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Le blog politique de Thomas JOLY

Interview de Carl Lang au Nouveau NH

12 Juin 2009, 12:55pm

Publié par Thomas Joly

CARL LANG : "NOUS AVONS POSÉ LA PREMIÈRE PIERRE..."

 

Le journal Le Monde rapporte que Jean-Marie Le Pen, commentant les résultats du Parti de la France, aurait eu cette phrase : "Le cadavre de ses ennemis sent bon". Que vous inspire ce commentaire et a-t-il raison de déjà, vous enterrer ?


Cette manière, de la part de Jean-Marie Le Pen, de dénoncer comme un ennemi dont on attend de pouvoir sentir le cadavre, toute personne ou parti politique qui marque un désaccord avec lui ou avec sa fille, est pour le moins assez étrange. Dans un régime de liberté, chacun a le droit de défendre ses convictions et de se présenter à des élections sans être considéré comme un ennemi à abattre. Evitons de confondre campagne électorale et guerre civile et tout le monde s'en portera mieux, y compris au sein de la droite nationale.

 

De plus, Attila, qui est le père de cette formule ne me parait pas être un bon exemple historique à suivre. Enfin, j'espère que Jean-Marie Le Pen devra patienter le plus longtemps possible avant d'avoir la joie de venir renifler ma tombe.

 

Quant aux premiers résultats électoraux du Parti de la France, ils sont encourageants et, de plus, cette campagne électorale s'est déroulée pour nous dans une ambiance extraordinaire d'amitié et d'enthousiasme militant. Cela est porteur d'espérance.

 

Les scores obtenus sont honorables mais modestes, on perçoit bien auprès des électeurs que l'étiquette Front national et le nom Le Pen pèsent de tout leurs poids dans les intentions de vote, un conseiller régional d'Ile-de-France avait même dit en son temps en parlant des électeurs : « On pourrait mettre un âne, ils voteraient Le Pen. » Le Front national sort affaibli de ces élections, trois députés au lieu de sept, mais il est encore là. Comment comptez-vous inverser ce véritable réflexe, qui a joué contre le MNR autrefois et le Pdf aujourd'hui ?

 

Ma préoccupation n'est plus le Front national. Je ne regrette rien du passé, je ne renie rien du passé, mais pour moi le FN c'est le passé. Notre objectif pour l'avenir, et c'est là l'essentiel, est d'engager un processus politique de renouveau et de rassemblement dans un esprit de résistance nationale et européenne. Nous avons posé la première pierre à l'occasion des élections européennes et il reste à construire l'édifice qui nous permettra de pouvoir offrir aux Français une véritable alternative politique globale à la droite libérale et euro-mondialiste. La France ne doit pas être condamnée à perpétuité à devoir choisir entre les libéraux mondialistes de l'UMP, les socialo-mondialistes du PS ou les altermondialistes écolo-gauchistes de tous poils.

 

Nous devons proposer aux Français une autre voie, qui est celle de l'Europe européenne des Nations souveraines, des peuples libres et des identités. Seul un nouveau pôle anti mondialiste de rassemblement des volontés nationales pourra offrir une véritable perspective politique de redressement de la France. C'est à cela que nous travaillons.

 

De même, on peut observer que si Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch ont réalisé des scores à la baisse dans des régions où le PdF n'avait pas présenté de liste, Marine Le Pen est la seule qui ait franchit la barre des 10%. Elle serait devenue aujourd'hui la « locomotive » du FN, n'est-ce pas contradictoire avec les reproches que vous avez adressés à son encontre ?

 

Le Front national n'est plus aujourd'hui le mouvement de Jean-Marie Le Pen, mais est devenu, d'évidence, le Front national de Marine Le Pen. Il suffit, pour s'en convaincre de regarder la composition des plateaux de télévision. Mais tout cela n'est plus mon problème. Elle c'est elle et nous c'est nous. J'ajoute enfin que la confiance humaine et politique que l'on accorde à un homme ou une femme n'est heureusement pas seulement dépendante de ses résultats électoraux. Les succès et les échecs politiques passent mais les qualités ou les défauts des hommes restent. Il vaut mieux construire sur la confiance que sur l'éphémère apparence électorale. La confiance, elle ne se décrète pas, ne s'impose pas et ne s'hérite pas.

 

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