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Le blog politique de Thomas JOLY

Le mythe d’Al-Andalous et de la supériorité de la science arabo-musulmane

28 Juin 2017, 06:46am

Publié par Thomas Joly

Le mythe « d’Al-Andalous », c’est l’Espagne musulmane passée et parée de toutes les vertus par contraste avec une Europe chrétienne qui aurait été en revanche la plus obscurantiste des civilisations.

Le territoire comme enjeu de rivalités géopolitiques peut donc être irréel, mythifié, voire rêvé ou pleuré, comme cela est le cas d’Al-Andalous (l’Espagne musulmane de 711 à 1492) ou de la Sicile islamique du passé, territoires clés du supposé Age d’or islamique de jadis, puis, bien sûr, de la Palestine occupée, pleurée du Maroc au Pakistan par la supposée Oumma. Dans ce cas, la perte du territoire associé à un Age d’or, tel qu’Al-Andalous ou la Palestine constitue une représentation géopolitique suffisamment puissante pour mobiliser, nombre de militants de l’islamisme radical et pour justifier une forme d’irrédentisme politico-religieux. Celle-ci est incarnée notamment par les mouvements salafistes sunnites radicaux revendiquant la reconquête des « territoires perdus », ce qui est le cas de la nébuleuse terroriste d’Al-Qaïda et d’autres mouvements islamistes salafistes nostalgiques du califat déchu, désireux de le rétablir glorieusement sur toute la surface de la terre par le djihad, la lutte politique et le prosélytisme. L’âge d’or islamique andalou justifierait ainsi pour les islamistes radicaux l’islamisation de l’Europe, et la récupération des territoires perdus de l’Espagne islamique passée, des Balkans ou de la Sicile aussi impérative que celle de la Palestine mythifiée également qualifiée de « perdue ». Aussi les islamistes salafistes qui ont pour référence suprême l’époque mythifiée et exemplaire des premiers musulmans et du Prophète, les « Salaf », les « Pieux ancêtres », voient dans le mythe de l’Age d’Or glorieux de l’Islam, qu’il s’agisse des Salaf de l’époque de Mahomet ou des Califats ultérieurs de Damas, Bagdad ou Cordoue, expliquent les échecs présents du monde islamique, selon eux déchéant, par l’éloignement de la pureté de la foi mythifiée des premiers conquérants et des grands califats et la contamination des musulmans modernes par les idées impies des occidentaux.
 

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