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Le blog politique de Thomas JOLY

Harlem Désir en donneur de leçons… J’hallucine ! (par Altana Otovic)

4 Avril 2013, 09:58am

Publié par Thomas Joly

http://www.nationspresse.info/wp-content/uploads/2013/01/Cahuzac.jpgNos oreilles malmenées l’ont entendu trop de fois ces dernières heures : Cahuzac s’est abandonné à d’humbles aveux, admettant avoir possédé à l’étranger un compte pourvu de 600.000 euros. Dans une lettre sincère, il exprime l’ardent remords qui le tourmente et la « spirale du mensonge » dans laquelle il dit s’être « fourvoyé ».

 

Il aurait pu, comme bien des hommes politiques avant lui, quêter l’acquittement. Il lui serait certes resté le vestige trouble et austère de la culpabilité jamais lavée et de la confiance populaire pour longtemps évanouie, mais nul n’aurait pu dire sans doute aucun : « Cet homme est coupable. »


Il aurait pu mais il fut pris, peut-être, de l’effroi sinistre qui tracasse ceux qui ne savent pas mentir et les pousse à la confession impromptue. Il aurait pu mais il fut saisi, possiblement, des mêmes terreurs que celles qu’éprouve le juste qui a fauté et dont l’innocence est offensée par le simple souvenir d’une tromperie un jour faite.

 

Nous ne pouvons connaître le sentiment qui anime la déclaration de Jérôme Cahuzac mais nous pouvons constater quelles vives huées elle suscite chez ses camarades politiciens et ses frères socialistes.

 

http://cdn.bvoltaire.fr/media/2013/04/harlem-desir.jpgHarlem Désir, condamné en 1998 pour recel d’abus de biens sociaux suite à la déclaration d’un travail fictif, fut l’un des premiers à s’indigner, exprimant choc et stupéfaction face à l’ « inacceptable ».

 

De même, Jean-Marc Ayrault, condamné en 1997 pour délit d’octroi d’avantage injustifié (ou plus simplement, délit de favoritisme), évoque une trahison, appelant le malheureux à « ne plus exercer de responsabilités politiques, quelles qu’elles soient ».

 

Le Président François Hollande a, quant à lui, évidemment réprimandé l’« impardonnable faute morale », se faisant une place dans ce déferlement de réactions sidérées et d’anathèmes résolus.

 

Dominique Strauss-Kahn fut lui aussi écarté de la politique en 2011 pour une affaire dont il subsiste toujours quelque trouble aujourd’hui et qui le gardera peut-être à jamais éloigné des rivages politiques. Ces derniers mois encore, François Hollande nous a martelé combien la République devait être « irréprochable ». N’est-ce pas une erreur des plus colossales d’exiger la compétence en même temps que la vertu ?

 

http://4.bp.blogspot.com/_bW9edBWX9XM/SrClMEwxtMI/AAAAAAAAAL4/F8o4BZDCemI/s320/medium_politique.jpgC’est à croire qu’il nous faut encore nous surprendre de ce qui est pourtant plus ordinaire qu’exceptionnel dans le monde politique ! À l’heure où les anciens présidents sont ou furent pris dans les gaies péripéties des démêlés judiciaires (Chirac pour l’affaire des emplois fictifs, Sarkozy pour les affaires Bettencourt et Karachi), il serait présomptueux de porter confiance aux élites dirigeantes.

 

L’erreur est humaine et la faute est nôtre : déléguer le pouvoir à des gouvernants est l’évidente origine de l’éternel camouflet que le peuple devra subir d’être trop naïf. Nous viendrait-il à l’idée de confier notre existence au premier quidam nous le proposant ? Alors, dites-moi sous quel prétexte insensé consentons-nous à offrir aux politiques les clés de notre destin ?

 

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