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Le blog politique de Thomas JOLY

Chute du mur de Berlin : une occasion manquée

7 Novembre 2019, 06:54am

Publié par Thomas Joly

Ce samedi 9 novembre, le monde célébrera le trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin.

L'effondrement de ce mur honni fut, pour les militants anti-communistes que nous étions, un moment de joie, mais de joie tempérée.

Le bonheur de voir s'écrouler enfin ce système abject contre lequel notre engagement était total, viscéral et définitif, l'espoir d'une fin rapide de la chape de plomb soviétique qui recouvrait une partie de notre Europe, de la guerre froide et de la menace permanente qui pesait depuis des décennies sur les destinées de notre continent ne suffisaient pas, en effet, à calmer nos inquiétudes ni à dissiper notre malaise à la vue des images relayées par les télévisions du monde entier de ces très chics happy fews venus la coupe de champagne à la main participer à un évènement qui ne devait rien à l'attentisme complice qu'ils avaient jusque là manifester face à la terreur rouge.

Car nous savions qu'il ne suffirait pas de faire le constat clinique de la mort des dictatures communistes pour que se fasse l'Europe politique, celle de la puissance retrouvée pour laquelle nous n'avions jamais cessé de combattre. Nous savions que le retour heureux à la liberté des peuples risquait de s'accompagner d'autres servitudes : celle de l'argent roi, de la finance impératrice, des droits de l'homme absolutistes, de la démocratie totalitaire.

Nous n'ignorions pas que la "fin de l'Histoire" théorisée par Francis Fukuyama n'etait qu'un trompe l'œil destiné à masquer l'hégémonie de la seule puissance restée en lice — les États Unis — hégémonie elle même dissimulée sous l'imposture sémantique et conceptuelle du "Nouvel ordre mondial".

Nous devinions que, si le Pacte de Varsovie, serait bien démantelé, l'OTAN, quant à elle, subsisterait en l'état, bras armé et instrument politique des visées américaines.

Nous ne doutions pas que l'explosion programmée du bloc de l'est raviverait les tentions irrédentistes et que le démantèlement probable de la Yougoslavie verrait resurgir des revendications ethniques et religieuses qui déboucheraient inévitablement sur le chaos et l'instauration d'une entité musulmane au cœur de l'Europe balkanique.

Nous anticipions que la réunification allemande se ferait sous le double signe de l'alignement américanolâtre et du droit-de-l'hommisme.

Nous présentions enfin que le précepte selon lequel "tout pouvoir absolu a tendance à en abuser" conduirait les États Unis vers des aventures qui, en déstabilisant le monde, ébranleraient l'Occident.

Trente ans ont passé. Les événements ne nous ont pas démentis. La belle occasion de faire de l'Europe, sur les ruines du communisme et les lises de l'internationalisme mercantile, un bloc civilisationnel de force, d'indépendance, de liberté, de valeurs et de puissance aura été manquée.

C'est parce que nous avons eu raison alors que nous pouvons dire, sans nous tromper, que nous avons raison encore quand nous disons que notre combat politique est un combat de libération nationale et de libération européenne et civilisationnelle. Et que, dans ce combat la Russie, ennemie communiste hier, est aujourd'hui notre alliée naturelle.

Tout cela je le disais déjà au micro de Radio Le Pen, l'écrivais dans National Hebdo puis dans Espace Nouveau. Comme j'écrivais alors que la défaite des Russes en Afghanistan face aux moudjahidines n'augurait rien de bon pour l'homme blanc et laissait présager une résurgence de l'islamisme.

C'est ainsi. Les données politiques varient, mais le fond des choses est immuable.

Le combat continue.

Jean-François Touzé - Délégué national du Parti de la France

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