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Le blog politique de Thomas JOLY

Des Bantoustans au royaume de France ? (par Étienne Lahyre)

14 Décembre 2012, 10:11am

Publié par Thomas Joly

http://echosdemetropole.caue69.fr/wp-content/uploads/2010/07/G4.jpgLa Communauté urbaine de Lyon et le Conseil général du Rhône viennent de décider de créer une « euro-métropole ». Sur une partie du territoire départemental dans laquelle vit 80 % de la population, l’ensemble des compétences du Conseil général sera exercé par la nouvelle structure. La métropole lyonnaise concentrera ainsi plus de pouvoirs qu’aucune collectivité locale sous la Ve République. Encore un échelon administratif supplémentaire me direz-vous et, comme d’habitude, qui va casquer, c’est nous ! Et qui va cumuler les mandats (et les indemnités qui vont avec) : les politiciens !

 

Sauf que le problème est beaucoup plus politique que financier.

 

Eh oui ! Car le projet lyonnais intervient juste après la création de Nice Métropole et peu avant l’organisation d’un référendum local en Alsace sur la fusion du conseil régional et des conseils généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Lentement mais sûrement, les collectivités locales s’émancipent, leurs élus bombent le torse et s’imaginent déjà guerroyant contre le pouvoir central. Tels ces féodaux d’antan qui, pour certains, étaient plus puissants que le Roi de France.

 

Gérard Collomb se rêve ainsi en Gérard Ier, Duc de Lyon. Une sorte de Charles le Téméraire des temps modernes, le bellicisme en moins. Un vassal méprisant son suzerain, et traitant d’égal à égal avec ses alter ego bavarois, flamands ou lombards.

 

93En effet, en France comme ailleurs en Europe, ce sont pour le moment les régions les plus riches qui sont les plus actives et qui se structurent : les velléités autonomistes ont très majoritairement une dimension économique.

 

Mais demain, comment un État qui a organisé depuis 30 ans son propre sabordage en aliénant une grande partie de sa souveraineté à l’Union Européenne et en transférant des compétences éminemment stratégiques aux régions, comment cet État pris en tenaille entre le haut et le bas et confronté à une présence étrangère massive sur son territoire pourra-t-il faire face à des revendications irrédentistes de certaines banlieues ? A fortiori si les étrangers obtiennent le droit de vote aux élections locales. Quelle légitimité politique et quels moyens financiers opposer à ces revendications qui seront alors d’ordre identitaire et culturel ? Et ce ne seront plus d’« inoffensifs » Duché de Lyon ou Comté de Nice qui composeront le royaume de France, mais des bantoustans autrement moins maîtrisables et autrement plus dangereux pour notre cohésion nationale.

 

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