-enfant-syrien-chante-des-slogans-contre-le_7b12b446e1a77f0a994d3ffc22e84107.jpgParadoxalement, c’est lorsque, étant passés d’un gang à l’autre, les deux journalistes se retrouvent gardés par de véritables djihadistes, ceux de la brigade Jabhat Al-Nosra, qu’ils connaissent un mieux certain dans leurs conditions de détention.

 

« C’est le seul moment où nous avons été traités comme des être humains, et même avec une certaine sympathie : par exemple, ils nous ont nourris de ce qu’ils mangeaient eux-mêmes. Ce sont des guerriers radicaux, des islamistes fanatiques qui ont pour ambition de faire de la Syrie un État islamique et de transformer tout le Moyen-Orient, mais en face de leurs ennemis – parce que nous, chrétiens, occidentaux, nous sommes leurs ennemis –, ils ont le sens de l’honneur et du respect. »


http://www.infosyrie.fr/wp-content/uploads/2012/09/djihad.jpgSoit tout le contraire de ces desperados ayant transformé cinq mois de la vie de ces deux otages en véritable calvaire : « Ils appartenaient à un groupe qui se prétend islamiste mais qui, en réalité, est composé de jeunes déséquilibrés qui sont entrés dans la révolution parce que, désormais, la révolution, ce sont ces groupes à mi-chemin entre banditisme et fanatisme. » Bref, des êtres hybrides, entre culture consumériste et islam rudimentaire : « Ils suivent celui qui leur promet un avenir, qui leur donne des armes, de la force, de l’argent pour acheter leurs téléphones, leurs ordinateurs, leurs vêtements. La marque Adidas est très répandue en Syrie, tout le monde porte des tee-shirts Adidas, des chaussures Adidas, on dirait presque qu’ils sont sponsorisés. »


Ne cherchez pas plus. Nous avons les mêmes à la maison. Sauf qu’ici, vaille que vaille, on tente tout de même de les encabaner et non point d’envoyer des brigades internationales dans les cités pour les « libérer »

 

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