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Le blog politique de Thomas JOLY

Les gentils baby-sitters de Notre Dame des Landes (par Gabrielle Cluzel)

3 Janvier 2013, 12:14pm

Publié par Thomas Joly

Cluzel GabrielleÉpilogue d’une fugue qui aura duré près d’un mois (les deux jeune filles avaient disparu le 4 décembre dernier), Geneviève vient enfin de quitter les « zadeurs » de Notre-Dame-des-Landes pour retrouver sa mère.

 

Une mère infiniment soulagée, après trois semaines d’angoisse durant lesquelles elle sera restée sans nouvelles de sa fille et de son amie Camille — aucun des squatteurs n’ayant jugé utile d’alerter les parents — suivies de longs jours d’impuissance (une fois les adolescentes localisées et Camille récupérée par ses parents) à attendre dans l’incertitude le bon vouloir de Geneviève « coachée » par ses nouveaux protecteurs « zadeurs ».

 

Car Manuel Valls avait été très clair : Les forces de l’ordre n’interviendraient pas pour extraire la dernière des deux mineures fugueuses.

 

opposants-notre-dame-des-landes.jpgIl est vrai que, selon le Procureur de la République de Puy-en-Velay, les jeunes filles n’avaient « pas agi sur un coup de tête », il s’agissait « d’un acte réfléchi, pensé », qui répondait « à un engagement ». Parce que c’est vrai qu’à 16 ans, on a de l’expérience et de la sagesse. On est dans la réflexion, la mesure, et on ne se laisse pas influencer : c’est vraiment le propre de l’adolescence. Bref, si les squatteurs s’opposant à l’aéroport cachaient parmi eux depuis un mois deux jeunes fugueuses, s’ils avaient cogné sur le père de l’une d’entre elles venu récupérer sa fille (le procureur avait concédé que celui-ci souffrait de « quelques ecchymoses »), ce n’était pas du détournement de mineur, c’était de l’accueil de l’autre dans un bel élan plein d’idéal. « L’idéal », c’est d’ailleurs par ce noble mot que le procureur, toujours lui, avait expliqué les motivations des jeunes filles. Rien de plus normal, les grandes luttes écolos font, bien sûr, partie de ces quelques causes bien circonscrites pour lesquelles les adolescents d’aujourd’hui ont encore le droit de s’enflammer.

 

Genevieve-et-Camille-Notre-dame-des-landes.jpgMais, comme vous le savez, nous ne sommes pas gouvernés par des irresponsables. Si décision avait été prise de ne pas récupérer la jeune Geneviève par la force, c’est qu’elle était vraiment en sécurité. On nous disait qu’elle était en bonne santé, qu’elle s’alimentait bien, et qu’elle dormait tranquillement dans une yourte collective. Avec, sans doute, telle Yseult, une épée plantée à son côté pour la protéger. Et comme les activistes qui squattent le lieu sont tous de gentils boy-scouts (qui ne tapent que sur les vilains parents et les méchants flics), en sachant sa fille entre les mains de tels baby-sitters, sa maman pouvait dormir sur ses deux oreilles.

 

La vérité est que le lieu est en train de devenir doucettement une zone de non droit dans laquelle, après d’innombrables et très dures échauffourées, on préfère prudemment ne pas faire intervenir les forces de l’ordre. Une excellente nouvelle pour les délinquants de tous poils, qui vont donc pouvoir se retrouver pour reprendre des forces dans cette belle planque inviolable. Bref, la mère de Geneviève peut réellement se réjouir aujourd’hui que tout cela n’ait duré que trente jours. S’il n’avait fallu compter que sur la détermination du gouvernement, on pouvait aussi bien y être encore l’année prochaine.

 

Gabriac interpeléVous voulez rire cinq minutes ? Imaginez simplement le même scénario non plus dans l’univers béni des anars de gauche mais dans celui des proscrits (je ne sais pas, moi, au hasard, disons l’0pus Dei, la Fraternité Saint Pie X ou, dans un autre genre, [les Jeunesses Nationalistes]) : oui, imaginez l’occupation illicite depuis des mois du lieu d’implantation d’un projet déclaré d’utilité publique, imaginez de violents affrontements avec les forces de l’ordre, imaginez la dissimulation durant des semaines de deux jeunes filles mineures activement recherchées par leurs parents, imaginez lesdits parents molestés et un refus absolu de coopérer et de faire entendre raison aux adolescentes ? Vous n’y parvenez pas ? Moi non plus.

 

Car, évidemment, en moins de 24 heures, ces dangereux contrevenants-là auraient été délogés manu militari, mis hors d’état de nuire, et placés en garde à vue.

 

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