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Le blog politique de Thomas JOLY

Samuel Laurent, un larbin de Macron déguisé en journaliste du Monde

27 Juillet 2020, 15:10pm

Publié par Thomas Joly

Dans un article du Monde, paru le 21 juillet 2020, Samuel Laurent se vante d’avoir épinglé un groupe de parole, Team Patriote, qui utilise la messagerie Telegram pour échanger plus librement que sur Twitter. Il écrit : « Le Monde a pu, durant plusieurs semaines, suivre en temps réel les discussions de ce petit groupe emblématique des procédés de « radicalisation » permis par les réseaux sociaux ». Quel beau coup de filet ! Emmanuel Macron et Jean Castex doivent  se réjouir de voir le quotidien subventionné apporter de l’eau à leur moulin, au moment même où ils veulent sanctionner « la haine sur internet » et interdire le pseudonymat.  Samuel Laurent se livre à une sociologie à la noix de coco de ce petit monde : des Français de la périphérie pour lesquels l’immigration, l’islam, le survivalisme, les armes à feu seraient une obsession et qui appelleraient à la « guerre raciale ». Autant dire, des Gilets jaunes de la première heure que Samuel Laurent se félicite d’avoir traqués.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/07/21/team-patriote-plongee-dans-la-haine-en-ligne_6046790_3224.html

Mais qui est donc Samuel Laurent ?

Il est diplômé de l’École de journalisme de Grenoble, une école sous la houlette de Science Po Grenoble, qui prône « l’engagement social et citoyen ». On peut lire sur le site de cette école, très ancrée à gauche : «  l’EjdG bénéficie de son implantation dans une métropole innovante socialement, politiquement et économiquement ». À mourir de rire lorsque l’on voit le destin tragique de cette ville, devenue l’une des plus meurtrières de France !

https://www.ojim.fr/information-presse-medias/samuel-laurent/

Samuel Laurent intègre le « service politique » du Monde en 2010 puis devient le coordinateur des Décodeurs, un service qui se donne pour but de vérifier les faits et surtout… leur traitement par les confrères ! Cette rubrique a été créée en 2014. Elle a été financée par Google, à travers un « fonds pour l’innovation numérique de la presse » et emploie une dizaine de personnes. En février 2017, les « Décodeurs » se sont dotés d’un outil : le decodex, une application en ligne destinée à évaluer la fiabilité des sources d’information.

Très vite, les accusations de filtrage idéologique se sont multipliées et surtout un conflit d’intérêt évident a vu le jour : peut-on à la fois être un diffuseur d’informations et un vérificateur de leur fiabilité ? Car son activité ne se limite pas au « fact checking » ! Dans un article du Monde, en date du 16 mars 2017, il est bien question de traquer les médias qui « avancent masqués » qui « manipulent les faits et images », qui « noient la propagande au milieu d’articles anodins » : une véritable Gestapo des médias ! Sous couvert d’objectivité, c’est en fait une chasse aux sorcières, consistant à diaboliser, avec la complicité des fournisseurs d’accès, tous les sites non conformes à son idéologie.

Une activité de plus en plus contestée et qui finit devant les tribunaux

Les « Décodeurs » visent plus spécialement les sites d’informations locales comme Rhône-Alpes Infos, Nord Actu, Breizh info, Nice Provence, Paris Vox qu’ils qualifient d’identitaires et de vrais « faux sites d’information ».

Élisabeth Lévy, de Causeur, fait remarquer que Fdesouche est classé orange par le decodex alors que ce site, spécialisé dans la revue de presse, ne fait que relayer des informations publiées sur d’autres sites… classés verts ! Cherchez l’erreur ! Charlotte d’Ornellas, chroniqueuse, s’étonne que Russia Today soit en orange, alors qu’Al Jazeera soit en vert. Mais la critique ne vient pas que de la presse classée à droite : le journal Fakir, fondé par François Ruffin de la France Insoumise et géré par des bénévoles, se plaint également d’être affublé d’une pastille orange. À croire que pour Samuel Laurent, un bénévole est nécessairement un sous-journaliste !

Et puis un jour, les ennuis arrivent : s’estimant victime d’un classement défavorable de son site « les-crises », le blogueur Olivier Berruyer porte plainte et gagne son procès en diffamation contre Samuel Laurent et le journal Le Monde. Un précédent qui risque de faire école !

https://www.valeursactuelles.com/societe/le-monde-et-son-journaliste-samuel-laurent-condamnes-pour-diffamation-114077

Le Monde, un quotidien protégé et qui n’est pas si parfait !

Certes, contrairement à BFM TV ou à certains journaux comme Le Progrès, Le Monde s’est bien gardé de reprendre à son compte la piste peu crédible de l’éventualité d’un court-circuit électrique avancée par l’Agence France Presse, dans l’affaire de l’incendie de la cathédrale de Nantes. C’est à son honneur, mais comme les autres médias, le Monde n’est pas à l’abri d’une fake new : c’est ainsi que le quotidien s’est vu épinglé par les Bobards d’Or pour avoir affirmé, en reprenant une dépêche de l’AFP, qu’une chasse aux migrants avait eu lieu à Chemnitz en Allemagne, la veille de l’assassinat d’un jeune Allemand par un Syrien et un Irakien en 2018, alors que cette information s’était rapidement révélée un coup monté. Ce fut le bobard « ratonnade » présenté à la cérémonie des Bobards d’or de 2019.

https://bobards-dor.fr/bobards-dor-2019/bobard-ratonnade-une-chasse-aux-migrants-a-chemnitz/

Avant de conclure, rappelons qu’en 2017, le Monde a bénéficié en 2017 d’une aide du ministère de la Culture à hauteur de 5,018 millions d’euros. Les aides reçues sont tellement nombreuses qu’il est difficile de s’y retrouver ! La Fondation Bill et Melinda Gates lui remet 2,1 millions d’euros pour son supplément Afrique, et une autre subvention de cette même Fondation arrive dans le cadre d’un programme politique bien particulier « Global Policy and Advocacy » (politique mondiale et conseils) dont l’objectif vise à « informer et mobiliser les communautés ». Ajoutons l’aide pour l’acheminement des journaux en province, l’aide « pour la modernisation de la presse », les subventions de Facebook ainsi que des dégrèvements fiscaux pour les journalistes…

Si le Monde n’a pas l’exclusivité de ces aides, on peut tout de même s’interroger sur la pertinence de cette manne d’argent public et privé dont les médias alternatifs, éloignés du politiquement correct sont exclus.

https://droit-finances.commentcamarche.com/faq/33224-aide-a-la-presse-les-journaux-les-plus-aides-par-l-etat#le-monde

https://actufinance.fr/actu/aides-journaux-subventions-presse-6967604.html

https://www.nexus.fr/actualite/news/fondation-bill-melinda-gates-le-monde/

https://www.facebook.com/101441498197889/posts/la-fondation-bill-melinda-gates-justifie-cette-subvention-les-faits-sont-les-sui/149506636724708/

Soulignons aussi que le quotidien Le Monde vit surtout de la commande publique : la France comptait  61 860 écoles et établissements publics et privés du secondaire, ayant quasiment tous un ou plusieurs abonnements au Monde. Rien d’étonnant lorsque l’on sait qu’un des objectifs des Décodeurs est de « sensibiliser » les enseignants aux sources d’information “fiables” !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_D%C3%A9codeurs

Il faut encore ajouter les universités, instituts de recherche, bibliothèques, hôpitaux, collectivités territoriales (au nombre de 34 970 au premier janvier 2019), les 29 ministères et secrétariats d’État qui constituent une réserve indéfectible de lecteurs !

Mais peut-on revendiquer une exigence éditoriale (et une indépendance rédactionnelle) lorsqu’on dépend d’autant de mécènes et d’institutionnels ? L’héritage d’Hubert Beuve-Méry serait-il devenu la Pravda du régime ?

Hector Poupon

Source : http://ripostelaique.com

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