Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Thomas JOLY

Euthanasie : comment orienter le sondé

5 Octobre 2012, 08:05am

Publié par Thomas Joly

euthanasieQuand on demande aux Français s'ils préfèrent mourir dans des souffrances insupportables ou être euthanasiés, l'écrasante majorité des sondés choisit la deuxième option. Comment répondre autrement ? On en déduit benoîtement qu'il faudrait légaliser l'aide active à mourir. C'est là un raisonnement un peu court.

Je voudrais témoigner d'une expérience personnelle, régulièrement répétée, auprès de publics très divers : lycéens, étudiants, adultes. Chaque fois que j'ai pris le temps - il faut plusieurs heures - d'expliquer clairement la loi actuelle, d'examiner objectivement les affaires médiatiques de la fin de vie (Malèvre, Humbert, Sébire, etc.), de recueillir le récit des personnes présentes ayant vécu des accompagnements difficiles, mes auditoires sont parvenus d'eux-mêmes à la conclusion suivante et cela à une écrasante majorité : « bien » mourir n'exige en aucune façon que le législateur donne aux soignants le droit de faire mourir délibérément les patients.


Comment expliquer cet étrange retournement ? Par un constat évident : le temps de la réflexion rationnelle, celui qui fait cruellement défaut à notre époque soumise au rythme imposé par la télévision et l'Internet, n'est Euthanasie.JPGpas celui de l'immédiateté du réflexe émotionnel.


Que dit la loi française ? Toute souffrance pour un malade incurable et en phase terminale doit être soulagée, même si sa vie devait s'en trouver abrégée. Or, aujourd'hui, toutes les souffrances peuvent être apaisées, ne serait-ce que par le recours à l'endormissement, le plus souvent réversible. L'acharnement thérapeutique, appelé obstination déraisonnable, qui prolonge une existence et ne respecte pas la personne, est interdit par le législateur et donc condamnable par les tribunaux. Enfin, chacun est libre de refuser un traitement, investigations comprises, au nom du principe de la protection contre toute intrusion non consentie dans son propre corps. [...]

 

L'euthanasie ne « complète » pas les soins palliatifs, elle les interrompt. Elle ne couronne pas l'accompagnement, elle le stoppe. Elle ne soulage pas le patient, elle l'élimine.

 

Source

Commenter cet article