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Le blog politique de Thomas JOLY

Le baccalauréat est une vraie fumisterie (par Marie Delarue)

20 Juin 2013, 08:31am

Publié par Thomas Joly

http://storage.canalblog.com/17/31/666777/61790893.jpgScandale ce mercredi à l’heure où la Nation a le nez dans son café au lait : Le Figaro vient de révéler noir sur blanc ce que tout le monde sait depuis longtemps, à savoir que le baccalauréat est une vaste fumisterie juste destinée à évacuer vers l’enseignement supérieur quelque 600.000 personnes chaque année. Et qu’importe si nombre d’entre elles, n’ayant pas réussi à acquérir en douze ans de scolarité les indispensables « savoirs de base », iront assurément grossir les rangs des déclassés puis les boîtes à chômeurs.

 

L’essentiel, on l’a compris, est le respect des objectifs chiffrés de l’ère Jospin : 80% d’une classe d’âge au bac. On s’en approche. Plus fort encore : on frise maintenant les 87% de réussite à chaque session. Rappelons qu’en 1970, c’est 20% d’une classe d’âge qui franchissaient cette étape terminale, et 67% de ces 20% qui décrochaient leur diplôme. C’est donc pour ce grand bond en avant que la France dépense chaque année une cinquantaine de millions d’euros selon les chiffres officiels du ministère, ou plutôt 1,5 milliard selon les syndicats d’enseignants.

 

http://media.melty.fr/media_aggregate-1564834-ajust_570/une-mascarade.jpgBref, ce « monument d’hypocrisie nationale », comme disait Jacques Marseille, est aussi ruineux pour nos finances que pour notre moral. Pourquoi le moral ? Parce qu’il est en effet LE monument d’hypocrisie nationale. La preuve en est une nouvelle fois apportée par Le Figaro, donc, qui porte à notre connaissance une directive de l’académie d’Orléans-Tours appelant les correcteurs du bac 2013 à surnoter les épreuves de français. Motif : avec 83,3% seulement de réussite l’an passé, l’académie est à la traîne, un point et demi en dessous de la moyenne nationale. On demande donc aux enseignants de noter sur 24, le score étant ensuite reporté comme notation sur 20.

 

Dans notre régime, cela s’appelle l’égalité des chances. Ou encore, un secret de Polichinelle.

 

http://images.doctissimo.fr/1/divers/default/photo/hd/2484909248/55660297df/default-debile-big.jpgEn effet, la décision d’amener tout le monde ou presque au baccalauréat portait en germe cette fameuse « pondération des notes ». Dès lors qu’un pays affiche à la sortie du système scolaire 20% d’illettrés et 80% de bacheliers, on ne voit pas comment il pourrait en être autrement.

 

Les notations sont systématiquement encadrées, les notes relevées en fin de session par la joliment nommée « Commission d’harmonisation », le zéro interdit bien sûr et le choix limité pour des épreuves qui relèvent parfois de la fantaisie pure.

 

Egalité-des-chances-à-lécoleAinsi les nouvelles épreuves de langue vivante dues à l’entrée en vigueur de la réforme des lycées. Pour l’épreuve de compréhension orale, par exemple, chaque établissement choisit un « document sonore » d’une minute trente, que l’élève va commenter en français avec son professeur. Le sien. Ou celui de la classe voisine. Pour les directives de notation, en « LV1, le candidat aura 2 sur 20 s’il n’a rien compris, 6 s’il a compris un peu, puis 10, 16 ou 20/20. Aucune autre note possible. Pour les LV2, la grille est différente mais tout aussi déroutante : 4, 8, 12 ou 20/20. » Et s’il a 16/24 dans l’académie d’Orléans-Tours, on portera 16/20 dans sa fiche de résultats. Et une mention en prime.

 

Commentaire d’une agrégée de lettres, enseignante depuis quinze ans : « On nous prend vraiment pour des clowns. Il ne nous manque plus qu’un nez rouge ! Comment voulez-vous qu’on nous respecte ? »

 

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