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Le blog politique de Thomas JOLY

Les gens se souviennent de la campagne et des paysans quand ils ont peur et craignent d'avoir faim

28 Mars 2020, 11:51am

Publié par Thomas Joly

Les paysans connaissent bien, pour les éprouver depuis la nuit des temps, les aléas climatiques imprévus qui frappent brutalement et inexorablement. Ils savent que cela fait partie de la nature des choses. Ils savent même mieux que personne comment, en un instant, tout peut disparaître. Ils savent leur petitesse et la fragilité des choses. Ils ont tous vu, détruit en un orage ou infesté par une maladie, disparaître le fruit d’une année de labeur, patiemment et laborieusement obtenu. Ces épreuves les ont préservés, les ont toujours fait revenir au plus simple, au plus élémentaire, aux données de base.

Désormais, nous y sommes ! Sans exagérer beaucoup, on peut affirmer qu’en dehors des campagnes, personne ne s’y attendait et, à tout le moins, personne n’y était préparé. Les suffisants qui nous gouvernent, passant cul par-dessus tête, ont dû se rendre à l’évidence : ils n’ont plus la main ! Il leur faut, désormais, gouverner pour de bon. S’y sont-ils seulement préparés ? L’imprévu, l’inattendu, l’impensable, il y a encore quelques semaines à peine, est advenu.

Leur Europe fantôme gesticule et s’en lave les mains, car c’est bien la Chine qui vient au secours de l’Italie, non la France ni l’Allemagne. Il est temps d’appeler un chat un chat : leur Union européenne n’est qu’un pieux mensonge. Car cette pandémie fait le tri entre le factice et le réel. Les châteaux de cartes s’écroulent, les poids et les mesures sont vérifiés. La première victime d’une guerre est le mensonge et son premier bienfait est le retour au réel.

On pense à la campagne quand on a peur et on se souvient des paysans quand on commence à avoir faim. D’ailleurs, les citadins l’ont bien compris, fuyant en province à l’annonce du confinement.

Mais l’Histoire n’est jamais avare de paradoxes. Car c’est tout de même une drôle de guerre, celle où le commandant en chef a pour mot d’ordre « Planquez-vous » ; où une mobilisation générale met à l’arrêt ; où on appelle à s’isoler pour se serrer les coudes et à écarter les corps les uns des autres pour se rapprocher d’eux en esprit. Ce qu’on croyait anachronique et périmé s’avère élémentaire et prudent.

Loup Mautin

Source : Boulevard Voltaire via Le Salon Beige

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