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Le blog politique de Thomas JOLY

Kim Jong Macron veut la fin de l'anonymat sur internet

22 Janvier 2019, 06:37am

Publié par Thomas Joly

Pour le deuxième acte du grand débat national, qui se tenait le 18 janvier au Palais des congrès de Souillac (Lot), Emmanuel Macron s'est exprimé au sujet de "l'hygiène démocratique du statut de l'information". Afin de lui redonner ses lettres de noblesse, le président de la République a estimé qu'il s'agissait d'aller "vers une levée progressive de toute forme d'anonymat", en faisant mention de "processus où on sait distinguer le vrai du faux et où on doit savoir d’où les gens parlent et pourquoi ils disent les choses".

Si le chef de l’État s'est montré évasif à propos desdits processus, ses propos font écho à un discours prononcé en novembre dernier. A l'annonce de l'appel de Paris pour la confiance et la cybersécurité dans le cyberespace, Emmanuel Macron avait pointé du doigt un "anonymat devenu problématique", qui laissait impunis des "torrents de haine déversés en ligne".

Concrètement, mettre en place des initiatives pour dissiper l'anonymat en ligne est envisageable. Il est techniquement possible de soumettre une inscription sur un réseau social, Facebook en tête, à la fourniture d'une pièce d'identité.

"Ce genre d'obligations - si elles passaient par la loi - seraient impossibles à respecter pour les petits acteurs et risqueraient fort de renforcer davantage les grandes plateformes américaines", explique Félix Tréguer, de la Quadrature du Net, une association de défense des libertés en ligne. "Emmanuel Macron oublie que l'anonymat constitue un droit associé à la liberté d'expression et de communication et au droit à la vie privée. Il est reconnu comme tel au niveau international, notamment par la Cour européenne des droits de l'Homme", complète-t-il. 

En s'attaquant à l'anonymat, Emmanuel Macron franchit une étape supplémentaire. "Cette question de "levée progressive de toute forme d'anonymat" est en filigrane un aveu de faiblesse face à la défaillance d'éducation des citoyens d'une part, et l'incapacité ou l'ignorance en matière d'investigation, d'une autre", souligne Rayna Stamboliyska, experte en sécurité des données personnelles et auteure de La face cachée d'Internet. "A défaut d'harmoniser les interactions avec les plateformes, pour ne citer que cet exemple, on renvoie la responsabilité sur le citoyen. C'est ce glissement-là qui est problématique et qu'il faut expliquer, expliciter et combattre".

Surtout, Emmanuel Macron semble prôner une position non seulement partagée par Eric Ciotti, mais également mise en avant par ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy. "La méfiance envers la parole critique ou irrévérencieuse qui se déploie sur Internet est largement partagée par les élites politiques", rappelle Félix Tréguer.

Source : https://www.bfmtv.com/tech/fin-de-l-anonymat-sur-le-webles-limites-du-projet-d-emmanuel-macron-1616925.html

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