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Le blog politique de Thomas JOLY

Chômage : Flamby s’en va-t-en guerre… (par Étienne Lahyre)

29 Décembre 2012, 15:15pm

Publié par Thomas Joly

Hollande-Rungis.jpgC’est un François Hollande combatif, voire martial, qui s’est rendu hier matin à Rungis pour une visite « surprise ». La grande « bataille pour l’emploi » va commencer… en 2013. Depuis six mois, le gouvernement n’était donc pas inactif : il fourbissait ses armes, nuance.

 

Et pendant ce temps, le chômage continuait d’augmenter : « le triste héritage de M. Sarkozy » ânonnera Mme Belkacem ; « l’échec d’une gauche archaïque qui se refuse à engager les réformes (forcément) nécessaires, pourtant mises en œuvre par l’ensemble de nos partenaires européens » répliquera une droite libérale tout aussi peu inspirée.

 

Et comme d’habitude, « gauche » et « droite » de gouvernement auront tout faux !

 

Hollande-Flamby-army.jpgPour espérer remporter une bataille, il faut disposer des troupes et des munitions suffisantes, et faire preuve de cette volonté, de ce supplément d’âme, qui offre la victoire à ceux qui la désirent le plus.

 

François Hollande bataillant pour l’emploi, c’est Roger Mou dans « L’homme au pistolet en plastique », tant il est vrai que l’actuel président de la République incarne l’archétype du social-démocrate falot et conformiste, qui a œuvré, depuis 30 ans, pour le désarmement politique de l’État français. Désormais privé, depuis l’euro, de sa souveraineté monétaire et donc de sa capacité à dévaluer, l’État a vu sa souveraineté budgétaire s’éroder avec le pacte de stabilité, et disparaître complètement avec le récent traité budgétaire. Il a également renoncé à toutes les protections douanières cédant aux coups de boutoir de l’OMC. Les thuriféraires du libéralisme nous rétorqueront sans surprise que l’Allemagne, aussi désarmée que la France, est parvenue à lutter efficacement contre le chômage : en oubliant délibérément les conséquences sociales désastreuses de cette politique (salaires des fonctionnaires gelés, des millions de mini-jobs sous-payés…).

 

Les sociaux-démocrates n’ont pas pour objectif premier de lutter contre le chômage : ils veulent donner des gages de « crédibilité ». À l’Allemagne, à Bruxelles, aux marchés financiers, ce qui revient à peu près au même. C’est leur côté sérieux, gestionnaire, chiant. Leur côté Jospin.

 

Harlem-Desir.jpgMais heureusement, pour les rigolards que nous sommes, ils ont aussi leur côté branque, leur côté Harlem. Après les défaites piteuses enregistrées par les candidats du pouvoir lors des législatives partielles de décembre, le premier secrétaire du PS a lui aussi décidé (c’est une manie…) de « passer à l’offensive » : pour l’emploi, pour la justice sociale, contre les méfaits des multinationales ou des banques d’affaires ? Que nenni ! En organisant une pétition nationale en faveur du mariage dit « pour tous ». Un contrefeu grotesque qui va se retourner contre ses incendiaires.

 

Comme en 1981, 1988 et 1997, la gauche à peine élue renonce au social, au profit du sociétal. Et comme en 1986, 1993 et 2002, la débâcle électorale sera au rendez-vous. Errare humanum est, persevare diabolicum.

 

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