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Le blog politique de Thomas JOLY

La GPA, comment ça marche ? (par Gabrielle Cluzel)

1 Février 2013, 08:20am

Publié par Thomas Joly

homoparentalité lesbiennesDepuis que le mariage pour tous est arrivé sur le tapis, je pourrais passer des heures devant la télé. C’est plus fort que moi, je suis fascinée. La démonstration par l’empathie est une vieille entourloupe éculée, mais là, franchement, je dis ça pour les collectionneurs, il y a de vrais morceaux d’anthologie à ne pas louper… De l’étudiant (mignon, gentil, bien dans ses baskets et studieux avec ça), qui a adooooooré avoir deux mamans, aux deux lesbiennes (hyper sympas, drôles, natures, qui, si elles avaient été avec vous au lycée, seraient immédiatement devenues vos meilleures copines) qui pleurent tristement devant un berceau vide, en passant par le couple homo (raffiné, sensible, cultivé, à côté duquel vos père, frères et mari font figure de bouseux) qui a déjà repeint la chambre et acheté l’ours en peluche.

 

mère porteuseCar, évidemment, les véritables enjeux de cette loi ne sont pas le lancer de riz ni la nougatine de la pièce montée, mais bien sûr la PMA et la GPA.

 

Certaines émissions, cependant, malgré toute la bonne volonté affichée, font quelques grosses bourdes. Je ne voudrais pas attirer des bricoles à la chaîne M6 mais je tiens à signaler que l’émission Zone Interdite, diffusée dimanche 27 janvier — que n’ont peut-être pas vue certains people, occupés qu’ils étaient à faire la fiesta à l’after de la manif —, a pu semer le trouble dans l’esprit de la ménagère de moins de 50 ans en lui apprenant deux ou trois petites choses dont on parle peu.

 

Il y a bien sûr la jolie niche économique qui est en train d’éclore, symbolisée par cette dynamique banque du sperme danoise qui livre sa matière première congelée aux quatre coins de la terre (comme chez Picard, laisser à température ambiante avant utilisation), et qui est implantée, la maligne, dans une ville étudiante… Donner son sperme, c’est un petit job lucratif et c’est moins pénible que de bosser chez Mac Do. Tel étudiant français, nous dit-on, dont le type latin tranche avec le genre viking des donateurs locaux habituels, serait spécialement apprécié. Quand d’autres pays connaissent la fuite des cerveaux, on exporte les organes et la matière que l’on peut. Il y a aussi ce Néerlandais patelin du genre boy scout toujours prêt, dont la petite entreprise ne fonctionne pas mal et qui reconnaît être le père de pas moins d’une centaine d’enfants. On a le sens du service ou on ne l’a pas.

 

Mais il y a surtout ces éclaircissements sur le mode de fonctionnement de la GPA à destination des couples gays dans les pays où elle autorisée, comme, par exemple, la Russie et l’Inde. Là où, autrefois, il y avait deux parents, il y en aura, désormais, dans les faits, quatre : le père, le compagnon du père, la mère biologique qui a fait le don de l’ovocyte, et la bebe-a-vendre-sur-le-webmère porteuse qui va couver pendant 9 mois. Le téléspectateur moyen est un peu paumé : pourquoi diantre prendre l’ovocyte de l’une et l’utérus de l’autre, ce qui implique une fécondation in vitro, là où il ne pourrait y avoir qu’une « simple » insémination artificielle (moins lourde, moins coûteuse, moins aléatoire), si l’on avait missionné une seule et même femme pour tout le job ? Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Seule explication possible : on veut prévenir les risques de déchirement affectif. Le risque de voir la mère, le jour de l’accouchement, préférer rendre l’argent plutôt que de laisser le bébé. Cela s’appelle un principe de précaution. Ne jamais confier l’enfant à la mère biologique. Le mettre, dès la conception, dans un utérus d’accueil, qui évite un attachement réciproque. Quelle idée judicieuse ! Une jeune russe « porteuse » qui subit passivement une échographie l’affirme textuellement : c’est un étranger qui grandit dans son ventre, et non la chair de sa chair. Elle n’aura pour le nourrisson (prétend-elle), pas un seul regard à la naissance.

 

GPA, c’est aussi le nom d’une balle à fragmentation. Ici, c’est à une fragmentation de la parentalité que l’on assiste, pour se prémunir contre l’amour filial naturel. C’est ainsi que sont nés les petits « fantômes de la République » que Taubira se propose de naturaliser. C’est à ce procédé qu’elle donne donc l’absolution.

 

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