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Le blog politique de Thomas JOLY

La taxe foncière s’envole… et ça vous étonne ?

16 Octobre 2017, 06:48am

Publié par Thomas Joly

À l’heure où nos députés se penchent sur le Budget et où le gouvernement s’apprête à concentrer l’ISF sur l’immobilier, Le Parisien a fait paraître une intéressante étude de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) sur la taxe foncière. Celle-ci a grimpé en moyenne de 14 % ces cinq dernières années, soit quatre fois plus que l’inflation… Mais ce chiffre cache de grandes disparités. Avec 32 % de hausse, Lille remporte la médaille d’or de l’augmentation, ce qui n’étonnera pas grand monde quand on se souvient que c’est Martine Aubry qui y est aux manettes. Mais c’est tout de même cinq fois plus que la mairie (LR) de Saint-Étienne, championne de la modération avec 6,2 % !

Les édiles ne sont toutefois pas les seuls à picorer dans la mangeoire : le département, l’agglomération, la communauté de communes et les établissements publics fonciers locaux piochent aussi dans le pactole, et les efforts des uns peuvent être gommés par la voracité des autres, comme à Argenteuil qui, avec 23 %, morfle surtout à cause de la part départementale. Et comme la manne de la taxe d’habitation est, paraît-il, appelée à disparaître, il y a fort à parier que la foncière a peu de chances de ne pas continuer sa grimpette en compensation. Sur la vingtaine de milliards d’euros que rapporte actuellement la taxe d’habitation au « bloc communal » chaque année, 8,5 milliards n’arriveront plus dans les caisses.

L’État promet bien qu’elle sera contrebalancée « à l’euro près », mais il faudrait, pour y croire, être aussi ingénu qu’une starlette entrant sans crainte dans la suite d’Harvey Weinstein. La communication autour du Budget a toujours consisté à claironner les baisses d’impôts, même homéopathiques, et à glisser sous le tapis les augmentations souvent plus chirurgicales. C’est comme les bikinis : ça cache toujours l’essentiel. « Je te pique ta montre, mais… je te prête l’heure ! »

Les communes sont donc bien inquiètes. Comment financer demain les nouveaux ralentisseurs ? Les ronds-points ? Les kilomètres de potelets ? Les pistes cyclables désertes à double sens ? Les foyers pour migrants ? Toutes choses sans lesquelles nos vies ne vaudraient pas la peine d’être vécues ?

Richard Hanlet

Source : http://bvoltaire.fr

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