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Le blog politique de Thomas JOLY

Comment concilier la vague de froid et la théorie du réchauffement climatique ?

2 Avril 2013, 11:20am

Publié par Thomas Joly

http://terresacree.org/images/oursbanquise2.jpg

Le top 10 des astuces pour faire croire que l’on a compris le lien entre « réchauffement climatique » et « vague de froid ».

 

Quand on demande à un spécialiste du climat son avis, il vous rétorque « ça dépend, qu’est-ce que vous voulez que je vous prouve ? ». La vague de froid qui touche à nouveau l’Europe pourrait ébranler le paradigme du réchauffement climatique dû à l’activité humaine, mais aucun commentateur sérieux n’irait remettre en cause une vérité aussi solidement établie : il faut non seulement réaffirmer que le réchauffement, c’est une réalité, et en plus trouver un moyen tordu de lier les deux phénomènes par une causalité complexe. Quand on est spécialiste, c’est faisable. Mais tout le monde n’est pas spécialiste du climat, et là, c’est galère.

 

1. Essayer de semer votre interlocuteur dans vos explications
« Le climat se réchauffe, donc la banquise fond, donc il y a moins de lumière reflétée par les pôles, donc la chaleur stagne et la mer se réchauffe… et du coup la banquise fond encore plus ! Et, euh… ça dérègle tout, et donc il fait plus froid l’hiver ». Ça vous paraît débile comme argument ? C’est celui que vous lirez partout dans la presse.


2. Utiliser des formules toutes faites
« C’est une histoire de dérèglement de l’Oscillation Nord-Atlantique… » Clairement, vous n’avez pas compris le lien logique entre les deux phénomènes, alors vous ajoutez un élément qui n’explique rien, mais qui montre que vous avez essayé de vous documenter. Ça peut passer.


http://medias.lepost.fr/ill/2010/04/20/h-20-2040699-1271775463.jpg3. Tempérer votre position
« On ne devrait pas parler de réchauffement climatique, mais plutôt de dérèglement climatique ». Quand on ne comprend pas un phénomène, on le noie dans une considération plus grande. Si les température reviennent à des normales saisonnières, vous parlerez alors « d’incertitude climatique » voire « d’aléas climatique ». Et ainsi, vous aurez toujours plus ou moins raison. Pas con.


4. Employer des mots du futur, qui finissent pas « -ex »
« C’est un effet de l’affaiblissement du vortex polaire ». Normalement, personne ne viendra vous faire chier après ça. Quand on fout du « vortex » dans une explication, tout devient possible.


 

5. Faire des prédictions qui n’engagent que vous
« On peut s’attendre à des hivers rugueux comme ça pendant des décennies. » Pourquoi « des décennies » ? On s’en fout, personne ne viendra vous demander des comptes en mars 2043 pour vous dire que votre explication, c’était n’importe quoi.

 

pinocchio6. Penser « temps géologique »
Qu’est-ce que c’est que deux ou trois hivers rigoureux à l’échelle de la planète ? Que dalle, on ne peut pas tirer de conclusion là-dessus. Ceci dit, le réchauffement climatique, il n’a pas 50 ans non plus. Donc n’hésitez pas à tout balayer d’un revers de main, pensez long terme et laissez les débats météo aux comptoirs des bistrots.


7. Traiter vos interlocuteurs avec mépris, et dégoût
Dire que ça caille, c’est souligner le paradoxe entre le réchauffement climatique et le fait qu’on a encore nos anoraks en avril. C’est donc remettre en cause les conséquences de nos actes irresponsables, la couche d’ozone et tout l’orchestre. Le prochain qui vous dit « ça caille », traitez le de négationniste et menacez le de poursuites. La liberté d’expression a ses limites.


8. Nier l’évidence
« Oui, le matin, ça pique un peu… mais dès 11h, moi je suis en polo au bureau ! ». Le printemps est là, vous allez malgré les températures polaires vous afficher en terrasse, vous avez passé des années à emmerder tout le monde avec le réchauffement planétaire, ce n’est pas pour vous renier maintenant. Lire la suite

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