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Le blog politique de Thomas JOLY

Baisse des chiffres de la délinquance : une nouvelle erreur de diagnostic (par Xavier Raufer)

21 Novembre 2012, 08:44am

Publié par Thomas Joly

Racailles-bolossage.jpgL'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) vient de publier les tous derniers chiffres de la délinquance sur l'année 2011. Loin de s'attarder sur les détails, les médias ont pris l'habitude de commenter à tout-va les hausses et les baisses de statistiques devenues incontournables... en oubliant parfois d'affirmer l'essentiel.

 

Toujours plus formatés par la cybernétique, les grands quotidiens d'information semblent désormais incapables de s'extraire de l'instantané, d'inscrire leur réflexion dans la temporalité. Au-delà d'un tropisme bobo-gauche caviar, cela conduit ces journaux à émettre des jugements plutôt malheureux - quand ils ne sont pas carrément consternants.

 

securite.gifExemple : la réflexion - la même bien sûr, dans tous ces quotidiens, prise sous la dictée du ministère concerné : comme c'est drôle ! La "délinquance" (noter ici l'évitement bienséant du mot "crime") baisse, alors qu'augmente le sentiment d'insécurité ! Suivez mon regard-bobo : des beaufs et autres attardés ont plus peur que voici un an, alors qu'entre temps, ce qui les effarouche a diminué ! Conclusion : voilà bien la peur irrationnelle et futile de simplets affolés par les sirènes extrémistes.

 

Sauf que bien sûr, ce raisonnement à courte vue théorise en paradoxe sa propre ignorance, en oubliant une cruciale disposition de l'esprit humain, connue de quiconque étudie la temporalité : l'orientation en-vue-de. Car toujours, l'être humain réfléchit et agit d'usage, en-vue-de. Si l'étudiant travaille, c'est en-vue-de réussir des examens, préludes à sa carrière. Si le couple économise, c'est en-vue-de s'offrir une voiture ou des vacances. Et ainsi de suite.

 

Ainsi, comme nul être humain au monde ne songerait à préparer un voyage avec un guide touristique périmé, il ne regarde jamais non plus les statistiques criminelles passées - ou de n'importe quoi d'autre, d'ailleurs - pour se dire ensuite "Ah, sympa ! La criminalité a baissé en 2011, donc j'aurai moins peur en 2012". De toute éternité, la sagesse humaine sait que prolonger les courbes ne décide pas de l'avenir - et le raisonnement à plat, sans orientation temporelle, moins encore.

 

agression-bus.jpgDonc quand on l'interroge sur l'insécurité, le citoyen moyen ne se rue pas sur les statistiques (en hausse ou en baisse, qu'importe) de 2011 pour, de là, envisager 2012. Tout au contraire puise-t-il dans son vécu quotidien (la "sphère des évidences courantes" disent les philosophes) des éléments partant desquels il s'inquiète, ou non, de l'avenir. Assuré qu'il ne peut être agressé ou cambriolé dans le passé, il évalue à l'évidence des risques qu'il encourt dans l'avenir, non ceux du fugitif moment présent ni bien sûr de ceux du passé.

 

Les commentaires arrogants et ironiques des médias-bobo visent ainsi un raisonnement pertinent, quoiqu'instinctif : en matière criminelle, pense la population, demain sera sans doute pire qu'aujourd'hui. Voilà pourquoi augmente aujourd'hui - raisonnablement, pas hystériquement - la crainte qu'elle éprouve. Lire la suite

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