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Le blog politique de Thomas JOLY

La mère Mulmann (par Philippe Régniez)

20 Décembre 2010, 15:34pm

Publié par Thomas Joly

genevieve_de_fontenay1.jpgBrecht avait écrit Mère Courage, il y avait également cette Mère Michel qui avait perdu son chat, nous allons nous concentrer aujourd’hui sur la mère Mulmann, la madame Mulmann comme on dit dans le milieu de la viande sur pieds.

 

Et pourquoi ? Parce qu’elle représente en caricature la façon dont on fait perdre la boule aux goys. Tout d’abord, en bon amuseur des foules, elle ne s’appelle plus que Geneviève de Fontenay, et elle nous le fait à tous façon « vieille France », élégance d’un autre âge, manières de pacotille, respect dû à la matriarche qui veut bien être gentille mais, visage fardé comme un Monsieur triste, du grand art sur les planches – nous sommes convaincus que certains Français nous jetteraient des pierres en apprenant sa véritable identité tant ils tiennent à leurs rêves, car elle est à eux « Geneviève », pensent-ils, alors même que ce sont eux qui sont à elles.

 

Miss-Fontenay.jpgBref, Mulmann c’est la version « soft » de l’esclavagisme et du proxénétisme, une caricature comme nous l’avons dit. Cette mère maquerelle, comme une maman canard, traîne derrière elle tout un assortiment de jeunes tendrons de nos provinces en leur faisant miroiter la lune et sa célébrité – l’astre pâle qui luit dans l’obscurité. D’ailleurs l'ambiguïté est savamment orchestrée « Maquerelle, moi ? Jamais ! » alors que tout dans son comportement, notamment sa façon de traiter ses « petites », rappelle la sordide tenancière de bordel ; « Allez ma petite Laure, fait nous rebondir un peu plus ton postérieur, et puis montre au Monsieur tes dents, s’il te touche c’est uniquement pour vérifier le soyeux de ta peau ; et puis elles sont intelligentes mes filles : Laure deux plus deux ça fait combien ? Laure, ouvre plus grand la bouche quand tu parles, et pense aux pépettes ! »

 

dinde MissCar c’est ça la Mulmann, un croisement, comme celui de deux caravanes dans le désert de là d’où elle vient, entre l’esclavagisme bon ton et les réseaux de la traite des blanches. Et avec ça elle fait partie incontournable de la scène culturelle française, car elle fait rêver les Français en leur faisant oublier leur misère – une cuisse par là, des dents bien blanches par ci, des yeux pétillants de charmantes idiotes ; et puis, pour nourrir les fantasmes, on les habille de tout un tas de manières ses petites, comme des morceaux de barbaque parés pour le festin, car il faut que du boucher au porc en passant par l’intellectuel, chacun y trouve son compte.

 

Mais attention ! Elle a de la morale la Mulmann, lorsque l’une de ses petites montre un peu trop de chair dans une revue dont le propriétaire est l’un de ses amis, elle enfourche ses grands chevaux, elle fait scandale la Mulmann, afin de faire monter les ventes…

 

Et le bon goy peut se rendormir en rêvant : « Il y a quand même de belles petites chez nous… »

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