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Le blog politique de Thomas JOLY

Un discret anniversaire du Traité de Rome

4 Avril 2017, 06:46am

Publié par Thomas Joly

Le Traité de Rome, signé dans la Ville éternelle le 25 mars 1957, par l’Italie, la France, l’Allemagne de l’Ouest, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, a fondé la Communauté Economique Européenne CEE. La CEE (1957-1993) se définissait fondamentalement comme un marché commun, organisé strictement, entre tous les pays participants. Il devait être pleinement entré en vigueur au bout de 12 ans, soit 1969. C’est effectivement ce qui s’est réalisé. Cette CEE est considérée communément, ce qui est d’ailleurs pertinent dans ses réalités institutionnelles, comme l’ancêtre directe de l’actuelle Union Européenne UE. L’UE a été fondée par le fameux Traité de Maastricht, ratifié par les Etats concernés en 1992-1993. L’UE a aggravé toutes les tares de la CEE, sans en corriger aucune. L’UE compte actuellement 28 Etats-membres, couvrant l’essentiel du continent européen –du moins si l’on en exclut ses marges orientales-, de l’Irlande à l’Estonie et du Portugal à la Roumanie. La Suisse et la Norvège, non-membres, sont nonobstant associées à l’UE.

DE ROME A ROME, BREVE HISTOIRE DE MENSONGES PERMANENTS

Le Traité de Rome avait été signé en 1957 par le chancelier fédéral allemand Konrad Adenauer, le ministre français des affaires étrangères Christian Pineau, le président du conseil italien Antonio Segni, le ministre des affaires étrangères néerlandais Joseph Luns, le ministre des affaires étrangères belges Paul-Henri Spaak, le président du conseil luxembourgeois Joseph Bech. Tous ces personnages ont été complètement oubliés, sauf Konrad Adenauer, seul chef d’Etat présent alors, et, éventuellement, du moins pour les passionnés d’histoire ou les Belges, Paul-Henri Spaak. Ils avaient tous beaucoup plus de tenue, de dignité, de culture, d’intelligence que leurs lointains successeurs, et probablement, en dépit de la dégénérescence visible, de Hollande à Merkel. Il y avait d’ailleurs une pensée d’une certaine forme de pensée de construction européenne élaborée dans les discours d’Adenauer ou de Spaak, ce qui tranche singulièrement avec le catalogues de slogans creux et enthousiastes et d’idées fausses chantées en cœur par les dirigeants des 27 aujourd’hui.

Parmi les contrevérités les plus flagrantes proférées publiquement à cette occasion de l’anniversaire du Traité de Rome, rappelons, que, non l’Union Européenne n’est pas la prospérité pour tous, ni la paix ! En effet, l’Europe du Sud, France incluse même si à un degré moindre que d’autres, est en crise économique structurelle ; et Europe de l’Est reste toujours pauvre globalement. Non, l’Union Européenne n’est pas la paix non plus, avec les multiples guerres d’agression contre le peuple serbe menées de 1991 à 1999, alors qu’autant en Bosnie qu’au Kossovo –le cas de la Croatie est certes différent-, il défendait l’Europe véritable contre l’Islam –implanté des siècles plus tôt par l’Empire Ottoman-. Actuellement, l’UE multiplie les provocations contre la Russie, avec en particulier l’embargo sur les produits russes, et un embargo est une mesure de guerre juridiquement, depuis la crise de Crimée du printemps 2014. Sont multipliées aussi les déclarations bellicistes en soutien aux prétentions des autorités ukrainiennes de Kiev. C’est une attitude d’autant plus dangereuse que la guerre se poursuit de fait en Ukraine de l’Est, en dépit des multiples accords de cessez-le-feu, jamais durablement respectés. Il faut rappeler que sur ce dossier russe, l’UE n’agit d’ailleurs absolument pas en vertu de quelque esprit paneuropéen, qui favoriserait l’Ukraine, mais en suivant docilement le biais antirusse systématique de l’OTAN, encore dicté à Washington, malgré la disparition de l’ennemi soviétique en 1991. Un véritable européen voudrait la dissolution de l’OTAN, le départ de toutes les troupes américaines de l’Europe, et une politique de franche coopération avec la Russie. Cette attitude absurde, du point de vue des intérêts réels de l’Europe, comme sur tant d’autres sujets, à commencer par le soutien à l’immigration-invasion extraeuropéenne et musulmane de masse, rappelle constamment que cette UE repose sur une tromperie, une antiphrase, et vise à la destruction de l’Europe, non son unité pacifique et sa prospérité.

QUELLES PERSPECTIVES POUR L’UE ?

Les 28 seront bientôt 27 dans quelques mois, ou deux ans en théorie au plus, avec la procédure de départ du Royaume-Uni de l’UE enfin déclenché par le premier-ministre britannique Madame May en mars 2017, soit près d’un an après le référendum populaire en ce sens de juin 2017. Aussi, le Royaume-Uni, bien que juridiquement encore membre de l’UE, a été le seul absent des 28 membres lors des cérémonies de célébration des 60 ans du Traité de Rome de 1957. Les 27 chefs d’Etat ou de gouvernements présents ont tous signé à cette occasion une déclaration favorable à l’UE. Tous ont signé, y compris les gouvernements demi-souverainistes, patriotes conservateurs, et de ce fait trublion de l’UE où règne de façon exclusive la gauche libérale-libertaire bienpensante, de Hongrie et de Pologne. Madame le premier ministre polonais, Beata Szydlo, avait entretenu le suspens sur sa signature jusqu’à la dernière minute, avant de signer quand même, en soulignant dans les communiqués officiels qu’il ne s’agissait que d’une courtoisie diplomatique, un catalogue de bonnes intentions, nullement un traité, ni même un programme concret. Les discussions officielles de 2017 ont tout de même dégagé l’idée consensuelle d’une « union à plusieurs vitesses », un blasphème jusqu’il y a peu, en considérant que devrait se fédéraliser davantage un « noyau dur », autour précisément des six pays fondateurs, et quelques autres comme l’Autriche et l’Espagne, et une périphérie intégrée, regroupant en particulier la Pologne et la Hongrie, ou les membres d’Europe de l’Est, aujourd’hui membres comme la Roumanie ou la Bulgarie, ou membres demain, de façon prévisible et prévue, comme l’Albanie ou le Monténégro.

La bonne nouvelle récente est la fuite en avant obstinée de la Turquie d’Erdogan dans l’escalade verbale contre les dirigeants européens, voire les peuples. Il a menacé la semaine passée de retirer la demande d’adhésion de la Turquie à l’UE, y compris via un référendum sur ce sujet en Turquie, sommet de la provocation pour la Commission Européenne à Bruxelles. Cette idée est absolument excellente, et du reste pleine de bon sens, aussi délirantes que soient les accusations du président turc contre les « nazis » paraît-il au pouvoir en Europe. Non, la Turquie, asiatique, parlant une langue d’Asie Centrale apparentée au mongol, et musulmane, et avec quelle flamboyance musulmane désormais –ce qui n’était pas du tout le cas du temps des discours officiels kémalistes des années 1920 aux années 1990, du reste toujours en décalage avec la Turquie profonde, bien représentée par Erdogan- n’est absolument pas européenne.

La question turque amène à s’interroger sur ce fameux Traité de Rome de 1957. Comment en sommes-nous arrivé là ? Est-ce un peu de sa faute, avec cette Union Européenne technocratique, sans identité, et destructrice des identités européennes authentiques, où y a-t-il eu à quelque moment une déviation, une fuite en avant, aboutissant au monstre que l’on connaît, et qui fait détester, un comble pour les Européens authentiques et enracinés que nous sommes, le terme « Europe » tel qu’il est compris dans le matraquage médiatique officiel ?

LES MALHEURS DE L’EUROPE VIENNENT-ILS DU TRAITE DE ROME DE 1957 ?

Le Traité de Rome est passé relativement inaperçu en 1957, noyé dans une bonne dizaine de traités de coopération entre Européen. Il a fondamentalement organisé une zone de libre-échange entre ses Etats-membres. Elle correspond parfaitement à l’aire du temps, l’adoption d’un dogme libéral et libre-échangiste, et affirmé avec d’autant plus de flamboyance et pour marquer le contraste face à l’Est européen sous domination communiste, strictement aligné sur l’URSS, avec des économies centralisées, planifiées, avec des essais plus ou moins réussis dans ces mêmes années 1950 de planifications communes entre Etats socialistes, et plaire au protecteur américain. Les discours libéraux (au sens du terme en langue française, en anglais il signifie autre chose ou le contraire, progressiste) ont toujours été populaires aux Etats-Unis, même si les pratiques des gouvernements ont parfois été différentes. Rappelons que l’OTAN a été mise en place dès 1949, fixant le cadre de la pérennité de la présence militaire massive américaine en Europe, qui n’était certes à l’époque pas totalement indéfendable –contrairement à aujourd’hui-, face à un péril soviétique alors bien réel. Ce libéral libre-échangiste est toutefois tempéré par une certaine mesure, aussi typique de son époque : il n’est question de libre-échange qu’entre pays géographiquement proches, ou économies comparables, ou à peu près, aux productions équivalentes, ou mieux, complémentaires : le Sud-italien en net retard de développement aurait pu être le jardin fruitier de cette CEE, ce qu’il n’est du reste pas devenu. Cette CEE ne prévoit pas encore de libre-circulation des personnes, mais au moins sa facilitation : l’idée est que des travailleurs immigrés d’Italie du Sud pourraient les besoins de main d’œuvre de tous les autres pays. En soi, ce modèle aurait peut-être pu fonctionner malgré tout ; force est de constater que dans l’Histoire réelle, ça n’a pas été le cas.

Quant à l’élargissement, il n’est nullement prévu dans le Traité de Rome. La fameuse « union toujours plus étroite entre les peuples européens » ne concerne au sens strict que les seuls signataires du traité, donc les six ; il s’agit d’une phrase brève, d’enthousiasme convenu dans un accord technique d’union douanière. Elle à mettre sur les même plan que les espoirs formulés dans la phrase de « progrès économique et social ».

A cette dimension, ce rêve économique apparaît rétrospectivement comme raisonnable. Il a pourtant échoué. En effet, l’héritage biologique et culturel, pour ne pas dire franchement religieux de l’Europe, est absent de ce traité, au-delà de vagues formules et vagues à dessein. L’époque est déjà à l’ouverture aux migrations, sur le plan des principes. Nous avons vu hélas depuis ce qu’a donné l’application de tels principes…Quant aux élargissements multiples, qui reposent sur une sollicitation forte du Traité de Rome, ils ont conduit à ce monstre ingouvernable à 28. L’UE à 28 est née pour l’essentiel de la fusion de la CEE et de l’association concurrente de libre-échange européenne AELE (fondée en 1960), morceau par morceau.

Le modèle des européiste est, depuis les pionniers utopiste du XIXème siècle, les Etats-Unis d’Amérique. Après 1945, l’américanolâtrie dominante en Europe Occidentale a pérennisé l’idée. Toutefois, tare originelle sur le plan technique, dès 1957, il n’y a pas de véritable pouvoir fédéral assurant la cohésion de l’ensemble. Mais cette absence s’explique par l’absence de peuple européen unique. Il y a eu un peuple blanc anglophone unique aux Etats-Unis, qui s’est estimé assez distinct des Britanniques pour conquérir son indépendance en 1776-1783. La variante régionale sudiste a toutefois failli provoquer l’éclatement du pays. La population minoritaire noire, inassimilable aux Blancs, contrairement aux vagues d’immigrés britanniques, germaniques, nordiques, au XIXème siècle, anglophones dès l’origine ou qui ont adopté rapidement en masse la langue anglaise, n’a jamais participé à cette Nation. Aujourd’hui, les Latinos, métis hispanophone, menacent même l’existence de cette Nation, d’où l’élection inattendue de Donald Trump à l’automne 2016. Comme il existe, ou du moins a existé, un peuple unique couvrant le territoire des Etats-Unis, le pouvoir fédéral a été accepté. Cette acceptation n’exclut pas d’ailleurs pas de la part des citoyens états-uniens une méfiance assez commune, un attachement aux libertés locales et aux droits des Etats fédérés.

En Europe, il y a une marche absurde à la destruction des pouvoirs des Etats européens, mais sans mettre en place un Etat fédéral. Les eurofédéralistes rejouent la même partition depuis les années 1950 : ils chantent l’avenir d’un « peuple européen », uni, absolument imaginaire. Et sans ce peuple, il est impossible d’obtenir un soutien populaire dans toutes les Nations européennes pour un tel Etat fédéral et sa puissance centrale. On peut rêver d’une copie pour l’UE de la constitution américaine, avec un président fort, un parlement bicaméral lieu de débats vifs et authentiques – donc à l’opposé du consensus libéral-gauchiste du Parlement européen actuel, aux pouvoirs restreints et peu clairs (heureusement)- ; mais un tel rêve reste inenvisageable concrètement donc. Et il est plus que douteux qu’il soit souhaitable. Les intérêts supérieurs de la Finlande sont certainement distincts de ceux de la Slovaquie ou du Portugal. C’est à se demander si les européistes obstinés ne veulent pas détruire délibérément les Nations européennes, par migrations de masses, immigration-invasion extraeuropéenne ou, dans une moindre mesure départ massif de populations jeunes et laborieuses de pays de l’Est européen vers l’Ouest ; ils espèreraient obtenir, comme à Londres, un peuple cosmopolite, c’est-à-dire du monde entier et donc de nulle part, remplaçant les autochtones…Ce constat, cette crainte de menées souterraines diffuses à Bruxelles, a beaucoup joué dans le vote populaire du Brexit, même, si hélas, la Grande-Bretagne n’est pas encore sauvée pour autant, loin s’en faut.

Les équivalents de pouvoirs centraux dans l’Union Européenne, en particulier la Commission Européenne, servent surtout, du reste dans la lignée du Traité de Rome de 1957, d’institutions de protection de la concurrence en Europe. Elles attaquent donc régulièrement les Etats et les entreprises européens, au lieu de les défendre.

Les objectifs de la Commission ambitionne en principe une stricte égalité non seulement entre entreprises européennes, mais aussi entreprises étrangères en Europe, et ce sans la moindre réciprocité. A la seule exception de l’économie allemande, et éventuellement de celles associées comme les autrichiennes et néerlandaises, cette attitude a détruit des pans entiers de l’économie européenne, comme les industries françaises, italiennes, espagnoles. En outre, le dumping social a explosé depuis une quinzaine d’années : une entreprise de travaux public, de droit chypriote, peut légalement employer des ouvriers subsahariens pour des chantiers en France, et ce pour des prix tuant la concurrence française, elle contrainte par les lois sociales et environnementales, et des impôts plus élevés. Ce phénomène de désindustrialisation a été renforcé par la monnaie unique l’Euro, inadaptée, trop forte, pour les économies d’Europe du Sud. L’Euro, monnaie forte, a permis aussi un temps un endettement fort, véritable piège peu soutenable sur long terme, pour des Etats comme la Grèce –en faillite structurelle permanente depuis 2010, avec plus de 170%, peut-être 200%, du PIB d’endettement, malgré tous les plans d’aides d’urgences réguliers-, et l’Italie –plus de 130%-, voire la France et l’Espagne.

Bref, l’UE ne marche pas. La fuite en avant prônée par les européistes officiels ne conduirait qu’à aggraver les choses. Quant à cette fameuse Europe à deux vitesses, mêlant dans la même première vitesse, avec l’Euro, l’Allemagne d’un côté, l’Italie et la France de l’autre, qui devraient pourtant relever de « vitesses » différentes du fait des réalités économiques fondamentales, elle est donc une fausse-solution.

L’UE, UN MONSTRE DESTRUCTEUR DES IDENTITES EUROPENNES AUTHENTIQUES A DISSOUDRE D’URGENCE

La seule solution, sur le plan institutionnel, pour sauver les peuples européens, résiderait en une dissolution, si possible amicale, de l’UE. Il faudrait quitter l’UE comme les autres pseudopodes de l’européisme mondialistes des années 1950, comme la Cour Européenne de Justice, citadelle de l’esprit antinational. Pour sauver les Nations européennes, il faudrait aussi mener des politiques énergiques, fermes, de remigrations massives des allochtones inassimilables, par dizaines de millions, de restauration des valeurs morales – à commencer par les familiales et patriotiques-, de mesures natalistes – pour les seuls autochtones évidemment- . Nos Nations européennes sauvées, condition sine qua non à une suite de l’Histoire pour l’Europe, il serait envisageable alors, donc sur le long terme seulement, de construire un forum de coopération continentale, en ne refaisant aucune des erreurs manifestes de la CEE puis de l’UE.

Scipion de Salm

Source : http://www.rivarol.com/

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