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Le blog politique de Thomas JOLY

Instant de lucidité au Figaro ?

3 Février 2012, 08:31am

Publié par Thomas Joly

La-Verite-si-je-mens-3.jpgIl doit y avoir une centaine de gags dans La vérité si je mens 3 : quatre-vingt dix-neuf d'entre eux ne sont pas drôles. Les lascars de la série ont affaire à de nouveaux concurrents: les Chinois. Aubervilliers est leur terrain de chasse. Ces gens-là, on le sait, sont fourbes, travailleurs. Leurs sourires cachent de sombres manœuvres. Il ne serait pas étonnant que ces hypocrites étrangers aient fichu les douanes sur le dos des héros qui sont au bord de la faillite. Pour s'en tirer, une seule solution: partir pour Shanghaï traiter avec les autochtones. Cela signifie manger des vers vivants, se saouler à l'alcool de riz, participer à d'interminables karaokés. La mondialisation a son prix.

 

José Garcia, en roue libre, vole dans le sac de sa mère, s'affole à l'idée de faire analyser son sperme. Vincent Elbaz joue les tombeurs. Gilbert Melki tombe amoureux d'une contrôleuse fiscale. Enrico Macias perd la mémoire (quelle chance il a: au moins, il ne se rappellera pas avoir participé à cette entreprise). Bruno Solo pousse Aure Atika à divorcer. Amira Casar veut reprendre ses études de droit. Richard Anconina, le plus sobre de la bande, a l'air tout gêné d'être là. Il y a de quoi. L'intrigue décousue patine, s'étire sur près de deux heures. La vulgarité est reine, l'image d'une laideur digne de Marc Dorcel (les scènes porno en moins). Un clin d'oeil lourdingue à Rabbi Jacob souligne involontairement le niveau de la chose. Les distributeurs ont refusé de montrer le film à la presse. Remercions-les. En réalité, ils voulaient notre bien.

 

Une sortie sous contrôle

 

La-Verite-si-je-mens-3-Arthur.jpgLe distributeur de La vérité si je mens 3 n'a pas convié Le Figaro à voir son film avant sa sortie en salle - selon l'usage. Dommage, on est sans doute passé à côté d'un chef-d'œuvre pour lequel aucune critique négative n'était autorisée. C'est donc avec un jour de retard que paraît notre compte rendu. Nos lecteurs voudront bien nous excuser de ce léger contretemps, exemple amusant de la guéguerre qui oppose parfois la critique à certains professionnels du cinéma, soucieux d'orchestrer une promotion sans faille. Quelques médias, TV, radios et magazines triés sur le volet, s'en sont chargés avec zèle en invitant maintes fois l'équipe du film à dire tout le bien qu'elle pensait de cette formidable aventure. Ce genre de procédé est si caricatural qu'il ne trompe personne. Évidemment, une telle sortie en fanfare (927 écrans!) et sous contrôle donne le vertige et sous-tend des enjeux commerciaux qui n'ont plus grand-chose à voir avec le 7e art.

 

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