Il y a trois ans, l’attentat islamiste de la basilique de Nice
Nice commémorait ce dimanche 29 octobre, dans un contexte de recrudescence du risque terroriste, l’attentat islamiste de la basilique Notre-Dame de Nice survenu, il y a tout juste trois ans.
Le 18 octobre dernier, le maire de Nice, Christian Estrosi, organisait un colloque au Centre universitaire méditerranéen (CUM), en présence du grand rabbin de France Haim Korsia, de Serge et Beate Klarsfeld, du journaliste Pierre Assouline et des représentants des cultes israélite, protestant et catholique, pour l’anniversaire des 60 ans du décès de Monseigneur Paul Rémond, évêque de Nice, Juste parmi les Nations, qui sauva plusieurs centaines d’enfants juifs de la déportation au cours de l’année 1943. Un colloque à haut risque d’un point de vue sécuritaire, en cette période de recrudescence des actes, menaces et agressions antisémites partout en France.
À cette occasion, Christian Estrosi n’a pas manqué d’évoquer l’actualité tragique en Israël, l’attaque d’Arras, la tuerie de Bruxelles, et de rappeler sa détermination « sans faille », à lutter contre l’organisation terroriste du Hamas et contre l’islamisme. Il a expliqué tout ce qu’on lui avait reproché du temps où il était le seul à parler de la « cinquième colonne », suscitant l’ire de « l’ensemble de la sphère politique et médiatique ». Il se disait donc prophète, et n’était pas entendu dans son pays.
Cependant, quel est le bilan en la matière aujourd’hui ? Trois ans après l’attentat de la basilique Notre-Dame de Nice par Brahim Aouissaoui, tueur islamiste arrivé par l’Italie, l’heure n’est pas à la fanfaronnade, mais à l’humilité et à la prise de responsabilité.
L’État n’a pas été en mesure d’empêcher la survenue de ces attentats tragiques survenus le 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais et le 29 octobre 2020 dans la basilique Notre-Dame à Nice, ayant entraîné la mort de Nadine Devillers, Simone Barreto Silva et Vincent Loquès, le sacristain. Il n’a pas été non plus en mesure d’empêcher l’assassinat du père Olivier Maire le 9 août 2021 à Saint-Laurent-Sur-Sèvre, ni le meurtre de Mauranne et Laura à Marseille le 1er octobre 2017, de Samuel Paty le 16 octobre 2020, ni le massacre de Charlie Hebdo et du Bataclan, ni l'assassinat du père Hamel le 26 juillet 2016. Ni celui de Dominique Bernard.
En septembre dernier, le parquet national antiterroriste indiquait, dans son réquisitoire, « la détermination du dessein mortifère » de Brahim Aouissaoui, aujourd’hui âgé de 24 ans, ainsi que « le caractère terroriste des faits », et a requis un procès devant la cour d’assises spéciale. L’assaillant doit être jugé pour « assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste ». Le procès devrait avoir lieu fin 2024. Quant à Brahim Aouissaoui, il n’a toujours pas expliqué son geste, indiquant même n’avoir conservé aucun souvenir des faits : une amnésie qui ressemble depuis le début à une stratégie de défense.
La semaine dernière, Christian Estrosi annonçait, sur France Bleu Azur, qu’il y avait « en ce moment entre 25 et 30 individus fichés S, très dangereux », selon lui, « dans notre ville », et ajoutait, sur BFM Nice Côte d’Azur : « Il y a des menaces terroristes à Nice. » Ce qui ne nous surprend pas, et comme, ici, il s’agit d’individus répertoriés, manquent à l’appel tous ceux qui, précisément, sont passés sous les radars, comme Brahim Aouissaoui. On est en droit de se demander combien de tueries d’innocents sur notre territoire il faudra encore à l'État français pour réformer sa politique de surveillance des individus radicalisés.
Mais restons à Nice. À Nice, justement où le centre de rétention administrative (CRA), implanté dans la caserne Auvare, au nord-est de la ville, vise à retenir, par privation de liberté, « les personnes étrangères forcées de quitter le territoire français ». On a appris récemment qu’un nouveau centre devrait ouvrir d’ici 2027, selon France Info. En effet, l’actuel ne compte présentement que 40 places. Une goutte d’eau au regard des milliers de clandestins qui traversent, chaque jour, la frontière italo-française. Et une goutte d’eau face à l’ampleur des risques induits par cette population incontrôlée.
Sabine Faivre
Source : http://bvoltaire.fr
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