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Le blog politique de Thomas JOLY

Celui par qui le scandale arrive à nouveau

29 Mai 2012, 11:07am

Publié par Thomas Joly

Sarrazin.jpgThilo Sarrazin, qui avait fait scandale il y a deux ans en raison de son livre sur la place des musulmans en Allemagne, publie cette semaine un nouvel ouvrage qui déchaîne à nouveau la polémique. C’est qu’une nouvelle fois, il fait fort, très fort : il s’attaque bille en tête aux vaches sacrées du système, les piliers sur qui tout repose. Que ces piliers viennent à flancher et, patatras, c’est tout le système qui pourrait s’écrouler.

 

Quelles sont-elles, ces vaches sacrées ? L’euro et … la shoah. Parfaitement. Il a osé. Le titre de cet ouvrage, qui risque de faire un tabac : Europa braucht den Euro nicht  (L'Europe n’a pas besoin de l'euro).

 

shoahLà, je passe la parole à l’agence Reuters : « Thilo Sarrazin, ancien membre du directoire de la banque centrale d'Allemagne et acteur controversé du débat public en Allemagne, a déclenché une nouvelle polémique en affirmant que son pays était l'otage de la zone euro et la victime d'un "chantage à l'Holocauste" le contraignant à financer les errements budgétaires de ses partenaires.(…)  Thilo Sarrazin estime qu'on force l'Allemagne à accepter les principes d'"euro-bonds", des emprunts communautaires européens, et de mutualisation des dettes pour prix de son passé nazi. En acceptant de renflouer la Grèce, écrit-il ainsi, l'Allemagne a révélé sa "prédisposition au chantage".

 

"Cette politique fait de l'Allemagne l'otage de tous ceux qui, au sein de la zone euro, pourraient avoir, un jour ou l'autre et pour quelque raison que ce soit, besoin d'aide", ajoute Sarrazin dans cet essai dont le magazine Focus publie des extraits. Quant aux partisans allemands des obligations européennes, "ils sont poussés par ce réflexe très allemand selon lequel nous ne pourrions finalement expier l'Holocauste et la Deuxième Guerre mondiale qu'une fois transférés en des mains européennes l'ensemble de nos intérêts et de notre argent".»


eurobond.jpgThilo Sarrazin écrit encore : « La Grèce, le Portugal, l’Italie, l’Espagne et tous les pays de l’Europe du Sud devraient être contents de pouvoir bénéficier de l’euro et de pouvoir dépenser des euros. Mais ces euros devraient être mérités, et non reçus en cadeau ou en prêt des pays du Nord, quel que soit le canal indirect employé. Les mouvements de fonds publics qui ne se limitent pas aux fonds structurels européens entament ce principe : ils créent un fossé entre ceux qui les octroient et ceux qui les prennent, et ils alimentent le ressentiment et les réticences entre les nations. Si un pays ne peut pas ou ne veut pas vivre avec la discipline requise par la monnaie unique, il doit être libre de pouvoir retourner à sa monnaie nationale dès qu’il en ressent le désir. »


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/72/Thilo_Sarrazin-Europa_braucht_den_Euro_nicht--Cover.jpgPile le contraire de ce que la vulgate officielle s’échine à faire entrer dans les têtes. Il n’est donc pas surprenant de voir Sarrazin traité de tous les noms et ses thèses qualifiées d’ « absurdités absolues ». Le communiste/vert Jürgen Trittin balaie d’une phrase méprisante la référence maudite dont peu de gens en Allemagne ont le courage de parler: « Il est pathétique qu'il se serve de l'Holocauste pour assurer la plus grande attention possible à ses thèses sur les euro-obligations ».


N’empêche que tout doucement, ces idées « nauséabondes » font leur  petit bonhomme de chemin et que ce livre infernal (qui a la chance au moins de pouvoir figurer dans les librairies) est bien parti pour faire un best-seller.

 

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