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Le blog politique de Thomas JOLY

Quand l’État subventionne des voitures chinoises qui sont de véritables cercueils roulants !

21 Janvier 2021, 05:55am

Publié par Thomas Joly

Pour aider à comprendre un grand tout, rien de tel, parfois, qu’un tout petit rien. Ainsi, en matière automobile, la tendance étatique de fond consiste, depuis longtemps, à mener la guerre aux conducteurs, « ces gens qui fument des clopes et roulent au diesel », pour reprendre le sermon de Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du gouvernement, tombé pour s’être énervé tout seul sur son levier de vitesses.

Depuis quelques décennies, l’hygiénisme officiel consiste donc à brimer ceux qui ont un besoin vital de leur voiture pour aller travailler. D’où l’interdiction de rouler à plus de 80 km/h sur les nationales. En attendant l’extension de cette mesure aux autoroutes, le port du casque obligatoire pour le conducteur, l’alcootest pour les passagers et l’obligation de sourire aux gendarmes.

À cette obsession sanitaire s’est vite ajoutée la marotte écologique, avec le règne à venir des véhicules électriques : le pétrole, c’est mal, mais le lithium, c’est mieux. Le premier n’a pas à être recyclé, les batteries fonctionnant au second, si. Va comprendre, Charles…

Résultat : on subventionne à tout va. Et c’est ainsi que de véritables cercueils roulants, même pas fabriqués chez nous, mais en Chine, sont en passe d’être sponsorisés avec les sous du contribuable. La berline Suda SA01, par exemple, qui vient d’être testée par l’ADAC (automobile-club allemand), avec des résultats moins que probants, tel que le révèle la Ligue de défense des conducteurs.

Le verdict est sans appel. Un crash-test, réalisé à seulement 64 km/h, nous apprend que personne n’en sortira vivant. Mieux : les portières sont tellement tordues par le choc que même un entier régiment de pompiers ne parviendrait pas à extraire les corps de l’habitacle. Pour tout arranger, sans airbags et maintien de trajectoire, cette voiture chinoise se situe globalement dans les standards de sécurité qui étaient la norme il y a plus de… trente ans !

La tenue de route est à l’avenant. Le freinage, surtout. Lancée à 100 km/h, une simple Opel Corsa, modèle pas tout à fait de haut de gamme, n’a besoin que de 32,3 mètres pour s’arrêter, alors qu’il en faut dix de plus pour une Suda continuant à filer bon train à 50 km/h. À ce compte, certificat de décès et permis d’inhumer devraient être gracieusement fournis, non pas en option, mais en série.

La plus élémentaire des logiques obligerait à interdire ces bagnoles en forme de corbillard, sauf qu’elles sont désormais subventionnées à hauteur d’un bonus écologique de 5.000 euros ; ce qui n’est pas rien, puisque que pour ce prix, il est toujours possible de dénicher une bonne Renault 5 en parfait état de marche. Où est la ruse ? Où se niche l’arnaque ? C’est tout simplement que, malins comme des pangolins, les Chinois excipent d’une disposition législative nous venant de ces Anglais qui veulent préserver une production automobile artisanale (moins de mille exemplaires) et, donc, susceptible d’échapper aux normes européennes en vigueur.

Mais la législation qui vaut pour ces voitures d’exception, magnifiques Morgan et superbes Lotus anglaises, sans oublier nos sublimes PGO françaises, n’entre peut-être pas tout à fait dans les normes technocratiques. Bref, ça n’entre pas dans les cases du formulaire ; ça dépend, ça dépasse. D’où le touchant désarroi de nos pseudo-stratèges néo-colbertistes qui veulent en même temps relocaliser nos industries, fermer les portes face à des exportations sauvages tout en maintenant ces mêmes portes grandes ouvertes. Naguère, les énarques faisaient au moins preuve d’une certaine forme de logique. Faute du plus élémentaire sens commun, cela ne semble plus être le cas aujourd’hui.

Curieuse exception française que celle-ci, consistant à pratiquer un étatisme sans État.

Nicolas Gauthier

Source : http://bvoltaire.fr

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