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Le blog politique de Thomas JOLY

Emplois aidés, ou comment faire couler sa boîte… (par Marie Delarue)

8 Juillet 2013, 07:26am

Publié par Thomas Joly

http://s1.lemde.fr/image/2013/02/05/534x0/1827265_5_ea92_francois-hollande-lors-de-la-signature-des_1e453c1e00f961d74597ea7ce5c31141.jpgLe français est une belle langue dont les innombrables figures de style offrent la possibilité, quelle que soit la dure réalité, de la présenter sous un jour aimable et souvent bucolique.

 

Je me souviens ainsi d’un crime particulièrement barbare, voilà quelques années, dont Le Figaro nous avait alors décrit les complices comme des jeunes « appartenant à une communauté de vanniers sédentarisés ». Rien que par cette image, l’horreur disparaissait, chassée par les odeurs d’osier et le chant des guitares manouches montant dans la nuit autour du feu de bois.

 

http://a404.idata.over-blog.com/376x229/1/52/27/32/people/racailles.jpgEnfumage linguistique, donc, à l’instar de ce qui se joue actuellement autour de cette belle notion d’« emplois aidés » devenus « contrats d’avenir » tant vantés par le gouvernement. C’est la martingale de François Hollande, celle qui va lui permettre, coûte que coûte et vaille que vaille, d’inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année. Il y croit, ou au moins fait-il semblant d’y croire. Et ses services de jouer les VRP auprès des administrations, et maintenant du privé. C’est un directeur de théâtre qui se confie au Point : « Je reçois chaque semaine une note du ministère de la Culture pour m’inciter à signer des contrats d’avenir. Mais que voulez-vous que je fasse de jeunes sans qualification ? Je ne peux pas les mettre avec un machiniste au risque de provoquer la chute d’un projecteur. Je ne peux pas non plus les mettre à l’accueil des spectateurs. Les jeunes qu’on nous demande de recruter n’ont pas toujours les codes pour gérer la clientèle bourgeoise du théâtre. »


assoce.gif« Les codes pour gérer la clientèle bourgeoise », comme c’est joliment dit. « Ziva, ta meuf, c’est de la balle » plutôt que « Bonsoir madame, suivez-moi je vous prie, merci monsieur ». C’est la nouvelle comédie française, certes, mais on voit d’ici le dilemme : résorber le chômage ou garder sa boîte ?

 

C’est Peillon qui a trouvé la solution : il a promis d’embaucher 10.000 « contrats d’avenir » à l’Éducation nationale. Pour faire des trucs à leur portée cette fois. On voit ça d’ici : surveillants de récré pour ceux qui font le chouf dans la cité, ou animateurs de temps extra-scolaire pour donner vie à sa réforme. S’ils manquent d’idées à la mairie de Paris, on peut leur en donner. Pour l’atelier cuisine, par exemple : « La recette du space cake ». En travaux manuels : « L’art de rouler un joint » ou « Comment se faire un rail de coke ». Et puis un atelier « Jardinage et médecine douce : cultiver la beu chez soi ».

 

Michel Sapin, notre ministre des Finances, a une idée de génie lui aussi : il veut caser ses emplois aidés dans les bibliothèques municipales. Avec l’espoir qu’ils apprendront enfin à lire, sans doute ?

 

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