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Le blog politique de Thomas JOLY

Jean-Marie Le Pen : « ni regrets, ni remords ! »

18 Novembre 2019, 06:58am

Publié par Thomas Joly

Riposte laïque : Président Jean-Marie Le Pen, avant de commencer cet entretien que vous avez eu la gentillesse d’accorder à Riposte laïque, je tiens à vous saluer au nom de tous nos lecteurs et rédacteurs, dont beaucoup reconnaissent et admirent votre parcours. Un parcours, certes, semé d’embuches mais qui ne vous ont cependant jamais fait dévier de votre ligne, à savoir un amour inconditionnel de la France. Ma première question est donc : qu’est-ce que la France pour Jean-Marie Le Pen ?

Jean-Marie Le Pen : Sa patrie, l’espace terrestre qui l’a vu naître, celle des siens et de tous ceux qui en sont le terreau sacré. Elle mérite tous les sacrifices. Ils prolongent dans le plus beau pays du monde, les espérances d’avenir, l’immensité de l’Univers.

Riposte laïque : En décembre 2018, chez vous (à Montretout) où j’avais la chance d’être présent en compagnie de quelques autres personnes, vous nous avez confié que les Français vivaient actuellement dans un trop grand confort – tant matériel que politique – pour avoir l’énergie de se battre jusqu’au sacrifice – sacrifice que vous-même n’avez pas hésité à faire, notamment dans votre engagement militaire dans les guerres d’Indochine et d’Algérie. Pouvez-vous développer votre pensée ?

Jean-Marie Le Pen : La vie commence toujours demain ! La solidarité des générations nous fait un devoir de transmettre ce qui nous a été donné. La chance d’être né Français justifie tous les sacrifices. Faute de ceux-ci, la France serait vouée à la servitude et peut-être même à l’effacement.

Riposte laïque : Votre tweet à la suite de la mort de Jacques Chirac – « Mort, même l’ennemi a droit au respect » – a démontré une élégance rare dans le monde politique. Jadis, en Algérie, vous aviez refusé de jeter à la mer les corps de combattants musulmans et décidé de les enterrer en respectant les rites de leur religion. D’où vous vient ce respect, bien loin des caricatures souvent outrancières – pour ne pas dire ignobles – que l’on fait de vous ?

Jean-Marie Le Pen : Je suis un breton de souche, tant de la mer que de la terre, né dans une famille chrétienne. Mes parents, dont mon père « mort pour la France », mais aussi les écoles tant religieuses que laïques, m’ont élevé dans l’amour de la France, de son histoire, de sa langue, de sa culture et de son âme. À l’instar du roi Henri IV, cet amour m’a toujours rendu tout facile.

Riposte Laïque : Permettez-moi à présent de vous citer : « Si vous êtes fidèles à la France, si vous l’aimez, si vous adoptez ses lois, ses mœurs, sa langue, sa façon de penser, en un mot, si vous vous intégrez complètement à elle, nous ne vous refuserons pas d’être des nôtres, pour peu qu’il y ait une étincelle d’amour et non pas seulement un intérêt matériel dans votre démarche. Mais si vous êtes fidèles à vos racines – ce qui est en soi respectable et que je respecte -, si vous prétendez vivre dans vos lois, vos mœurs à vous, avec votre culture, alors il vaut mieux que vous rentriez chez vous, sans cela tout se terminera très mal. » Selon vous, Jean-Marie Le Pen comment cela se terminera-t-il ?

Jean-Marie Le Pen : Si nous acceptons d’ouvrir toutes grandes les portes de la cité, nous serons submergés, éjectés de l’Histoire. Avec Paul Valéry, nous savons que nos civilisations sont mortelles.

Riposte laïque : Récemment, la Nouvelle Librairie, à Paris, a été une fois de plus victime d’une tentative de destruction et ce, juste avant de vous recevoir pour une séance de signature du second tome de vos mémoires, Tribun d’un peuple*. Que pensez-vous de l’impunité dont jouissent ces groupuscules qui se revendiquent d’une idéologie responsable d’au moins 100 millions de morts, alors que l’on ne cesse, aujourd’hui en France, de harceler les mouvements de patriotes ?

Jean-Marie Le Pen : Les antifas, groupe activiste d’extrême gauche, bénéficient évidemment de l’impunité officielle, bien qu’ils participent en toute occasion à des actions violentes. Infiltrés par certains services de police, ils sont une menace évidente pour l’ordre public.

Riposte laïque : On parle là d’une simple librairie, mais le 2 novembre 1976, votre appartement parisien de la Villa Poirier, dans le 15e arrondissement, est pulvérisé par un attentat. L’immeuble est détruit ainsi que d’autres appartements à proximité. Dans cet attentat, vous étiez clairement visé, au mépris de votre famille. En juin 1984, une salle où vous deviez donner un meeting est à son tour la cible d’un attentat. Ce danger omniprésent sur votre personne – unique dans les annales de la Ve République – comment l’avez-vous ressenti, sachant que vous n’avez pas été beaucoup soutenu par l’ensemble de la classe politique française dans ces épreuves, tout comme lorsque votre épouse a été lâchement agressée, le 26 janvier dernier ?

Jean-Marie Le Pen : Lors de l’attentat de la villa Poirier, hormis la visite du Conseiller de Paris, Bertrand de Maigret, gendre de Poniatowski, nous ne reçûmes aucun geste de courtoisie de la part du système.

Riposte laïque : Lors de votre dernière allocution au Parlement européen, en avril 2019, vous avez prophétisé de terribles – et non moins réalistes – événements. Vous avez aussi déclaré : « Le souvenir que j’emporte est le sentiment d’inutilité. » Ce à quoi je vous réponds précisément non, car l’on peut voir votre action comme une étincelle capable de rallumer la flamme de la révolte des peuples historiques d’Europe – et en premier lieu le peuple de France – contre cette mondialisation dévastatrice. Quel est votre avis ?

Jean-Marie Le Pen : Quand Byzance fut conquise par les troupes musulmanes de Mahomet (commandées alors par Mehmet II, N.D.L.R.) les édiles de la ville discutaient du sexe des anges. Aujourd’hui, on bavarde dans les assemblées, on déborde de bons sentiments tandis que les envahisseurs envahissent discrètement nos territoires. Nous tentons d’avertir nos compatriotes jusqu’ici, en vain. Nous sommes « la voix qui crie dans le désert…», en espérant qu’il se remplisse avant qu’il ne soit trop tard.

Riposte laïque : Napoléon Ier a eu cette phrase fameuse : « Quel roman que ma vie ! » Phrase que l’on pourrait aisément vous attribuer, vous ne croyez pas ?

 

Jean-Marie Le Pen : Pupille de la nation, cette formule administrative m’a fait croire que j’étais un Français différent avec plus de droits et de devoirs. J’ai marché droit, pensant que ça faisait gagner du temps, mais les obstacles n’ont jamais manqué, le Front National n’a jamais cessé d’avancer, comme un brise-glace avec son équipage de patriotes.

Riposte laïque : Restons dans l’Histoire de France, dont vous êtes, quoi qu’en disent vos détracteurs, un acteur majeur, et penchons-nous sur Jeanne d’Arc, revendiquée par les uns et les autres. On sait votre attachement à cette figure de notre Roman national, et dont un magnifique buste trône chez vous. Sur le plan patriotique autant que spirituel, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs cet attachement profond à Jeanne ?

Jean-Marie Le Pen : Jeanne d’Arc a traversé l’Histoire comme une comète. Sa vie, brève, a été un épisode fulgurant. La petite bergère de Lorraine, à l’appel de ses voix, libère le territoire, fait sacrer le roi…et : général, prisonnière, sainte et martyre. Elle meurt, brûlée vive sur le bûcher de Rouen. Elle n’a pas encore 20 ans !

Riposte laïque : Parmi les nombreuses figures politiques de France et d’ailleurs que vous avez rencontrées tout au long de votre vie, laquelle vous a le plus séduit et, inversement, laquelle vous a le plus rebuté ?

Jean-Marie Le Pen : Mes contemporains sont trop proches pour que je les juge. Je préfère trouver mes modèles dans l’Histoire de la France et du monde.

Riposte laïque : Aujourd’hui, en qui placez-vous vos espoirs pour redresser – autant dire ressusciter – la France ?

Jean-Marie Le Pen : Avec l’intercession divine, l’effort résolu des patriotes : Gesta Dei per Francos (« L’action de Dieu passe par les Francs »,  N.D.L.R.).

Riposte laïque : Ma dernière question sera la suivante : en regardant en arrière, et puisque vous venez de clore vos Mémoires, quels sont vos regrets sur le plan politique ?

Jean-Marie Le Pen : Sans remords ni regrets sauf peut-être d’avoir désigné Tixier (Jean-Louis Tixier-Vignancour,  N.D.L.R.) comme candidat à la Présidence.

Propos recueillis par Charles Demassieux pour Riposte Laïque

 

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